AFP

Wiggins: "Je n'ai pas à me justifier"

Wiggins: "Je n'ai pas à me justifier"
Par Eurosport

Le 11/07/2012 à 23:56Mis à jour Le 12/07/2012 à 10:05

Bradley Wiggins vit mal que l'on puisse mettre en doute ses performances sur le Tour de France. Le Britannique ne sort pas de nulle part, a-t-il voulu rappeler, martelant son message; il doit sa réussite actuelle à son seul travail.

Décidément, il se passe toujours quelque chose en conférence de presse avec Bradley Wiggins. Il faut reconnaitre au Britannique son aversion pour la langue de bois, qui tranche singulièrement avec les pratiques en vigueur habituellement dans le peloton. Après son coup de gueule le week-end dernier, le maillot jaune a répondu sans se démonter à une nouvelle question sur le dopage. Interrogé à ce sujet, il a livré une réponse en forme de record par sa longueur puisqu'il a parlé sans discontinuer pendant... deux minutes et quarante-cinq secondes. Au terme de celle-ci, il s'est tournée vers la personne chargée de traduire ses propos en français: "vous avez tout retenu?"

Son message pourrait se résumer en une seule de ses phrases: "Je n'ai pas du tout le sentiment d'avoir à me justifier devant le monde entier." Si on ne veut pas avoir foi en lui, tant pis. Calme mais ferme, il ne s'est pas emporté comme dimanche, quand il s'en était pris à ceux qui, sur les réseaux sociaux, comparaient sous couvert d'anonymat son équipe à l'US Postal de Lance Armstrong, sous-entendant du dopage. Même s'il a réfuté l'idée selon laquelle il avait perdu le contrôle de lui-même ce jour-là. "J'ai juste dit ce que je pensais, a-t-il confié. Si j'avais perdu mes nerfs, la table devant moi se serait retrouvée de l'autre côté de la pièce."

"Qu'est ce que je peux faire ?"

Mercredi, la table est donc restée à sa place et Wiggins aussi. Mais on sent le leader de l'équipe Sky très agacé par le climat de suspicion autour de son équipe et de sa personne. Mais Wiggins regrette qu'on cherche à donner l'impression qu'il est serait passé du statut de bourrin à celui de pur-sang. "Quand on me pose la question (sur le dopage), c'est comme si j'étais un coureur de merde qui arrive de nulle part. J'ai un palmarès, j'ai été trois fois champion olympique sur piste, j'ai fait quatrième du Tour, troisième de la Vuelta. Pour faire ces résultats, il faut avoir un gros moteur."

Est-il possible de dominer le Tour de France de nos jours sans être en proie aux doutes? Probablement pas. Elle est quasi consubstantielle au maillot jaune. A ses détracteurs, l'Anglais oppose simplement son acharnement à la tâche, base de sa réussite actuelle. "Si je suis à cette place dans le Tour, c'est dû à beaucoup d'efforts, à beaucoup de travail, a-t-il ajouté. Je mérite cette place et je mérite chaque minute de ce que j'ai vécu ces derniers jours, surtout après avoir regardé le Tour à la télé l'an dernier. Ce n'est pas parce que j'ai le maillot jaune que je dois me justifier". Et si ça ne convainc toujours pas, tant pis. "Qu'est ce que je peux faire ? Je suis contrôlé je ne sais combien de fois, en course, hors compétition, ici, sur le Dauphiné. Que voulez-vous que je fasse d'autre ? Dites-le moi".

Bref, il voudrait bien qu'on le lâche un peu, Wiggo. "Je ne suis pas un robot, reprend-il. Je suis juste un gamin de Londres qui sait faire du cyclisme, qui est bon là-dedans, et qui le montre ici. Je fais des erreurs dans ma vie, je le jure, je ne suis pas ce modèle parfait que tout le monde voudrait que je sois. Je suis juste performant sur le vélo, c'est tout", a-t-il conclu.

0
0