Dans la course au classement général, il n'y a eu qu'un seul grand vainqueur samedi pour l'entrée dans les Alpes : Tadej Pogacar. Tous les autres comptent les points, en essayant de se remettre de ce K.-O. infligé par le tenant du titre, plus que jamais candidat à sa propre succession. Mais derrière l'ouragan slovène, certains ne sont pas si mal lotis, dans cet autre Tour de France, celui pour la deuxième place. Là, David Gaudu n'est pas si mal placé. "Pogacar était juste plus fort, au-dessus de la mêlée aujourd'hui", dit le Français, comme pour solder cette question.
Mais derrière l'ogre slovène, le leader de l'équipe Groupama-FDJ est arrivé avec tous les autres prétendants, de Richard Carapaz à Enric Mas en passant par Rigoberto Uran. Dans le col de Romme puis dans la Colombière, on l'a même vu attaquer à plusieurs reprises, sans pouvoir distancer ses adversaires. Mais a minima, il s'est montré à la hauteur et à leur hauteur. Résultat, le protégé de Marc Madiot, 19e au départ d'Oyonnax, a bondi de dix places dans la hiérarchie pour intégrer le Top 10. Pas une mauvaise affaire.
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Une étape difficile de A à Z
Mais comme tout le monde, David Gaudu a souffert samedi. "Ça a été une étape difficile de A à Z, admet le grimpeur breton. L'échappée a eu énormément de mal à sortir, UAE et INEOS voulaient tous les deux être dedans, ils se couraient l'un sur l'autre. Bruno (Armirail, NDLR) a réussi à intégrer l'échappée matinale, donc ça nous faisait un point d'appui à l'avant, et on est resté avec Stefan (Kung) aux avant-postes jusqu'au pied du col de Romme. J'ai récupéré Bruno en haut du col de Romme et fini avec le groupe des favoris." "J'ai passé un bout de relais, je lui ai donné un gel, j'ai été un petit peu utile", sourit Armirail.

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Que peut espérer ce Gaudu-là ? Au terme de cette journée folle et épuisante, il a encore un peu de mal à se situer : "Les sensations étaient difficiles à savoir parce qu'avec la pluie, le froid et l’intensité des étapes depuis le premier jour, il y a de la fatigue donc connaître ses sensations c’est assez difficile, mais il faut apprendre à faire avec."
Mais il va batailler pour le général, à coup sûr. Il n'aura de toute façon pas de latitude pour attaquer. C'est donc à la pédale qu'il lui faudra aller chercher chaque place. Jusqu'ici, il n'est pas loin d'avoir tout bon. Un chrono où il a limité la casse, une première étape de montagne où il a répondu présent et, globalement, une première semaine où il a évité la catastrophe qui a touché certains au fil des jours et des chutes.

Bricaud : "Il sait qu'il ne faut pas faire n'importe quoi"

"À l'image de ce qu'il fait depuis une semaine, David est concentré sur son sujet, se satisfait d'ailleurs le directeur sportif de la formation Groupama-FDJ, Thierry Bricaud. Il est sûr de sa force et de ses jambes. Il sait qu'il ne faut pas faire n'importe quoi. Il suit les meilleurs et on voit que le général se construit tout naturellement. Pour lui, c'est encore une bonne journée. Cela le replace bien au général, son fil rouge pour les quinze jours à venir."

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Dès dimanche, il s'agira donc pour le leader de la Groupama de garder ce cap-là sur la route de Tignes. "Une arrivée au sommet à Tignes, ça peut faire des écarts entre les meilleurs, juge Bricaud. Pour David, ce n’est pas plus mal, mais encore faut-il être avec les meilleurs au pied de la dernière ascension. Les journées sont tellement folles que des coureurs à dix minutes peuvent très bien en profiter pour se replacer. Tout est possible, il faut donc rester concentré."
David Gaudu, lui, s'attend encore à en baver. "Il risque de faire encore plus froid, ça risque d'être encore plus dur, donc cap sur demain, et on va croiser les doigts pour que la forme reste comme elle est ou qu'elle s’améliore encore un petit peu, souffle-t-il. Demain est une nouvelle journée, et on fera les comptes le soir, à la veille de la journée de repos." Pour l'instant, ils sont plutôt bons, même s'ils ne sont que très provisoires.
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