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Leipheimer, sans faire de bruit

Leipheimer, sans faire de bruit
Par Eurosport

Le 28/06/2012 à 23:59Mis à jour Le 29/06/2012 à 08:51

Et si Levi Leipheimer (Omega), du haut de ses 38 ans, venait s'imiscer dans la bagarre annoncée entre Cadel Evans et Bradley Wiggins? Le vétéran américain est fait lui aussi pour ce parcours doté de 100 kilomètres de contre-la-montre. Et il semble en forme...

Passé sur le Tour: Levi Leipheimer avait quasiment 29 ans lorsqu'il a disputé son premier Tour, voici tout juste dix ans. Depuis ces débuts tardifs, l'Américain a rattrapé le temps perdu, devenant rapidement un pensionnaire régulier du Top 10. Huitième en 2002 dès sa première apparition, neuvième en 2004, sixième en 2005 et surtout troisième en 2007, année où il ne passe qu'à 31 secondes de la victoire. Mais depuis cinq ans et cet unique podium, il n'a plus connu la même réussite, son meilleur résultat sur ces cinq dernières années restant sa 13e place en 2009. Malgré sa belle régularité, Leipheimer n'a jamais goûté au maillot jaune. Une victoire d'étape à son palmarès, le chrono final du Tour 2007.

L'enjeu: Profiter de ce parcours idéal pour un rouleur comme lui pour renouer avec le podium. A son âge, Levi Leipheimer n'a plus vraiment de temps à perdre, même si, du fait de ses débuts pros tardifs, il n'est pas un trentenaire comme les autres. Mais ce Tour représente peut-être sa dernière chance de signer un grand résultat.

Forces: On n'accorderait probablement pas tout à fait la même attention à Levi Leipheimer s'il n'y avait ces 100 kilomètres de contre-la-montre. Ce Tour 2012 lui sied beaucoup plus que le précédent avec ses quatre arrivées en hors catégorie et son unique chrono individuel. C'est une évidence. L'Américain fait partie de ceux qui doivent mettre à profit les spécificités de cette 99e édition. En terminant troisième du Tour de Suisse récemment, il a aussi affiché une forme ascendante qui a de quoi susciter un début d'inquiétude chez ses rivaux. Qui sait d'ailleurs si cet accident qui a failli être dramatique au mois d'avril ne sera pas, finalement, la source d'une éclatante forme en juillet. Leipheimer aborde l'été frais et, à son âge, ça n'a pas de prix.

Faiblesses: Si Leipheimer était aussi solide en montagne qu'en contre-la-montre, il aurait probablement remporté plusieurs grands tours. Le natif du Montana est un bon grimpeur mais pas sûr qu'à 38 printemps bien tassés il ait encore de quoi boucler trois semaines sans le moindre coup de buis dans les Pyrénées ou les Alpes. Il devra pourtant accompagner Wiggins et Evans en montagne car, malheureusement pour lui, les deux principaux favoris de ce Tour n'ont rien à lui envier dans l'exercice du contre-la-montre. Enfin, l'équipe Omega Pharma Quick Step, qui a davantage la culture des classiques que celle des grands tours, pourra-t-elle l'épauler efficacement en altitude? Peter Velits, Sylvain Chavanel et Kevin De Weert devront être au top pour aider leur leader.

La stat: 10. Soit le nombre de fois dans sa carrière où Leipheimer a remporté une course par étapes. Parmi les plus significatives, on citera le Dauphiné 2006, le Tour d'Allemagne 2005 et le Tour de Californie à trois reprises (de 2007 à 2009). Bref, c'est son truc.

La question: Peut-il devenir (et de très loin) le plus vieux vainqueur de l'histoire du Tour de France à 38 ans et neuf mois?

L'oeil de Jacky Durand: "Attention à lui. Je pense que sa chute au mois d'avril, paradoxalement, a été une bonne chose pour Levi Leipheimer. Souvent, les hommes frais en juillet sont ceux qui ont connu une coupure comme ça. On l'a vu en forme sur le Tour de Suisse et avec ce parcours qui compte 100 kilomètres de chrono, l'Américain est à surveiller de près. Pour moi, c'est un candidat très sérieux au podium et je le place même quasiment à la hauteur de Cadel Evans sur la ligne de départ."

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