C’est une 8e étape de légende, chaotique d’un bout à l’autre, à laquelle nous avons assisté ce samedi sur le Tour de France. Sous une pluie battante, les coureurs se sont livrés à une immense bataille pour la première journée dans les Alpes, entre Oyonnax et le Grand-Bornand, haussant un peu plus encore le curseur de la folie, comme si la mémorable baston de la veille au Creusot ne leur avait pas suffi.
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Si la liste des perdants est immense - Thomas, Roglic et Alaphilippe, notamment - il n’y a qu’un seul et immense bénéficiaire : Tadej Pogacar (UAE Emirates). Parti à 32 kilomètres de l’arrivée, dans le col de Romme, le vainqueur sortant du Tour s’est livré à un numéro "merckxien" pour asseoir pour de bon sa domination. Quatrième de l’étape remportée par Dylan Teuns (Bahrain-Victorious), le Slovène dépossède Mathieu van der Poel du maillot jaune, avec une avance abyssale sur ses poursuivants. Avant la première arrivée au sommet, dimanche à Tignes, Pogacar est crédité d’un avantage de 1'48'' sur Wout van Aert (Jumbo-Visma). Troisième, Alexey Lutsenko (Astana) est à 4'38''.
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L'envol irrésisitible de Pogacar : A 32km de l'arrivée, l'accélération terrible du Slovène

Thomas et Roglic distancés d’entrée

Radio Tour a commencé à énumérer les premières victimes bien avant le terrible enchaînement Mont-Saxonnex-Romme-Colombière, trois cols de 1re catégorie, les premiers de ce Tour, placés dans les 50 derniers kilomètres. Le peloton s’est coupé en deux dès la sortie d’Oyonnax, où les organisateurs avaient placé la côte d’Echallon, non-répertoriée mais longue de 6km à 6%. Elle a fait les frais du vainqueur du Tour 2018, Geraint Thomas, déjà en difficulté la veille, et cette fois définitivement hors jeu. Même chose pour Primoz Roglic, le grand rival de Pogacar, lâché sur un faux-plat à 120 kilomètres de l’arrivée. Les deux hommes ont rallié l'arrivée ensemble. Dans le gruppetto. A 35 minutes du vainqueur du jour.
Sans équipe pour le contrôler, gagné par un parfum d’anarchie, le peloton a été secoué par les attaques durant les 70 premiers kilomètres. Même Pogacar y est allé de son échappée, sur le plat, avant le cap de la mi-course. Mais finalement, c’est un groupe de 18 coureurs, sans danger pour les hommes du général, qui a pu prendre la fuite à 80 bornes du but.
Avec cinq minutes d’avance, dans le Mont-Saxonnex (5,7km à 8,3%), elle semblait tenir le bon bout pour la victoire d’étape, d’autant que les favoris s'observaient dans un peloton réduit à une quarantaine d’unités.

La démonstration de Pogacar

C’est dans le col de Romme (8,8km à 8,9%), après que le maillot jaune Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix) a fini par plier les ailes, que Pogacar s’est envolé. Mis sur orbite par Davide Formolo, le Slovène a placé une première attaque. Seul Richard Carapaz put y répondre. Mais à la deuxième lame, le cordon s’est finalement cassé. Définitivement. Quatre kilomètres plus loin, au sommet, Pogacar comptait déjà plus une minute d’avance sur le leader d’INEOS-Grenadiers. L’hémorragie n’a jamais cessé. Au col de la Colombière (7,5km à 8,6%), le débours s’élevait à 3’35'' pour Carapaz, finalement repris dans la descente menant au Grand-Bornand par neuf autres hommes du général. A l’arrivée, le chrono, impitoyable, affichait 3'20'' de retard pour ce groupe où figure un seul Français, David Gaudu, désormais revenu à la 9e place du général, à 1'14'' du podium, mais donc 5'52'' de Pogacar. Distancé dans le col de Romme, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) s’est complètement relevé, concédant 15 minutes à l’arrivée.

Teuns a résisté au retour incroyable de Pogacar : son arrivée en vidéo

En plus d’assommer le Tour, "Pogi" n’a pas été loin de remporter l’étape malgré son débours de cinq minutes au moment de son envol. Reprenant un à un les membres de l’échappée, dont Aurélien Paret-Peintre (AG2R Citroën) et Guillaume Martin (Cofidis), respectivement 7e et 8e de l’étape à 3’03”, le Slovène n’avait plus que 15'' de retard au col de la Colombière sur Teuns, qui venait de se défaire de Michael Woods (Israel Start-Up Nation), longtemps seul en tête. Mais dans la descente, Pogacar s’est montré prudent, se faisant reprendre par Ion Izagirre (Astana-Premier Tech) et Woods. Ces derniers ont fini par lui griller la politesse dans la dernière ligne droite, Pogacar, finalement 4e à 49'', semblant enfin à court d’énergie. Pas de quoi atténuer l'immense gifle infligée à ses adversaires. A deux semaines de l'arrivée à Paris, le suspense semble d'ores et déjà tué.
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