L'histoire du jour

Ici-même, il n’y a pas si longtemps, on avait émis le souhait de voir le Tour être chamboulé dans les prochaines 48 heures. Nous avons été exaucés. Et pas qu'un peu. Ce vendredi était une folie douce. Un pur moment de sport. Au milieu de ce pur moment de sport, trône un immense et ingénieux champion : Romain Bardet.
Car le héros du jour, c'est évidemment lui. Vainqueur magistral en solo à Saint-Gervais Mont Blanc, plus fort que le déluge, bien aidé par le travail de ses coéquipiers, le voilà deuxième du général à 4'11" du maillot jaune. Comme lors dernier Dauphiné qui avait vu Chris Froome devancer le Tricolore. Même résultat à Paris dans deux jours ? On ose y croire. Car, ce vendredi, tout s'est idéalement passé pour Bardet. On savait le Français en très grande forme. Depuis le début de la troisième semaine, il n'a cessé de montrer sa fraîcheur sur les pédales, en particulier jeudi lors d’un chrono terminé à une brillante 5e place. Une véritable montée en puissance qui laissait augurer de belles choses et offrait de larges espoirs. Mais vouloir n'est pas toujours pouvoir.
Tour de France
Genou droit bandé, dos endolori : après sa chute, Froome était bien touché à l'arrivée
22/07/2016 À 16:26
Bardet est un coureur malin, on le sait depuis toujours. Sa science de la course et son sens tactique ne sont plus à démontrer. Ce vendredi, son intelligence a été récompensée. Son art d'aller contre certaines consignes aussi. Le coureur de 25 ans a également montré qu’il savait retenir les leçons du passé. D'un point de vue strictement empirique, cette journée est un succès. Quand Bardet s'est retrouvé en tête avec Rui Costa, qui n'a pas repensé à l'arrivée de l'étape-reine du dernier Dauphiné ? Celle qui avait vu Pinot dominer le coureur d'AG2R-La Mondiale, tactiquement mal inspiré, à Méribel. Ce dernier s'était emballé et avait attaqué à 3km de la ligne. Ce jour-là, par cet excès de zèle, il avait probablement laissé filer la victoire finale. Ce vendredi, il n'a pas commis la même erreur. A vrai dire, il n’en a pas commis une seule. Il a roulé devant Rui Costa. Souvent, pour ne pas dire toujours. Il s'est retourné à plusieurs reprises pour demander de l'aide mais ne s'est jamais énervé. Il n'a jamais faibli avant de lâcher le Portugais. Un tempérament de champion.

On a aimé

Les 40 derniers kilomètres ont été fantastiques. On ne savait plus où donner de la tête. Cette fin de 19e étape a proposé tout ce qui nous fait vibrer dans le cyclisme. Des rebondissements, des coureurs en difficulté et un triomphe tricolore. Le premier de ce Tour 2016. Enfin. Il y a eu aussi du panache et des offensives. De la fébrilité aussi chez le maillot jaune. Jusque-là, Froome s'était montré incassable, imperturbable.
Le Britannique avait fait preuve d'une incessante agilité sur son vélo. Vers Saint-Gervais, il a goûté le bitume dans une descente détrempée. Il a rapidement changé de vélo, ne s'est jamais affolé et a même rallié l'arrivée en augmentant son avance sur son dauphin, même s’il a été lâché par quelques-uns de ses rivaux. Mais quid de sa santé ? Touché sur le flanc droit, le genou droit amoché, le maillot jaune a rassuré sur son état physique dans la soirée. La nuit pourrait néanmoins être difficile. Et sa journée de samedi ?

La chute de Froome dans la descente de Domancy

On n'a pas aimé

La violente chute de Pierre Rolland. Passé probablement à côté d'un bonheur immense, le leader de la Cannondale était lancé vers la victoire quand il est allé au sol à 40km de l'arrivée. Pour lui, tout s'est écroulé dans un virage lorsqu'il a perdu la roue avant. Aurait-il gagné ? Personne ne peut le dire. Aurait-il fini derrière son compatriote Bardet ? Idem. Mais on aurait tellement aimé le voir tenter sa chance jusqu'au bout. Freiné dans son élan, celui qui a conservé sa 16e place au classement général paraissait si fort ce vendredi...

Parti à l'offensive, Rolland chute violemment dans un virage

Juste pour savoir

Vous nous croyez maintenant quand on vous disait jeudi que Pantano était le chat noir de Majka ?
En parlant de chat noir… qui a (encore) fait ça ?
Si Rolland ne tombe pas et fait la course en tête avec Bardet jusqu'à l'arrivée, vous aussi, vous avez imaginé la possible avance qu'aurait eu ce dernier sur la ligne ?

Trois stats à retenir

1'06". Soit l'écart entre le deuxième, Romain Bardet, et le cinquième, Richie Porte. Ce samedi s'annonce dantesque. Forcément.
209. Avec 209 points dans la besace, soit 104 de plus que Thomas De Gendt, Rafal Majka est désormais assuré de remporter le maillot du classement de la montagne, le deuxième après 2014. Il ne reste que 51 points à distribuer pour les pois jusqu’à Paris.
4'26". Comme le temps perdu par Bauke Mollema sur Romain Bardet à l'arrivée. Une défaillance monstrueuse pour l’ex-dauphin de Froome au général. Adepte des troisièmes semaines compliquées, le Néerlandais a chuté au 10e rang ce vendredi soir. Et perdu toute chance de podium.
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