Serein comme Egan Bernal. A un peu moins de deux mois du Tour de France et alors que les choses sérieuses n'ont pas encore repris après la crise du Covid-19, le Colombien aborde les prochaines échéances en toute décontraction. La tension au sein de son équipe Ineos était pourtant montée d'un cran ces dernières semaines. Le vainqueur de l'édition 2019 a clairement exprimé son vœu de se battre pour le doublé, ce alors que deux autres anciens vainqueurs du Tour Christopher Froome et Geraint Thomas pourraient également vouloir des ambitions au sein de l'équipe britannique. Dans une interview fleuve au média colombien El Tiempo, Bernal a réfuté la moindre tension entre lui et Froome, dont un départ à longuement été évoqué face à l'ombre désormais portée par son jeune coéquipier. Ce, non sans concéder que le sujet restait compliqué à aborder.
"Je crois que Froome fera le Tour avec nous, a-t-il assuré. Beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, qu'il pourrait changer d'équipe avant la fin de l'année. J'ai une très, très, très bonne relation avec Chris, nous avons disputé plusieurs compétitions ensemble, mais c'est clairement un sujet délicat. Je comprends sa position. J'espère qu'il courra avec nous, il a remporté le Tour quatre fois, le Giro une fois et la Vuelta deux fois. Il en sait beaucoup sur le cyclisme, sur le Tour et c'est un homme important dans l'équipe."
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"C'est faux de croire que Froome était en colère après mes déclarations"

Malgré cette possible concurrence interne de très haut niveau, Bernal assure ne pas ressentir de pression vis-à-vis de cette lutte des chefs chez Ineos. "Je devrais mais ces derniers temps, je reste calme, je me sens bien et je m'entraîne de la meilleure façon. […] C'est faux de croire que Froome était en colère après mes déclarations. Les gens prenaient ça comme s'il était en colère contre moi, mais il ne l'était pas. Il n'a jamais été contrarié par ce que j'ai dit. Nous sommes amis et nous voulons tous aller de l'avant, gagner et ici l'important est que l'équipe gagne. Nous sommes les Ineos et ceux qui doivent gagner, c'est Ineos."
Le tenant du titre réfute l'idée d'une hiérarchie établie avant le Tour et suit la philosophie de l'instant mise en place par sa formation Ineos lors de la dernière Grande Boucle. Alors qu'il assurait en mai dernier ne pas vouloir "rater une opportunité d'en gagner une autre", Bernal a toutefois changé de ton sur la possibilité de travailler pour ses autres leaders. "Ce que l'on doit faire quand il y a une étape de montagne, c'est d'être à l'avant. Chris Froome, Geraint Thomas et moi sommes très honnêtes l'un avec l'autre. Quand nous verrons que l'un est meilleur, nous l'aiderons. Nous avons vu que lorsqu'il reste dix coureurs ou moins et que l'un de nous semble moins bien, il nous reste les autres options. Aucun de nous ne peut dire : 'Je suis le leader'. Si je dois travailler pour Froome, je le ferai. S'il doit se sacrifier pour moi, je suis certain qu'il le fera, tout comme Geraint."
Le Colombien prévient, l'équipe décidera pour ses coureurs, mais il "est trop tôt pour le dire". "Personne n'a encore repris la compétition, et il faudra attendre les premières étapes du Tour", insiste-t-il. Un Tour qu'il envisage particulièrement relevé, outre Froome et Thomas bien sûr. "Le Tour est très long, tout le monde va jouer ses cartes et je suis sûr qu'il y aura beaucoup de stratégie. L'idée est de gagner des secondes où vous le pouvez, car la course sera fermée et il y a beaucoup de candidats. C'est pourquoi je dis que le Tour sera l'un des plus compétitifs de ces dernières années."

Egan Bernal.

Crédit: Getty Images

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