Evans-Wiggins, duel dans un mouchoir

Evans-Wiggins, duel dans un mouchoir
Par Eurosport

Le 28/06/2012 à 18:05Mis à jour Le 29/06/2012 à 11:25

Nous avons passé au crible les atouts et faiblesses des deux favoris du Tour de France 2012. Bilan, Bradley Wiggins et Cadel Evans sont au coude-à-coude, avec un infime avantage au Britannique de l'équipe Sky.

Avant ce Tour de France sur le papier, il y a eux et les autres. Parce que l'un est tenant du titre. Parce que l'autre a tout gagné ou presque cette année sur la route du Tour en ce qui concerne les courses par étapes. Parce que le parcours, favorisant les gros rouleurs qu'ils sont, renforce leur cote. Surtout en l'absence de Contador et d'Andy Schleck, les deux grimpeurs capables de leur faire mal en montagne. Tout indique donc que Cadel Evans et Bradley Wiggins, puisqu'il s'agit d'eux, sont les deux grands favoris du Tour de France. Mais lequel de l'Australien ou du Britannique possède les meilleurs arguments pour ramener le maillot jaune à Paris? En six catégories, nous nous sommes amusés à étalonner le potentiel des deux hommes. Voici le résultat:

Montagne: Hors blessure, sur le Tour, Cadel Evans est quasiment indéboulonnable en montagne. Il n'a certes pas le démarrage et la fluidité d'un Contador, ni même l'aisance d'un Andy Schleck, mais à défaut d'être un styliste, pour le décramponner, il faut se lever de bonne heure. Wiggins a accompli des progrès colossaux dans ce domaine. Mais sur des pourcentages très abrupts, comme à la Planche des Belles Filles, Evans, plus puncheur, sera sans doute plus à l'aise.

Chrono: Le point fort des deux hommes. C'est dans cet exercice qu'Evans a fait la différence l'an dernier face aux Schleck. Néanmoins, contre Wiggins, ce sera une autre paire de manches. Si l'Australien est un ton au-dessus de tous ses autres rivaux, il apparait en revanche un cran en-dessous de Wiggins. Poursuiteur de formation, le Britannique est capable de creuser des écarts bien plus importants que ceux que l'on a vus ces dernières années. Il a les moyens d'écraser le Tour en 100 bornes de chrono.

Equipe: Difficile de ne pas donner un net avantage à Wiggo dans ce domaine après la démonstration de force impressionnante des Sky dans le Dauphiné. Non seulement Wiggins s'est imposé, mais ses équipiers ont trusté les places d'honneur: Rogers deuxième, Froome quatrième et Porte neuvième. Cette équipe avait complètement verrouillé la course. Pas de doute, Wiggins sera très, très bien entouré. A l'inverse, le grouper BMC parait un peu faiblard même si chacun des hommes retenus par John Lelangue connait son rôle sur le bout des doigts. Mais en haute montagne, Evans risque de se retrouver isolé. Heureusement, il sait très se débrouiller tout seul.

Parcours: Plus de 100 kilomètres de chrono, ce n'est pas si fréquent sur le Tour ces dernières années. A partir du moment où Wiggins est, d'assez loin, le meilleur rouleur parmi les favoris, il apparait évident que le parcours offre une opportunité unique à l'Anglais d'inscrire son nom au palmarès. Que ce soit sur le prologue ou, plus encore, sur les deux longs chronos, Wiggins va se régaler. C'est peut-être l'année ou jamais pour lui. Rien ne dit que la part des épreuves chronométrées sera toujours aussi importante.

Tactique: Peut-être le domaine dans le quel Evans a le plus fortement progressé depuis son passage du VTT à la route. L'Australien est devenu un vrai maître tacticien. Sa faculté à ne pas s'affoler a été une des clés de sa victoire l'an dernier. Tactiquement, il a livré un Tour parfait en 2011. Méticuleux, précis, il sait toujours où il va. Bradley Wiggins évolue un peu dans le même registre. Mais, au très, très haut niveau, il manque encore de références. On attend encore son coup de maître tactique. La jeune équipe Sky, par ailleurs, manque encore d'une culture tactique solide.

Expérience: On parle là de vécu en général mais surtout sur les grands tours et le Tour de France en particulier. La grande différence entre Evans et Wiggins, c'est d'abord que l'un a déjà gagné le Tour, quand l'autre n'a jamais été en mesure de jouer la gagne. Et ça, ça change tout. Wiggins n'a jamais été confronté à une situation critique, dans laquelle il faut savoir gérer et réagir de façon adéquate. Evans a vécu ça et il a magistralement répondu présent, l'an dernier, dans l'étape du Galibier. Wiggins est fort, il a une super équipe, mais un Tour où tout roule de A à Z, ça n'existe pas. Il y aura forcément des impondérables et où, le manque d'expérience situationnelle peut pénaliser le Britannique.

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