Astarloza à juste titre

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Très offensif depuis le début du Tour, Mikel Astarloza a décroché la timbale à Bourg-Saint-Maurice en remportant la 16e étape. Le Basque offre au passage à l'équipe Euskaltel son premier succès sur la Grande Boucle depuis 2003. Peu de changements au classement général, toujours dominé par Contador.

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Euskatel n'y croyait plus! Depuis la mémorable victoire d'Iban Mayo au sommet de l'Alpe-d'Huez en 2003, la formation basque était sevrée de victoire sur le Tour de France. Cette interminable attente de six années a pris fin mardi, à nouveau dans les Alpes, terrain sur lequel les Espagnols brillent paradoxalement souvent davantage que dans leurs Pyrénées. Ce succès, les Oranges le doivent à leur leader, Mikel Astarloza. Souvent à l'attaque ces deux dernières semaines, l'ancien coureur d'AG2R tournait autour du gros lot. Il l'a décroché à Bourg-Saint-Maurice, en sortant vainqueur de l'échappée du jour, ce qui fait de lui le grand triomphateur d'une étape qui, par ailleurs, n'a pas changé la donne entre les gros bras au général.
C'est à 2400 mètres de la ligne d'arrivée qu'Astarloza a forcé son destin en attaquant ses trois derniers compagnons d'échappée, Amaël Moinard (Cofidis), Jurgen Van den Broeck (Silence) et Franco Pellizotti (Liquigas). Le Basque les a laissés sur place au meilleur moment, car la meute des poursuivants, issue du reste de l'échappée du jour, était sur le point d'opérer la jonction. Le timing était donc parfait pour Astarloza. Il était parti dans l'espoir d'effectuer une belle opération au classement général (et il l'a faite, puisqu'il a grimpé de sept places, passant du 18e au 11e rang), mais la victoire d'étape constitue évidemment une récompense autrement plus gratifiante pour lui et son équipe.
Contador en contrôle
Comme prévu, la journée avait démarré fort dès les premiers lacets du col du Grand-Saint-Bernard, première des deux difficultés de ce 16e acte. Franco Pellizotti et le Russe Vladimir Karpets (Katusha) sont passés en tête au sommet du Grand Saint-Bernard, point culminant de cette édition 2009 avec ses 2473 mètres. Ils ont été rejoints dans le val d'Aoste par un groupe de 16 contre-attaquants sur la partie italienne du parcours. Pellizotti est ensuite reparti à l'attaque avec Van den Broeck à six kilomètres du sommet du Petit Saint-Bernard. Astarloza et Moinard sont revenus sur eux avant le passage de la frontière italo-française et la longue descente vers Bourg-Saint-Maurice. Pellizotti, en engrangeant les 50 points en jeu ce mardi au Grand Prix de la Montagne, a fait un très grand pas vers le maillot à pois.
Comme souvent dans ce type d'étape, la course s'est déroulée sur deux fronts: pour la gagne devant, et pour le général en second rideau. La perspective de la terrible étape du Grand-Bornand mercredi a peut-être refroidi quelques ardeurs. Il est vrai aussi que le Petit-Saint-Bernard n'offrait pas d'énormes pourcentages. Sans doute est-ce pour cela que la sélection est restée assez modérée. Andy Schleck, ainsi qu'il l'avait promis, est pourtant passé à l'attaque. Mais le maillot blanc n'a pas réussi à surprendre Alberto Contador, maillot jaune extrêmement serein, ni le Britannique Bradley Wiggins, toujours aussi à l'aise en montagne. En revanche, Lance Armstrong est resté planté dans un premier temps, accusant jusqu'à 40 secondes de retard sur le groupe de maillot. Mais à la faveur d'une temporisation de Contador et cie, et au prix d'un effort plein d'orgueil et de punch, le Texan est parvenu à rentrer avant le sommet. Il fut bientôt imité par Carlos Sastre, Christophe Le Mével et quelques autres. Si bien qu'à Bourg-Saint-Maurice, le peloton maillot jaune comptait près d'une vingtaine d'unités. Cadel Evans, lui, n'y figurait pas. A la dérive, l'Australien a perdu trois minutes supplémentaires sur les meilleures. Il recule à la 17e place au général.
Voigt frôle le drame
Un classement qui demeure inchangé en ce qui concerne le Top 5. A ce titre, la mauvaise affaire du jour est pour Andy Schleck. Sachant que les quatre coureurs qui le devancent (Contador, Armstrong, Wiggins et Kloeden) sont bien meilleurs que lui contre la montre, le Luxembourgeois avait trois jours pour faire la différence en montagne. Il n'en a plus que deux. Il a également perdu un de ses plus précieux équipiers chez Saxo Bank en la personne de Jens Voigt, victime d'une impressionnante chute dans la descente du Petit-Saint-Bernard. Evacué vers l'hôpital de Bourg-Saint-Maurice, l'Allemand souffrirait d'un traumatisme crânien. Mais le pire a été évité.
Pour le contingent tricolore, la journée aura été plutôt fructueuse. Christophe Le Mével, à la limite de la rupture dans la dernière ascension, s'est accroché pour basculer avec les meilleurs. Profitant des défaillances de Rinaldo Nocentini et Tony Martin, le protégé de Marc Madiot gagne deux places pour se hisser en 7e position. Quatre Français figurent dans les 20 premiers du général (Le Mével, Casar, Goubert et Feillu). Mais pour assister à la quatrième victoire d'étape française (ce qui constituerait une première depuis 1997), il faudra attendre. Pourtant bien représentés, les Français ont buté sur Astarloza. Pierrick Fédrigo, qui a déjà remporté son étape, s'est contenté de la troisième place, juste derrière Sandy Casar, deuxième d'une étape du Tour pour la sixième fois de sa carrière. Une sorte de record...
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