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Sagan, si facile...

Sagan, si facile...
Par Eurosport

Le 01/07/2012 à 17:21Mis à jour Le 01/07/2012 à 18:47

Magnifique final à Seraing. Peter Sagan a réglé au sprint Fabian Cancellara et Edvald Boasson Hagen. Ce trio de luxe était sorti dans la dernière côte de cette première étape. A 22 ans, Sagan signe son premier succès sur les routes du Tour, qu'il découvre cette année. Cancellara reste en jaune.

Son nom était sur toutes les lèvres. Peter Sagan a beau être débutant sur le Tour de France, le Slovaque avait une énorme pancarte dans le dos avant cette première étape en ligne. Le final ardu dans les rues de Seraing, avec une arrivée jugée au sommet d'une côte de 4e catégorie, était taillé pour le phénomène de l'équipe Liquigas. Il n'a pas déçu. Sorti dans le dernier kilomètre en compagnie de Fabian Cancellara et Edvald Boasson Hagen, un trio absolument royal, il n'a pas flanché dans le final. Il a surgi au bon moment dans le sprint pour déposer le maillot jaune, qui avait fourni trop d'efforts pour lutter. A 22 ans, Sagan ouvre donc son compteur. Cette victoire, à n'en pas douter, est la première d'une très longue série...

Christian Prudhomme affectionne ces arrivées bosselées en début de Tour et, franchement, difficile de lui donner tort. Car si le déroulement de cette étape n'a offert aucune surprise, avec son échappée au long cours sans la moindre chance d'aller au bout (six hommes s'y sont collés, dont le Danois Michael Morkov, de la Saxo Bank, qui s'est offert le premier maillot à pois du Tour), les trois derniers kilomètres, eux, ont offert un spectacle magnifique. L'avant-dernier kilomètre, redoutablement pentu, a vu les hostilités se déclencher. Là, on a vu les hommes forts. Sylvain Chavanel, d'abord. Le Français a de grosses cannes en ce début de Tour. Troisième du prologue samedi, c'est lui qui a dynamité le peloton. Son attaque a fait mal mais, malheureusement pour lui, le Poitevin n'a pu donner le deuxième coup de collier pour relancer la machine. Fabian Cancellara, lui, s'en est chargé.

Cancellara piégé

Juste avant la flamme rouge, dans son style caractéristique, grand plateau et assis sur sa machine, le Suisse a passé la deuxième couche. Dans sa roue, un seul homme a pu suivre: Peter Sagan. En deux temps, Edvald Boasson Hagen a transformé le duo en trio. Le maillot jaune avec les deux plus classieux représentants de la jeune garde du peloton, ce mini-groupe avait une sacrée gueule. Mais Cancellara, un peu comme dans le final de Milan-Sanremo, s'est retrouvé pris au piège. Face à deux finisseurs comme Sagan et EBH, il n'avait aucune chance. Il a eu beau quémander un relais du Slovaque, ce dernier n'a pas bronché. Il n'en avait ni envie ni intérêt. Il ne pouvait plus être battu que par lui-même mais en dépit de son jeune âge, Sagan a déjà de la bouteille. A 22 ans et 157 jours, il est le plus jeune vainqueur d'étape depuis un certain Lance Armstrong en 1993. On ne jurera pas qu'il mettra la Grande Boucle sous son joug comme l'a fait l'Américain. Mais Sagan vient probablement d'écrire simplement le premier chapitre d'une longue histoire. 

Comme on pouvait s'y attendre, cette arrivée musclée a provoqué quelques petits dégâts. Sur la ligne d'arrivée, le peloton ne comptait plus qu'une tout petite cinquantaine d'unités. Ils sont donc nombreux à avoir laissé quelques plumes à Seraing. Malheureux, Alexandre Vinokourov a payé cher sa crevaison dans le final. Il a lâché 3'41". Mais le général n'est pas l'obsession du Kazakh. En revanche, Levi Leipheimer (Omega) a cédé 17 secondes en arrivant dans le deuxième groupe. Après un prologue décevant, l'Américain n'entame pas son Tour du bon pied. Chris Horner et Christopher Froome, le coéquipier de Wiggins, ont décroché eux aussi .Mais comme toujours, dans ces premières étapes, l'important est d'arriver entier. Deux chutes sont survenues dans le final. Luis Leon Sanchez a failli y laisser son poignet. Alejandro Valverde en a été quitte pour une belle frayeur. Mais tout le monde est arrivé. C'est l'essentiel. Lundi, le final sera plus plat. Les purs sprinters, largués pour la plupart dimanche (Cavendish le premier) retrouveront sûrement des couleurs. Mais Peter Sagan sera peut-être encore sur leur route. Il sait tout faire, celui-là...

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