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Voeckler: "Il faut savoir être raisonnable"

Voeckler: "Il faut savoir être raisonnable"
Par Eurosport

Le 03/07/2012 à 21:45Mis à jour Le 03/07/2012 à 23:58

Arrivé avec plus de sept minutes de retard mardi lors de la 3e étape, Thomas Voeckler souffre de plus en plus du genou droit. Sa présence ne tient plus qu'à un fil, même s'il se refuse pour l'instant à évoquer un abandon. Mais la raison pourrait l'y contraindre.

Il aura fallu attendre plus de sept minutes pour voir Thomas Voeckler franchir la ligne d'arrivée à Boulogne-sur-Mer. Une éternité. Tous les favoris avaient déjà rejoint leur car. Mais eux ne souffrent pas, jour après jour, d'un genou droit douloureux, victime du "syndrome de l'essuie-glace" (forme de tendinite). Mardi, ce fut peut-être le jour de trop pour l'Alsacien. "J'ai des douleurs brèves mais intenses. Une douleur différente d'il y a quinze jours où je ne pouvais même plus marcher, nous explique le coureur Europcar. Je suis frustré car, aujourd'hui, l'étape pouvait me convenir. Mais la douleur est un paramètre que j'avais intégré. Je ne peux pas jouer la gagne en début de Tour."

Au soir de la troisième étape, 'Tit Blanc pointe désormais au 110e rang du classement général. "Que j'arrive à deux ou sept minutes, ça ne change rien. J'étais mal placé dans le peloton. Je savais qu'à cet endroit-là, il y avait des risques de cassures, mais je ne pouvais pas faire mieux", a reconnu Voeckler, retardé par les différentes chutes qui ont émaillé la journée sans au moins être pris dans l'une d'elles.

Bernaudeau: "C'est très inquiétant"

Les étapes se succèdent et la douleur s'intensifie pour l'ancien porteur du maillot jaune alors que la montagne n'a pas encore pointé le bout de son nez. Rassuré sur l'état de son genou droit avant de prendre le départ de Liège après douze jours d'arrêt forcé, Voeckler, plutôt discret jusque-là, avait cette fois la mine des mauvais jours à l'arrivée de l'étape. "J'ai pédalé sur la jambe gauche quasiment toute la journée, souligne-t-il. Hier, j'ai eu une douleur en fin de course. Aujourd'hui, c'était un peu plus encore. Assis, ça va à peu près. Mais je ne peux pas m'appuyer pareil sur les deux jambes et je suis déséquilibré." Autant dire qu'on ne risque pas de voir de sitôt l'homme en vert dans sa position de prédilection, debout sur les pédales.

Et cela n'a pas de quoi rassurer le Team Europcar. "C'est très inquiétant. On voit qu'il a mal, nous confie Jean-René Bernaudeau. J'ai dit à Thomas qu'il ne fallait pas qu'il mette sa santé en danger. Il m'a répondu que son genou ne lui faisait pas plus mal qu'hier... Mais, bien sûr,  nous sommes inquiets à son sujet." Et le directeur sportif Dominique Arnould d'ajouter: "Il termine à sept minutes mais c'est anecdotique. C'est surtout sa douleur qui inquiète".

"Savoir être raisonnable"

La présence de Voeckler sur le Tour de France ne semble donc plus tenir qu'à un fil. Celle de la volonté de l'intéressé de poursuivre la route. "Je vais prendre au jour le jour. Je ne suis ni optimiste ni pessimiste mais..., admet l'ex-champion de France. Je vais voir les kinés de l'équipe matin et soir. On verra ce qu'on peut faire". S'il parvient à rester en course, il entend se mettre au service de Pierre Rolland. "Ca me fait plaisir de voir que les gens veulent encore y croire, que je puisse bien figurer et même gagner une étape. Mais, ce sera difficile," reconnaît le Martiniquais d'adoption.

Qui de la raison ou du coeur aura le dessus? Voeckler ne cache pas que le précédent Christophe Kern l'an dernier lui a donné à réfléchir. " Christophe avait voulu insister de nombreuses journées l'an dernier et il y a laissé six mois de sa saison", rappelle-t-il. Blessé mi-2011, son coéquipier n'avait repris la compétition qu'en début d'année 2012.

Privée d'Alberto Contador et Andy Schleck, la Grande Boucle pourrait bien perdre de nouveau un troisième membre du Top 5 2011. "C'est le Tour, on ne veut pas arrêter, mais il faut savoir parfois être raisonnable, reconnaît le coureur de 33 ans. Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour. Ce n'est pas dans mon tempérament de baisser les bras. Mais il ne faut pas être tête brûlée non plus". Au fil des années, on avait pris l'habitude de le voir batailler jusqu'au bout, tout donner pour conserver le maillot jaune ou une place sur le podium. C'est une douleur au genou qui pourrait bien mettre un terme à l'histoire entre Voeckler et le Tour de France. En tout cas, pour cette année. La raison avant tout.

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