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Chez Ineos, on se frotte les mains : "C’est un gros cadeau"

Chez Ineos, on se frotte les mains : "C’est un gros cadeau"

Le 15/07/2019 à 19:32Mis à jour Le 15/07/2019 à 19:35

TOUR DE FRANCE - Journée de rêve pour Ineos ce lundi lors de la dixième étape. Sans faire d’efforts démesurés, l’équipe britannique a bénéficié de la grosse perte de temps de Thibaut Pinot (Groupama - FDJ) pour placer Geraint Thomas et Egan Bernal sur le podium et dans les meilleures conditions possibles. Idéal avant les échéances de la semaine.

C’était censé être une journée calme. Sans grands enseignements et avec la tranquillité d’un été de juillet achevé au sprint. Cela restera comme l’un des premiers gros tournants de ce Tour de France. Malheureusement pour Thibaut Pinot, il en fut l’acteur à ses dépens. Pris dans une bordure, le leader de Groupama-FDJ s’est fait piéger dans les grandes largeurs. Résultat : 1’40" de débours sur les autres favoris et un gros glissement au général.

Eux n’ont clairement pas connu la même après-midi. C’est presque dans un fauteuil que Geraint Thomas et Egan Bernal, emmenés par le train Ineos, ont achevé cette 10e étape. Bien sûr, il a fallu rouler dans les derniers kilomètres pour maintenir l’écart entre le groupe de tête et celui où figurait Thibaut Pinot. Mais rien de comparable à une étape de montagne dévastatrice où les leaders de l’équipe britannique auraient pu être davantage exposés et esseulés.

Les doigts de pied en éventail, ou presque, le duo Thomas-Bernal complète désormais le podium derrière un Julian Alaphilippe amené, un jour ou l’autre, à lâcher sa tunique dorée. Le tenant du titre n’a que 1’12" de retard sur Alaf contre 1’16" pour Bernal. Mieux, c’est un petit matelas de plus de trente secondes dont dispose désormais les leaders du Team Ineos sur Adam Yates (7e, +1' 47''), Nairo Quintana (8e, +2' 04'') et donc Thibaut Pinot (11e, +2' 33'').

Vidéo - Le moment où Pinot s'est fait piéger et a perdu gros

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" 1'40'', c'est vrai que ça fait mal"

"Il y a des journées où on faisait match nul, a expliqué Nicolas Portal, directeur sportif d’Ineos sur RMC après coup. Aujourd'hui (lundi), c'est clair que c'est un gros bonus, un gros cadeau. Il y a le temps qui est pris mais aussi l'impact mental. Les 30 derniers kilomètres (quand on est distancé), ça fait très mal quand on sait l'énergie qu'on dépense".

La perte de temps de Pinot ? "Ça peut arriver à tout le monde. Ce n'est pas que de la force, de la puissance. 1'40'', c'est vrai que ça fait mal. Surtout sur une étape comme ça". Ce n’est pas le Franc-Comtois, dépité sur la ligne d’arrivée, qui dira le contraire.

"C’est vraiment une super journée pour nous au final, a confirmé un Geraint Thomas désormais dauphin au général. On a eu une première ouverture plus tôt mais les conditions n’étaient pas idéales". Ineos a donc patienté pour lancer son train, suivant le mouvement de Education First et Quick-Step.

Vidéo - Thomas : "On a vu qu'on avait perdu beaucoup de gars, c'est pour ça qu'on a insisté"

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Et en plus, vendredi, c’est chrono

Une fois lancée, la locomotive Ineos n’a plus été rattrapée. "Quand ils ont essayé de rattraper le retard mais qu’ils n’ont pas réussi à faire la jonction, c’est là que l’élastique a lâché et qu’on a gagné encore du temps", a souri le Gallois. Même analyse chez Bernal, maillot blanc de meilleur jeune déjà sur les épaules :"Sur la fin, c'est moi qui ai dit: 'Je vais vous aider', a révélé le Colombien, balayant au passage l'éventualité d'un combat de coqs à venir entre les deux leaders désignés de la formation. Le plus important n'est pas que Geraint ou Egan gagne le Tour, c'est que l'équipe gagne. C'est très clair dans notre tête".

C'est finalement leur coéquipier Dylan Van Baarle qui a le mieux a traduit la situation actuelle. "C’est n’est pas uniquement en montagne qu’on peut gagner du temps, a expliqué le Néerlandais. On a une équipe très forte pour les journées comme ce lundi et on l’a prouvé". Difficile de le contredire.

Juste avant la journée de repos de mardi, c’est donc un premier coup de massue adressé par Ineos à la concurrence. Thibaut Pinot en tête. Et le pire, c’est que ce n’est que le début. Car après une étape de montagne a priori moins redoutable jeudi que les deux qui attendent le peloton ce week-end, c’est un chrono aux allures de balle de break qui se présentera vendredi. Un exercice dont raffole Thomas mais où Bernal peut aussi tirer son épingle du jeu comparé aux grimpeurs. Alors oui, ce lundi, c’est un sacré "cadeau" reçu par Ineos. Car désormais, c’est un boulevard qui semble s’être ouvert pour la formation britannique.

L'équipe Ineos lors du Tour de France
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