Le 24 mai dernier, Guillaume Martin vivait un jour particulier. En décrochant la première édition de la Mercan'Tour Classic Alpes-Maritimes, le Normand a non seulement ouvert le palmarès mais il a décroché la plus belle victoire de sa carrière. Un fait surprenant pour un coureur de son envergure, déjà trois fois dans le top 15 de grands tours et meilleur grimpeur de la Vuelta 2020. C'est tout le dilemme de ces grimpeurs à qui on ne laisse pas assez d'espaces pour briller et qui ne sont pas assez forts pour battre les meilleurs à la pédale.
Aussi, Guillaume Martin, en accord avec son équipe Cofidis, abordera le Tour 2021 avec une autre optique. Pas d'objectif au général. Pas du tout même. "On s'est mis d'accord assez tôt cet hiver pour avoir un objectif plutôt tourné vers les étapes que vers le général", explique-t-il à l'AFP. En réalité, cette "bascule mentale", a démarré sur le dernier Tour d'Espagne où, après une entame compliquée, il s'est acharné à prendre les échappées jour après jour. La victoire ne fut jamais au bout mais il s'est éclaté, maillot de meilleur grimpeur à la clé.
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Une progression linéaire sur le Tour mais aucune grande victoire

"Depuis mon premier Tour, en 2017, j'avais en filigrane le général. Même si on savait que je n'allais pas faire de miracles, on me disait chez Wanty que pour apprendre je devais me comporter comme un leader", remet-il. Cet apprentissage n'a pas été inutile puisqu'il a chaque année progressé sur le Tour de France (23e en 2017, 21e en 2018, 12e en 2019 et 11e en 2020). Des années à évoluer en second rideau et à se battre dès les premières étapes pour ne pas lâcher du temps bêtement. Une chose qui va changer cette année.
"Je sais que ce sera compliqué de me forcer à perdre du temps, reconnaît le leader de Cofidis. Je ne vais pas me relever sciemment à la première étape. Mais je prendrai peut-être un peu moins de risques pour me placer dans les premiers, en cas de cassure ou de chute. Et puis, il y a le chrono que je ferai proprement mais pas complètement à fond même s'il faut un certain engagement". Ce contre-la-montre, véritable obstacle à une bonne place au général pour lui, l'a convaincu de tenter autre chose cette année.
Reste que gagner une étape sur le Tour de France n'est pas une sinécure. Si des équipes invitées ont brillé sur le dernier Giro, c'est plus rare sur la Grande Boucle. "Sur le Tour, les coureurs qui visent maintenant les étapes en montagne sont des coureurs qui sont capables de faire un top 10 au classement général du Tour, dit Martin. On l'a vu avec Simon Yates (vainqueur de deux étapes en 2019), il avait peut-être le niveau pour faire un podium." Et être dans les bons coups va réclamer beaucoup de force mais aussi de la chance.
"Parfois ça bataille sur 50 kilomètres, on attaque dix fois et c'est la onzième fois que ça part, sauf qu'on n'y va pas et on se dit 'j'irai à la prochaine'. Cette année, la difficulté est que même dans les étapes propices, les échappées risquent de partir plutôt sur le plat. Pour un grimpeur comme moi ça peut être un peu compliqué de prendre l'échappée. Mais je sais faire, je l'ai fait l'an dernier sur la Vuelta". En espérant donc une autre issue et un premier bouquet en World Tour, qui plus est sur la plus belle course du monde.

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