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Les débats du Tour : Quelle tactique pour Alaphilippe ce mercredi ?

Les débats du Tour : Quelle tactique pour Alaphilippe ce mercredi ?
Par Eurosport

Le 10/07/2019 à 10:14

TOUR DE FRANCE - Chaque jour, deux ou trois questions sont posées à des membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Au menu ce mardi, il est question du premier raid vosgien et du maillot vert.

Les favoris vont-ils bouger vers Colmar ?

  • François-Xavier Rallet

Quand on voit le morceau qui attend le peloton jeudi vers la Planche des Belles Filles, on peut légitimement se poser la question. Ce premier parcours vosgien propose les premières ascensions de moyenne montagne. Le terrain est propice aux offensives de baroudeurs. Et pour la première fois depuis le départ de Bruxelles, une échappée peut aller au bout. Derrière, les favoris vont-ils s'expliquer ?

Sur les quatre difficultés du jour, deux sont des cols de deuxième catégorie (La Côte du Haut-Koenigsbourg et la Côte des Trois-Epis) et je doute qu'ils soient assez pentus pour faire des différences. De plus, le second intervient à 35 kilomètres de l'arrivée. C'est trop loin du but pour tenter quoi que ce soit chez les favoris au classement général. Pour voir tomber les premiers masques, rendez-vous jeudi…

  • Jean-Baptiste Duluc

Ne vous attendez pas à voir les grands leaders comme Bernal, Pinot, Quintana ou Fuglsang passer à l’offensive mercredi. Le terrain ne s’y prête pas, avec une dernière ascension trop roulante et encore pas mal de plat derrière. D’autant que la perspective du lendemain et la journée terrible en direction de la Planche des Belles Filles risque de calmer les ardeurs des leaders. En revanche, cela ne m’étonnerait de voir certains outsiders tenter leur chance, à l’image de Michael Woods (EF Education First), Patrick Konrad (Bora-Hansgrohe) ou Bauke Mollema (Trek-Segafredo), éventuels candidats au top 10.

En fait, je ne vois guère qu’un seul favori capable d’attaquer demain : Mikel Landa. L’Espagnol n’est pas le leader indiscutable aux yeux de la Movistar et il a là une occasion rêvée de prendre l’avantage sur Quintana, qui lui ne bougera pas, aucun doute. Il avait montré sur le Giro qu’il était prêt à bouger, même avec un final plat. Alors pourquoi pas.

Vidéo - Le profil de la 5e étape : Place à la moyenne montagne et les Vosges

01:09

Quelle attitude doit adopter Alaphilippe ce mercredi ?

  • François-Xavier Rallet

Autrement dit, porter le maillot jaune va-t-il réfréner les ardeurs du meilleur puncheur du plateau ? Je ne l'espère pas. Et c'est sûrement mal connaître le phénomène de douter de ses capacités à remettre une couche après son numéro de lundi. Le profil de la 5e étape sied parfaitement aux qualités de Julian Alaphilippe.

Je l'ai écrit ici-même lundi soir, autant j'estime que le Français a de fortes chances de conserver son maillot jaune mercredi à l'issue de la 5e étape, autant je ne le vois pas faire des miracles jeudi avec le premier gros morceau de ce Tour 2019. Sur la route de Colmar, une échappée va tenter sa chance. C'est une certitude. Qui va rouler derrière ? Hormis l'équipe du maillot jaune, je ne vois pas trop. Ce qui serait fantastique et fort en panache, c'est de voir Julian Alaphilippe se glisser dans l'échappée du jour. Le coureur de Deceuninck n'est pas une menace pour le général. Tout le monde le sait. Alors pourquoi ne pas le laisser partir ? Rien que d'y penser, j'en ai des frissons. L'image serait géniale. Mais elle a peu de chances d'aboutir...

  • Jean-Baptiste Duluc

Porteur du maillot jaune avec 25’’ d’avance sur les grimpeurs, Julian Alaphilippe va devoir défendre sa tunique de leader ce mercredi. Mais, sur les routes vosgiennes, la Deceuninck-Quick Step risque bien d’être la seule formation à avoir un intérêt à rouler derrière l’échappée. Reste donc à bien filtrer le groupe qui partira dans les premiers kilomètres et ne laisser filer que des coureurs à plus de 3 minutes au général pour ensuite se contenter de limiter l’écart.

Dans le cas contraire, la formation belge serait obligée d’assurer la chasse toute la journée. Alors pourquoi ne pas bouger soi-même ? Après tout, il est assez peu probable que les équipes de favoris fassent l’effort derrière Alaphilippe si celui-ci bouge et on a déjà vu un maillot jaune passer à l’offensive de loin avec Greg Van Avermaet, lors de la 7e étape du tour 2016. Et l’avance du Belge était pourtant de 5 minutes. INEOS, Jumbo-Visma ou Movistar ne lui laisseront pas autant de marge mais on ne les voit pas le prendre en chasse pour autant.

Vidéo - "C'est l'instinct de Julian de penser au collectif"

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Qui est l'adversaire numéro un de Sagan pour le maillot vert ?

  • François-Xavier Rallet

Je ne vais pas en faire des tartines. L'adversaire le plus dangereux pour le Slovaque (104 points) se nomme Michael Matthews (75 points). Sur la longueur, je ne vois pas Elia Viviani (81 points) ou Caleb Ewan (40 points) tenir la distance. L'Italien et l'Australien pêchent beaucoup trop dans la montagne.

Mais encore une fois cette année, il n'y aura pas de suspense. Ou très peu. Le septième maillot vert ne devrait pas échapper à Sagan. Comme les années passées, le triple champion du monde va se glisser dans des échappées au long cours (dès mercredi ?) et dessiner les contours de sa future victoire bien avant les arrivées massives. Un air de déjà-vu…

  • Jean-Baptiste Duluc

En vert depuis lundi soir, Peter Sagan est évidemment le grand favori à sa propre succession, dans sa quête d’un 7e maillot de meilleur sprinteur. Mais le Slovaque ne doit pas penser à avoir course gagnée, comme cela a pu être le cas certaines années (231 pts d’avance en 2018, 242 en 2016). Si les purs sprinteurs comme Viviani et Groenewegen ont peu de chances de rivaliser avec lui vu le manque d’opportunités pour eux d’ici Paris (4 au maximum), il faudra se méfier des tout-terrains et notamment de Michael Matthews.

Pas forcément aussi rapide sur le plat que par le passé (9e à Nancy), l’Australien de la Sunweb passe en revanche encore mieux les difficultés et cela multiplie ses chances de succès. Sur le papier, lui peut espérer glaner de gros points lors du week-end auvergnat, trop dur pour les Viviani, mais aussi gagner à Gap. Sans oublier l’étape d’Albi, censée être pour sprinteur mais très vallonnée en première partie d’étape, et les sprints intermédiaires en haute-montagne. Si Matthews est en jambes, c’est bien de lui que viendra le danger pour Sagan.

Vidéo - Revanchard, Viviani a mis dans le mille à Nancy : le final de la 4e étape en vidéo

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