Ivanov sait y faire

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Jour de gloire pour Katusha. La formation russe, pour sa première participation au Tour de France, a obtenu à Besançon son premier succès grâce à Sergueï Ivanov. Le Russe, solide et malin, a distancé ses compagnons d'échappée dans le final. George Hincapie rate le maillot jaune pour 5 secondes !

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Crédit: Eurosport

Il faut toujours se méfier de Serguei Ivanov. Quand il se trouve à l'avant d'une course, le vétéran russe est toujours très dangereux. Pas du genre à laisser passer une opportunité. Ses 11 compagnons d'échappée l'ont appris à leurs dépens samedi à Besançon. Ivanov est sorti en solitaire à 11 kilomètres de l'arrivée. Personne ne l'a jamais revu. Huit ans après sa victoire à Aix-les-Bains, en 2001, il signe son deuxième succès sur les routes de la Grande Boucle. Pour son équipe, Katusha, c'est en revanche une grande première. La formation russe, qui débute dans les pelotons cette année, n'aura donc pas tardé à trouver le chemin des podiums.
Sacrée saison en tout cas pour Serguei Ivanov, 34 ans, qui avait remporté au printemps la plus belle victoire de sa carrière en dominant l'Amstel Gold Race. Il a également été sacré champion de Russie. Quand il sort de cette manière, il faut réagir tout de suite. En se regardant ne serait-ce que 10 secondes, ses compagnons de route se sont condamnés. Hayden Roulston (Cervelo) et Albert Timmer (Skil-Shimano) ont essayé de le rejoindre. Trop tard, malheureusement. Ivanov savait qu'il lui fallait attaquer pour l'emporter, compte tenu de la présence dans l'échappée de deux sprinters, Daniele Bennati (Liquigas) et Gerald Ciolek (Milram). Mais le Russe connait la chanson.
AG2R: Lavenu dit non, les coureurs disent oui
L'échappée s'était formée dès le 14e kilomètre mais a dû batailler sur une quarantaine de kilomètres avant que le peloton laisse enfin partir le groupe pour de bon. Outre Ivanov, Rouslton, Timmer, Bennati et Ciolek, on trouvait là Martin Maaskant, Christophe Le Mével, Sébastien Minard, Nicolas Roche, Daniele Righi, Frederik Willems (équipier de Bennati), Jens Voigt et surtout George Hincapie. La présence de l'Américain a certainement permis à ce groupe d'aller au bout. Le New Yorkais était en effet le mieux placé au classement général. Dès lors, l'équipe Columbia HTC n'avait pas de raison de rouler pour son sprinter Mark Cavendish, la formation américaine ayant tout intérêt à laisser l'échappée prendre le large.
Les fuyards, qui ont perdu au passage Jens Voigt sur crevaison, ont porté leur avance jusqu'à plus de huit minutes et demie (Km 137) avant que l'écart soit stabilisé par les coéquipiers d'Alberto Contador et de Lance Armstrong. Longtemps maillot jaune virtuel, l'Américain George Hincapie, qui comptait 5'25" de retard sur l'Italien Rinaldo Nocentini au départ de Colmar, a vu l'écart diminuer à cause de la poursuite menée par les coéquipiers de Nocentini dans les 50 derniers kilomètres, puis de l'accélération finale. Pourtant, sur l'antenne d'Eurosport, Vincent Lavenu, manager de l'équipe AG2R, avait confié pendant l'étape que ses hommes ne rouleraient pas et qu'ils s'apprêtaient donc à lâcher le maillot jaune conquis voilà huit jours. Mais les coureurs ont décidé eux-mêmes de lancer la poursuite pour sauver le maillot de Nocentini.
De la fête au drame
Le final s'est dès lors résumé à une lutte à distance pour le maillot jaune. Hincapie y a cru jusqu'au bout. Mais l'ancien lieutenant d'Armstrong chez US Postal et Discovery Channel a peut-être eu le tort de ne pas se livrer davantage dans les 10 derniers kilomètres. Il a joué avec le feu. L'affaire s'est jouée à une poignée de secondes. Cinq, exactement. Hincapie a finalement raté le maillot jaune. La chance de sa vie, car à 36 ans, il n'est pas sûr qu'il retrouve une telle opportunité. Sa mine à l'arrivée en disait long sur l'ampleur de sa déception. Nocentini, leader de la course depuis l'étape d'Arcalis, aura donc conservé huit jours la tunique dorée. Il devrait vraisemblablement passer la main dimanche à Verbier. Mais il en aura bien profité. Deuxième coureur le mieux placé au général dans l'échappée derrière Hincapie, Christophe Le Mével effectue un joli bond au classement. Le voilà au 5e rang. Une belle affaire, sans les regrets éternels d'Hincapie. Columbia a donc failli rafler le gros lot, mais la journée de l'équipe de Bob Stapleton s'est mal terminée, d'autant que Mark Cavendish, déclassé dans le sprint du peloton, laisser s'envoler Thor Hushovd pour le maillot vert.
Reste que la joie des uns et la déception des autres ne pèse pas bien lourd au regard du drame qui s'est déroulé samedi sur la route. Une femme de 61 ans a trouvé la mort en traversant devant un motard de la Garde Républicaine dans la localité de Wittelsheim. Le précédent accident mortel sur le Tour datait de 2002 quand un garçonnet avait été fauché par un véhicule de la caravane publicitaire en traversant la route dans les Landes. Le Tour, théâtre de la plus grande fête populaire que le sport puisse concevoir, demeure aussi potentiellement dangereux avec ses centaines de véhicules en circulation. Le drame de samedi est malheureusement venu le rappeler.
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