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Eh bien, dansez maintenant !

Eh bien, dansez maintenant !

Le 05/07/2019 à 11:23Mis à jour Le 05/07/2019 à 12:13

TOUR DE FRANCE - Loin de la course au général, à l'intérêt parfois limité, de nombreux francs-tireurs viennent animer la course. Alaphilippe, Sagan, Van Aert... Les stars du printemps sont au rendez-vous. Et avec eux, pas de doute, ça va bouger !

L’amateur de cyclisme, s’étant régalé tout le printemps, peut se trouver fort dépourvu quand le Tour est venu. Pas un seul petit Poggio, des pavés réduits à portion congrue et des champions qui distillent leurs efforts sur trois semaines : il s’en va crier famine sur les réseaux sociaux ou auprès des copains, réclamant sa dose d’action pour le tirer de la sieste qui lui permettrait de subsister jusqu’à la saison nouvelle des classiques.

Qu’on se rassure pour le fan de vélo : il est bien moins démuni en juillet que la cigale de Jean de la Fontaine l’hiver venu. Il lui suffit de regarder au-delà de la course au maillot jaune (qui répond plus au besoin de ne pas perdre de temps qu’à celui d’en gagner) : Julian Alaphilippe, Peter Sagan, Wout van Aert, Alberto Bettiol… les héros du printemps sont là, prêts à faire du rendez-vous de juillet un feu d’artifice multicolore.

Après tout, le maillot jaune attire toutes les attentions, mais le numéro 1 mondial s’appelle Julian Alaphilippe. Et la plus grande icône de ce sport reste Peter Sagan malgré ses difficultés du printemps. Deux hommes qui ont pu susciter les fantasmes les plus fous (combien de fois leur capacité à gagner des Grands Tours a-t-elle été débattue ?), mais deux hommes qui gravitent en dehors de la course au général. Ils n’en sont pas moins de bien belles raisons de profiter de la fête de juillet.

Il est libre, Alaf

Julian Alaphilippe s’avance ainsi vers son troisième Tour de France en fer de lance du Wolfpack, aussi doué pour chasser les étapes que les classiques. Le loup tricolore évoquait cette transition le mois dernier dans un entretien à Radio Jeune Fréquence Montluçon, station locale qui couvre le territoire où Alaphilippe a fait ses gammes :

“Je m’étais fixé pas mal d’objectifs sur le début d’année. J’ai eu des résultats au-delà de ce que je pouvais imaginer. Et c’est vrai que maintenant, j’ai un peu tourné la page et je suis vraiment concentré sur le fait de retrouver une ambition correcte pour arriver sur le Tour avec des ambitions. Et faire des belles choses… Peut-être pas au niveau de l’année dernière (il rigole) parce que cela a été un Tour de France exceptionnel pour moi ! Mais ce qui me motive à retrouver le top de ma forme, c’est le Tour, oui.”

L’enchaînement des étapes d’Épernay, Nancy et Colmar en première semaine peut lui permettre de rêver en jaune, avant de se lancer à nouveau dans de grandes échappées en montagne. Autre puncheur et champion d'exception, Michal Kwiatkowski peut aussi briller dans la première semaine, mais il visera au contraire à verrouiller la course en montagne. Les consultants d’Eurosport le rappelaient au moment de sa prolongation chez Deceuninck-Quick Step plutôt que de rejoindre Ineos (entre autres) : en restant avec le Wolfpack, Alaphilippe achète sa liberté, celle-là même qui a grandement animé nos après-midis de juillet 2018.

Vidéo - "…mais il s’est acheté une liberté en restant chez Deceuninck"

02:12

Sagan n'est pas seul

Pour Sagan, il s’agit même de faire mieux qu’au printemps, montrer qu’il reste un monstre sacré, et accrocher un septième maillot vert historique. De quoi nous occuper aussi bien dans les sprints, sur les pourcentages favorables aux puncheurs et même en montagne. Le Slovaque, qui s'avance vers le Tour sans maillot distinctif de champion, a tout de même déjà gagné le prix de la combativité pour l'ensemble de son oeuvre sur le Tour 2016, une édition rapidement étouffée par Froome et les Sky mais pourtant riche en émotions.

Et si le one-man show de Sagan pour le maillot vert a pu lasser, voilà que s’annonce un sacré duel avec Wout van Aert, qui découvre le Tour après avoir volé dans les sous-bois et broyé les pavés. Il était aussi incandescent sur le Dauphiné qu’à Roubaix : ça promet !

Même dans la montagne, là où les favoris ont parfois tendance à jouer au millimètre (n’oublions tout de même pas que, face à l’étau Ineos, ils sont plusieurs à avoir tenté de grandes offensives, même si elles sont restées vaines), il y a toujours des francs tireurs pour tenter de bousculer l’ordre établi.

Les organisateurs proposent, les coureurs disposent. Et sur le Tour, il y a de la matière et des artistes en tous genres. Demandez à Philippe Gilbert si le Tour est si ennuyeux que ça.

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