Huit jours de course, un grand départ de Paris et des Champs-Elysées avant de mettre le cap à l‘Est pour un grand week-end final dans les Vosges… Pour sa première édition depuis 2009, le Tour de France féminin a fait les choses en grand. Non pas en terme d’altitude (on ne dépassera pas les 1 424m du Grand Ballon) ou en terme de difficulté mais les organisateurs ont décidé d’offrir une édition du renouveau de ce Tour de France femmes avec Zwift variée, construite bien en amont de la nomination récente de Marion Rousse au poste de directrice de l’épreuve. "Le parcours ne s’est pas dessiné du jour au lendemain, avoue t-elle. Lorsque j’ai signé pour être directrice du Tour femmes, le parcours était déjà bien dessiné, je vais être honnête".

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Un parcours équilibré et pour tout le monde

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Ce qui ne l’a pas empêchée d’apporter à ce parcours 2022 sa petite touche personnelle, en poussant pour la tenue de trois étapes : les deux du week-end final dans les Vosges et, surtout, la fameuse étape de Bar-sur-Aube, avec le franchissement de chemins de terre, comme on en voit sur les Strade Bianche.
"Ce qui me tenait à cœur, c’était l’étape avec les chemins, explique t-elle. C’est vrai que j’ai toujours cette âme de commentatrice et ce sont toujours des étapes chouettes à courir ou à commenter donc j’avais à cœur qu’elle existe". Une étape assez inattendue mais que les Françaises ont déjà cochée. "L’étape de gravel, ça a été une bonne surprise, raconte la championne de France Evita Muzic. Je m’étais dit qu’on allait peut-être avoir des pavés mais je suis encore plus contente que ça soit une étape de gravel !" Une étape particulièrement novatrice pour une course par étapes qui ajoute une petite touche de folie.

Rousse : "Avec ce Tour de France femmes, on ne se met pas de barrières"

"Ce sont des routes spectaculaires et ça pimentera ce Tour de France femmes parce qu’il faudra être forte mais aussi avoir une part de réussite", expliquait la nouvelle directrice de l’épreuve. De quoi encore magnifier un parcours construit pour faire briller un maximum de coureuses. "Le parcours a été bien dessiné parce qu’il correspond à plein de types de coureuses différentes, analyse Marion Rousse. Aux baroudeuses, avec des étapes où des échappées se disputeront la victoire, mais aussi aux sprinteuses, il y aura aussi cette étape qui aura un air de classique et puis il y aura ce dernier gros week-end, qui sera très dur".
Un parcours qui, sur le papier, plait aux principales concernées. "C’est un parcours très équilibré, où chacune d’entre nous va pouvoir s’exprimer à un moment donné, témoigne Audrey Cordon-Ragot. C’était vraiment important qu’on ait un parcours ouvert".
On est sur les racines, le présent et peut-être l’avenir du Tour
Même son de cloche du côté de la championne du monde Elisa Balsamo : "J’aime vraiment le parcours, explique l’Italienne. Notamment la première partie de l’épreuve où l’on a des étapes favorables à des sprints et des jours qui ressemblent à des classiques". Et Evita Muzic ne dit pas autre chose. "C’est un beau parcours, se réjouit-elle. C’est vrai que je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si dur en partant de Paris. Bon, j’ai été un peu spolié sur l’arrivée finale à la Super Planche des Belles Filles (elle a repéré la montée finale pour la présentation de l’épreuve) et j’étais super contente que ça se termine dans ma région, mais, au final, même les étapes d’avant ça ne sera pas du gâteau". Mais, en fin de compte, tout a été construit autour du grand final. Ou, du moins, pour qu’il y reste un maximum d’enjeux.

Cordon-Ragot : "Pourquoi pas une Française en jaune à l'arrivée !"

"On a vraiment imaginé le parcours pour préserver au maximum le suspense, explique Marion Rousse. Si tu mets le troisième jour une étape de haute montagne et qu’une fille arrive avec plus d’une minute d’avance, tu n’as plus d’intérêt sportif". Alors, pour s’offrir un premier maillot jaune depuis treize ans, les filles devront se battre jusqu’au week-end final, qui fera la part belle à la montagne. Mais pas d’Alpes ou de Pyrénées, comme il est toujours de mise sur la Grande Boucle, mais les Vosges à l’honneur. Pas un choix au hasard ni au rabais.
"On a choisi les Vosges la première année parce que le Ballon d’Alsace est le premier sommet de l’histoire du Tour (1905), raconte Christian Prudhomme, directeur du Tour de France masculin. On est sur les racines du Tour, on est sur le présent du Tour – avec notamment l’étape d’Epernay où Julian Alaphilippe avait signé un exploit en 2019 – et on est pourquoi pas sur l’avenir du Tour, avec des filles qui vont faire, avant les garçons, l’expérience des chemins blancs sur les routes du Tour de France". Mais l’arrivée finale, elle, se fera sur le présent et passé de la Grande Boucle avec cette arrivée royale au sommet de la Super Planche des Belles Filles.
Une montée qui respecté le cyclisme féminin
La même arrivée que celle des messieurs trois semaines plus tôt sur le Tour de France. Une arrivée que le Tour avait déjà connue en 2019, sans oublier celles en 2012, 2014, 2017 et 2020 à la Planche des Belles Filles, huit cents mètres plus bas. Un choix pas si anodin des organisateurs. "On avait déjà eu la Planche des Belles Filles sur la Route de France (course par étapes entre 2006 et 2016) mais l’avoir sur ce Tour de France femmes, c’est avoir une ascension mythique du Tour, se réjouit Audrey Cordon-Ragot. L’Alpe d’Huez, ça aurait été aussi très bien mais, la Planche est une montée qui a respecté le cyclisme féminin depuis des années et je suis très fier que l’on puisse terminer là-bas". Mais ce choix ne va pas réjouir tout le monde, tant elle risque de faire des dégâts.

Une nouvelle fois au programme, la Super Planche des Belles Filles nous fait saliver

"La Super Planche des Belles Filles, c’est costaud, c’est spectaculaire à voir, c’est une ascension que j’adore, avoue la nouvelle directrice de l’épreuve Marion Rousse. Avec sept jours de course très durs avant, avec des pourcentages qui ne redescendent jamais en-dessous des 10%, sans moment de répit, tu ne peux pas te cacher. Je pense que l’on ne pouvait pas trouver mieux comme arrivée finale". On lui souhaite, pour le suspense de l’épreuve et pour une première édition des plus réussies, d’y avoir un final aussi spectaculaire que le Tour de France 2020. Après tout, c’était déjà à la Planche des Belles Filles.
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