Dîtes au revoir à Primoz Roglic. Si vous en aviez assez de le voir dominer toutes les courses, ou presque, auxquelles il participe, vous allez pouvoir souffler en même temps que lui. Après un Liège-Bastogne-Liège décevant achevé à la 13e place, loin de son rival Tadej Pogacar, le Slovène s'accorde un break. Un choix classique pour un prétendant au Tour de France. Ce qui ne l'est pas, c'est d'aller encore plus loin dans la démarche. Roglic ne se montrera pas au Dauphiné, pas plus qu'au Tour de Suisse. Vous ne le reverrez, a priori, qu'à Brest au départ du Tour de France 2021, dont il sera l'un des deux favoris avec Pogacar, le 26 juin. Une décision qui s'explique aisément mais qui pose questions.
"Je suis très heureux de ma première partie de saison. Nous avons eu des résultats", a laconiquement commenté Roglic ce dimanche. Puisqu'il ne le fait pas, établissons le bilan pour lui. En 2021, de début mars car il avait repris tardivement, à fin avril, il a disputé 17 jours de course pour quatre succès d'étape (3 sur Paris-Nice et 1 sur le Tour du Pays basque) et une victoire au général en terres basques. Sans une chute au pire moment sur l'ultime étape de Paris-Nice, il compterait même deux succès dans le domaine. Sa campagne de classique est, elle, moins bonne qu'en 2020 puisque là où il avait remporté Liège-Bastogne-Liège, il a dû se contenter d'une deuxième place sur La Flèche Wallonne en 2021. Reste que sa première moitié de saison est excellente puisque le seul Pogacar, toujours lui, a plus gagné.

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Aucun vainqueur du Tour n'a fait comme Roglic

Qu'attend désormais Primoz Roglic ? "Déjà un break, a-t-il lâché à Liège ce dimanche. Puis un stage en altitude… et on verra pour la suite". En 2020 déjà, il avait passé plusieurs semaines à Tignes, dans les Alpes, et s'était infligé de longues heures dans les cols. Depuis que la Vuelta est passée du printemps à la fin de l'été, un seul vainqueur du Tour de France n'est pas passé sur la route de son succès par le Dauphiné ou le Tour de Suisse. Il s'agissait de Marco Pantani en 1998 mais le Pirate avait achevé, en vainqueur, le Giro le 7 juin, pas le 25 avril. Alors pourquoi le choix d'opérer une telle coupure pour Roglic ?
"J'essaye toujours de donner le meilleur sur le vélo", a dit le Slovène dimanche. Une déclaration banale en apparence mais qui cache une vérité criante : Primoz Roglic ne sait pas faire une course à moitié ou pour se préparer. Ce que d'autres font aisément. La tradition a tendance à perdre en adeptes dans le peloton mais elle existe toujours. Quand il est là, c'est pour gagner. Si l'on excepte le Paris-Nice 2021 où sa chute l'a fait descendre à une 15e place qui ne reflétait pas la qualité de la semaine, le vainqueur du dernier Tour d'Espagne n'a plus terminé hors du Top 5 d'une course par étapes depuis Tirreno-Adriatico… 2018 ! Mettre Roglic au départ d'une épreuve, c'est l'assurance de le voir puiser profondément dans son énergie.

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Son break lui permettra évidemment d'emmagasiner de la fraîcheur, physique autant que mentale, en vue du Tour. Le coureur de Jumbo-Visma court beaucoup (72 jours de course en 2017, 64 en 2018, 69 en 2019 et 50 en 2020). Ce n'est pas la fourchette haute mais c'est au-dessus de la moyenne pour un coureur du Tour de France. Autre avantage, ne pas disputer de course à l'approche de la Grande Boucle lui évitera la mésaventure de 2020 quand une chute au Dauphiné avait fait craindre pour son dos. Tout était rentré dans l'ordre mais Roglic n'a peut-être pas très envie de goûter à nouveau à ces jours de doute.

Vivons caché, vivons heureux ?

Le doute justement. Il est permis dans le cas de Primoz Roglic. Si aucun vainqueur du Tour n'a choisi la voix qu'il s'apprête à emprunter, il y a sans doute une raison. Même à l'heure des capteurs de puissance, rien ne remplace le rythme de la compétition, surtout quand il s'agit d'une répétition générale comme au Dauphiné. Aborder le Tour sans repères face à ses adversaires est un risque, autant qu'un pari.
Après avoir emprunté un chemin classique en 2020, Roglic tente autre chose. Après tout, cette voix l'avait guidée à la plus grande déception de sa carrière à La Planche des Belles Filles. Tout faire dans les clous lui avait réussi jusqu'à un certain point et peut-être a-t-il décidé que la fraîcheur avait plus de valeur que les repères. A force de tout gagner, il est toujours sous les feux des projecteurs. Puisqu'il sera absent, il y a de fortes chances pour que ce soit moins le cas dans les deux mois qui viennent. Et si Tadej Pogacar recevait par ricochet un peu plus de pression ?
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