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Contador face au doublé

Contador face au doublé
Par Eurosport

Le 30/06/2011 à 10:02Mis à jour Le 30/06/2011 à 14:54

Alberto Contador va tenter de devenir le huitième champion de l’histoire à remporter le Giro et le Tour de France la même année. Un sacré défi, d’autant que le Tour d’Italie a été particulièrement exigeant cette année. Pourtant, nombreux sont ceux qui croient l'Espagnol capable de le relever.

De tous les obstacles qu'il devra affronter en ce mois de juillet, celui-ci est peut-être le plus dur à surmonter. Alberto Contador sait composer avec ses adversaires, aussi forts soient-ils. Il sait aussi gérer un contexte difficile, voire hostile. Il l'a montré en 2009. Personne mieux que lui ne parvient à résister à la pression et au stress inhérents à une épreuve comme le Tour de France. Les sifflets? Il ne les entend pas. Les critiques? Les soupçons? Tout cela flotte autour de lui, il ne l'ignore pas, mais une fois sur le vélo, Contador parvient à faire abstraction de tout. Mais sur ce Tour 2011, l'Espagnol va devoir composer avec un élément nouveau pour lui. Pour la première fois, il va tenter de remporter la Grande Boucle en sortant du Tour d'Italie.

Le doublé Giro-Tour reste une exception dans le cyclisme, pas une règle. Seuls sept coureurs l'ont réussi: Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Indurain et Pantani. Et c'est encore plus vrai à notre époque. Personne ne l'a accompli depuis Marco Pantani en 1998. C'est donc un sacré défi qui attend Alberto Contador. Peut-il le relever? "Bien sûr que c'est possible, juge son ancien manager chez Discovery Channel et Astana, Johan Bruyneel. La question c'est de savoir si c'est possible de faire le doublé avec CE Giro là. Parce que ce Giro était vraiment dur." C'est effectivement un facteur aggravant. Montagneux à l'extrême, il a nécessité une grosse débauche d'énergie. Le 20 juin, soit à moins de deux semaines du départ de Vendée, Contador avouait d'ailleurs ne pas avoir encore récupéré des efforts consentis au mois de mai. "Là, je me sens fatigué. Mes muscles ressentent encore le Giro", disait-il.

Evans : "Il n'a pas poussé à fond"

Pourtant, certains ne s'inquiètent pas vraiment pour lui. D'abord parce que la très haute montagne n'interviendra qu'à la mi-juillet. Contador aura donc le temps de se mettre dans le rythme relativement tranquillement. Par ailleurs, si le Giro a effectivement été éprouvant, la supériorité du Madrilène lui a sans doute permis de gérer au moins partiellement ses efforts. C'est l'avis de Cadel Evans. L'Australien était sorti cramé du Tour d'Italie l'an dernier mais selon lui, la donne est différente pour Contador. "Alberto n'a pas été poussé dans ses retranchements, nous explique l'ancien champion du monde. Il avait peut-être encore 10 ou 20% de réserves. Il n'a pas poussé à fond. L'an dernier, sur le Giro, en troisième semaine, on a tous puisé dans nos retranchements, mais Alberto avait une telle avance en dernière semaine qu'il a pu gérer ses efforts. C'est un point important." Lionel Marie, directeur sportif de Garmin présent sur les routes italiennes, pense même que Contador "n'a rien laissé sur la route" en mai. "Le Giro a été couru cette année comme le Tour de France, remarque-t-il. L'année dernière, ça partait dans tous les sens, avec des échappées et des relances derrière. Cette fois, il y avait une échappée et derrière, des intérêts différents mais convergents pour aider le leader".

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En soi, le doublé n'a donc rien d'impossible. Mais, parce que c'est une configuration nouvelle pour lui, Contador doit gérer une forme d'inconnue et les champions détestent ça. Il aime maîtriser toutes les données avant un rendez-vous aussi important. "Ca augmente sans doute le risque de connaitre un jour sans. Ca augmente la part d'incertitudes", estime Johan Bruyneel. Dans le peloton, tout le monde s'accorde en tout cas sur un point: s'il y a aujourd'hui un seul homme capable de réussir ce doublé, c'est bien Alberto Contador. A l'image de Jurgen Van den Broeck. "Je ne sais pas s'il paiera ses efforts du Giro, dit le Belge. Il a tellement de talent. Pour moi, c'est simple, c'est le principal favori à partir du moment où il est au départ d'une course comme le Tour. Giro ou pas Giro." De là à dire que ça ne changera rien à l'affaire…

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