Tour de France 2021 - 12e étape - "J'aurais mieux fait de rester au chaud" : Julian Alaphilippe, encore raté
Par Laurent Vergne
Publié 08/07/2021 à 18:06 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2021 – Peu importe le terrain, Julian Alaphilippe est toujours à l'avant et à l'attaque. Présent dans l'échappée mercredi sur les pentes du Mont Ventoux, il a remis ça ce jeudi sur la route de Nîmes, dans une 12e étape dite de transition. Mais au final, malgré un quatrième Top 10 depuis le départ de Brest, il a à nouveau échoué.
Julian Alaphilippe lors de la 12e étape du Tour 2021.
Crédit: Getty Images
Sacré Julian Alaphilippe. Tous les jours, il est supposé rester tranquille. Tous les jours, il bouge. Mardi soir, à la veille de la double ascension du Ventoux, le champion du monde avait prévenu : "Le Ventoux, c'est beaucoup trop dur pour moi. Une fois, déjà, alors deux..." Résultat, le puncheur français a pris l'échappée, franchi le Géant de Provence en tête lors du premier des deux passages au sommet, avant de lâcher prise dans la seconde ascension.
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Alaphilippe : "Le Mont Ventoux deux fois, c'est trop dur pour moi !"
Video credit: Eurosport
Après de tels efforts, on pensait qu'il passerait un jeudi tranquille vers Nîmes, sur un tracé de nature à favoriser les desseins de son coéquipier Mark Cavendish. Voilà pour la théorie. En pratique, "Alaf'" s'est (encore) retrouvé dans l'échappée principale de cette 12e étape. A croire que c'est plus fort que lui. Malheureusement, il n'en a pas tiré meilleur profit que la veille dans le Vaucluse. 9e de l'étape à plus de deux minutes du vainqueur, l'Allemand Nils Politt (Bora Hansgrohe), la star de l'équipe Deceuninck - Quick Step a fait partie des battus du jour. "J'aurais mieux fait de rester au chaud", a-t-il résumé, un peu blasé, au micro d'Eurosport après l'arrivée.
A écouter le maillot arc-en-ciel, ce sont les circonstances, plus qu'une intention délibérée, qui l'ont propulsé à l'avant, jeudi. "Je me suis retrouvé devant au moment où c'est sorti, explique-t-il. Il fallait quand même suivre les gros groupes, il fallait mettre un mec devant. C'était moi..." S'il gagne cette étape, tout le monde crie au coup de génie. En cas d'échec, le bilan est plus sec : efforts inutiles. Mais ses directeurs sportifs ne l'ont pas dissuadé de tenter le coup : "Ils m'ont dit que c'était bien, que les UAE (l'équipe du maillot jaune Tadej Pogacar, NDLR) contrôlait tranquillement, que l'échappée allait aller au bout."
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Julian Alaphilippe dans l'échappée lors de la 12e étape.
Crédit: Imago
Mais dans ce groupe de 13 hommes, où tout le monde le regardait forcément un peu de travers, Julian Alaphilippe a vite compris qu'il était dans une situation délicate. Comme un peu pris au piège. "Je me suis retrouvé avec pas mal de mecs rapides et des gros rouleurs, dit-il. Je savais aussi que ça allait être tactique dans le final avec certaines équipes mieux représentées que d'autres."
Or quand Nils Politt et Connor Swift ont lancé les hostilités loin de l'arrivée, à 50 kilomètres de la ligne environ, il avait raté le bon coup et n'a jamais pu raccrocher les wagons. "Je savais qu'il allait falloir la jouer fine, mais je ne pense pas avoir fait d'erreurs, plaide-t-il. Juste, ils sont partis au bon moment. Ils ont creusé tout de suite et voilà, ciao."
Mais pour Jacky Durand, il n'a pas de regrets à nourrir par rapport à ce final. "Honnêtement, décrypte notre consultant, je trouve qu'il a bien couru aujourd'hui (jeudi). Il est un peu piégé quand ça part, mais s'il est dans ce groupe à 15 kilomètres de l'arrivée, je pense qu'il subit la loi de Nils Politt de la même façon que les autres." Selon lui, c'est plutôt dans l'étape précédente qu'il s'est trompé : "On lui a beaucoup reproché d'en avoir trop fait hier (mercredi) et il en a trop fait, dès le départ. Et aujourd'hui, il avait quelques petites séquelles..."
Hyperactif sur ce Tour, Julian Alaphilippe n'est en tout cas pas vraiment récompensé de ses initiatives. Son Tour 2021 ressemble pour le moment à s'y méprendre à celui de l'an passé : une victoire d'étape d'entrée ou presque (le premier jour cette année, le deuxième en 2020), un peu de maillot jaune, puis des attaques dans tous les sens, sans grande réussite.
La grande question est maintenant de savoir si tout ce qu'il a laissé sur la route, ces deux derniers jours par exemple, ne lui manquera pas à l'heure d'affronter des terrains qui lui sont sur le papier beaucoup plus favorables, comme samedi entre Carcassonne et Quillan. Quand on lui demande s'il est prêt à remettre ça rapidement, il répond d'un évasif "Oui..." qui se traîne un peu, avant de préciser : "Il va falloir que je me refasse un peu la cerise quand même."
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Alaphilippe : "Faut que je me refasse un peu la cerise"
Video credit: Eurosport
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