Frank le grand frère

Frank le grand frère
Par Eurosport

Le 28/06/2012 à 18:26Mis à jour Le 28/06/2012 à 20:44

Privé de son cadet Andy, Frank Schleck doit assumer seul les destinées de la fratrie luxembourgeoise. Il la joue profil (très) bas avant ce Tour 2012. Intox? En partie, peut-être. Mais avec le Guiro dans les pattes, 100 kilomètres de chrono et la crise larvée chez RadioShack, il a quelques raisons.

Passé sur le Tour: A l'instar de son frère cadet Andy, Frank Schleck a prouvé depuis de nombreuses années qu'il était un homme du Tour. Mais contrairement à Andy, son nom ne figure pas au palmarès, même si le petit frère doit son unique titre au déclassement d'Alberto Contador en 2010. Depuis sa première participation en 2006, il a fait preuve d'une belle constance. En de hors de son abandon sur les pavés en 2010, il a fini quatre fois dans les dix premiers et trois fois dans les cinq, obtenant son meilleur résultat l'an passé lorsqu'il a terminé troisième. A son actif également, deux belles étapes en montagne, dans les Alpes: l'Alpe d'Huez en 2006 et le Grand-Bornand en 2009. Il a aussi porté deux jours le maillot jaune en 2008.

L'enjeu: En l'absence de son frère Andy, assumer le statut de leader chez RadioShack et sauver les meubles d'une équipe qui a pris la mauvaise direction cette année.

Forces: Une véritable culture du Tour qui se traduit notamment par une faculté à être toujours au top au mois de juillet. Frank Schleck est aussi un des meilleurs grimpeurs du peloton, il l'a prouvé à maintes reprises sur les routes de juillet. Sur le papier, il dispose aussi d'une équipe solide avec Horner, Kloden, Zubeldia, Monfort, Popovych, Cancellara, Gallopin et Voigt. Cela reste du très lourd. En terminant deuxième du Tour de Suisse juste avant la Grande Boucle, il a montré que la forme était là. Et puis, qui sait si l'absence d'Andy ne sera pas un mal pour un bien. Depuis l'Alpe d'Huez 2008, même si la chose n'avait jamais été présentée officiellement de la sorte, il n'était que le leader bis derrière son frère. Comme Andy en 2010, il a les coudées franches cette année.

Faiblesses: Elles tiennent en quatre points: D'abord, le parcours. Avec plus de 100 kilomètres de contre-la-montre, ce tracé 2012 ressemble à un cauchemar pour Frank Schleck, rouleur extrêmement moyen, pour ne pas dire plus. Pour combler un tel handicap, le Luxembourgeois aurait besoin de mettre le feu à la montagne et de prendre des risques considérables. Mais il n'a jamais affiché l'âme d'un risque-tout. Ce déficit d'audace et de créativité en matière de stratégie constitue son deuxième handicap. Impossible ensuite de faire fi du contexte difficile chez RadioShack. Sur le papier, on l'a dit, l'équipe a fière allure. Mais sur la route, elle n'a trouvé ni cohésion ni équilibre. Enfin, quid de son physique? Après avoir enchainé Giro en mai et Tour de Suisse en juin, lui restera-t-il assez d'essence pour tenir trois semaines en juillet? Lui assure que non et répète qu'il ne se sent pas en mesure de jouer les premiers rôles.

La stat: 20. Le meilleur résultat de Frank Schleck dans un contre-la-montre du Tour de France est sa 20e place dans le chrono de Grenoble l'an passé. Voilà qui n'incite pas à l'optimisme avant ce Tour 2012 et ses 101,5 kilomètres en solitaire…

La question: Comment va-t-il gérer l'absence de son frère, une donnée inédite pour lui depuis 2008, soit depuis qu'il joue un rôle majeur au classement général?

L'œil de Jacky Durand: "Frank Schleck fait partie de ces grimpeurs qui ne peuvent pas accéder au podium cette année. Je pense qu'il en est conscient. Il va perdre, au minimum, six ou sept minutes sur les meilleurs rouleurs sur les 100 kilomètres de chrono. Au mieux, il en reprendra une ou deux en montagne. Le podium, ce n'est pas pour lui. Je le vois davantage viser une belle victoire d'étape, voire le maillot à pois."

0
0