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Hesjedal s'attaque à l'Everest

Hesjedal s'attaque à l'Everest
Par Eurosport

Le 27/06/2012 à 21:04Mis à jour Le 28/06/2012 à 12:25

Personne n'a réussi le doublé Giro-Tour depuis 1998. Mais Ryder Hesjedal y croit. Après le rose, le Canadien de l'équipe Garmin se sent apte à briguer le jaune. Un pari presque insensé.

14 ans. Voilà 14 ans qu'aucun coureur n'a réussi le doublé Tour d'Italie-Tour de France, depuis le double sacre de Marco Pantani en 1998. Aucun vainqueur du Giro n'est même monté sur le podium du Tour dans la foulée depuis. C'est dire l'immensité de la tâche qui attend Ryder Hesjedal. Difficile d'imaginer que le Canadien, qui n'avait jamais atteint le Top 5 d'un grand tour avant cette année puisse, à 31 ans, s'offrir à quelques semaines d'intervalle le maillot rose et le maillot jaune. Mais il n'a jamais envisagé de se priver de dessert en juillet sous prétexte qu'il s'était rassasié en mai. "Depuis le début de la saison, j'avais prévu de faire le Tour, explique-t-il. Pourquoi changer d'avis maintenant? Ne pas faire le Tour n'aurait pas de sens".

L'équipe Garmin lui avait laissé le choix après le Giro de décider de sa présence sur le Tour. Il n'a donc pas hésité une seule seconde. "Ils m'ont demandé ce que je voulais faire et m'ont dit que c'était à moi de sentir si j'étais capable de doubler Giro et Tour", confie-t-il. Pas question de vivre avec des regrets éternels à se demander ce qu'il aurait pu faire dans la foulée de sa victoire sur le Giro. Hesjedal veut surfer sur la vague du succès et capitaliser sur la confiance, énorme, que lui a apportée la plus grande victoire de sa carrière. "J'ai atteint mon objectif en remportant le Giro et j'ai très envie de voir ce que ça peut donner sur le Tour", poursuit-il.

Vaughters: " Aucune raison pour que Ryder ne soit pas un acteur important de ce Tour"

La question est effectivement de savoir ce qu'il peut en espérer. Il y a deux ans, il s'était révélé au grand public en terminant sixième à Paris. Sa victoire dans le Giro a prouvé que cette émergence, même tardive, au plus haut niveau, ne constituait pas un joli coup sans lendemain. Il balaie d'un revers de main l'idée d'une lassitude. "Mentalement, je me sens vraiment bien", confiait-il voilà deux semaines. Quand vous gagnez un grand tour, c'est normal d'avoir une motivation au plus haut. Nous avons une super équipe pour le Tour et je voulais à tout prix en faire partie." Il a même hâte d'en découdre, ce qui est plutôt bon signe quant à son état de fraicheur.

Si sa présence relevait de son propre chef, restait à déterminer si Hesjedal serait le leader unique et incontournable de Garmin. Jonathan Vaughters souhaitait attendre le mois de juin pour voir comment son coureur récupérait, physiquement et mentalement, de ses efforts du Giro. Après une discussion avec Alan Peiper et avec l'intéressé lui-même, cette question a été tranchée: Hesjedal est bien le patron. "Je serai le leader de cette équipe, j'ai mérité ce droit je crois", note le coureur de Colombie-Britannique. Sa position est finalement assez confortable. Personne, chez Garmin, ne lui demande de succéder à Pantani. Il n'a pas de pression. La victoire sur le Giro constitue déjà un formidable bonus. En même temps, personne ne s'interdit rien.

Jonathan Vaughters partage d'ailleurs l'optimisme de son leader. "Je ne vois aucune raison pour que Ryder ne soit pas un acteur important de ce Tour de France", a-t-il déclaré à nos confrères de Velonation. Bien sûr, il n'ignore pas la loi des statistiques mais pour lui, cela n'a rien de rédhibitoire. Justement parce que c'est Hesjedal. "Je sais que personne n'a réussi le doublé depuis longtemps. Contador a échoué, Basso aussi l'année d'avant. Mais je crois que Ryder est un coureur unique. Il est très robuste physiquement, très endurant. A la fin du Giro, il était plus fort qu'au début." Avec sa centaine de kilomètres contre la montre, ce Tour plait à Ryder Hesjedal. Il le sait, ses rêves de doublé en laissent beaucoup sceptiques. Mais il a déjà déjoué les pronostics une fois, alors...

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