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Les Débats du Tour de France : La plus grosse déception ? Quel scénario pour Mende ? Pogacar peut-il lâcher Vingegaard ?
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Publié 15/07/2022 à 20:12 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2022 - Qui de Mathieu Van der Poel ou Daniel Felipe Martinez est la plus grosse déception jusqu'ici ? Nous nous sommes posés la question dans nos débats du Tour. Il y est aussi question de l'étape de samedi qui arrivera à Mende et de son scénario. Enfin, nous nous demandons si Tadej Pogacar reprendra du temps à Jonas Vingegaard sur la Montée Laurent Jalabert.
Pogacar a tenté, deux fois, mais Vingegaard n'a pas bronché
Video credit: Eurosport
Quelle est la plus grosse déception du Tour jusqu'ici ?
Jean-Baptiste Duluc
J’ai beaucoup hésité avec des équipes dont on a presque oublié la participation comme la Bahrain-Victorious ou Astana Qazastan Team mais j’ai finalement porté mon choix sur Mathieu Van der Poel (Alpecin-Deceuninck). Parce que les attentes étaient autrement plus élevées qu'autour celles des deux équipes. Parce qu’aussi, Bahrain-Victorious et Astana Qazastan Team ont des circonstances atténuantes (multiples chutes, Haig a abandonné, Lutsenko est touché). Ce qui n’a pas été le cas du petit-fils de Raymond Poulidor. Et c’est là le pire.
Il aura fait illusion sur le chrono de Copenhague (5e) mais, à part ça, on n’a jamais vu le Néerlandais aux avant-postes. La première semaine était censée être taillée pour ses qualités, lui qui est capable de s’imposer sur tous les terrains ou presque. Il n’en a rien été. Il a au contraire trainé sa peine après le retour en France. Distancé sur les pavés (81e à plus de deux minutes des leaders), incapable de suivre Van Aert sur l’étape de Calais, transparent sur un final punchy de Longwy qui lui correspondait pourtant à la perfection (145e à 10"24'' de Pogacar), Van der Poel n’a jamais semblé en mesure de peser sur ce Tour de France.
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Il est méconnaissable : Van der Poel un temps lâché en début d'étape
Video credit: Eurosport
Même dans son soutien envers son sprinteur Jasper Philipsen, il a déçu, avec des relais courts et loin de l’arrivée. A des années-lumières de ce dont il est capable. Son Giro en mai avait pourtant laissé espérer une montée en puissance pour juillet, avec un premier Grand Tour terminé qui devait lui offrir plus de coffre. Il lui a surtout complétement cassé les jambes. Un an après un Tour qu’il avait sublimé en première semaine, Van der Poel n’a cette fois jamais existé. Et a fini par partir (presque) dans l’anonymat.
Laurent Vergne
J'ai hésité entre Aleksandr Vlasov et Daniel Felipe Martinez mais, d'une part, le Russe a au moins partiellement payé les conséquences de sa chute sur la route de Longwy en première semaine, et il est par ailleurs 10e du classement général, ce qui n'est tout de même pas catastrophique, compte tenu des circonstances évoquées. Rien n'a en revanche filtré sur le Colombien de l'équipe INEOS. Jusqu'à la veille de l'arrivée dans les Alpes, il était même dans le coup, à la 10e place du classement général. Après les pavés et la Super Planche des Belles Filles, tout allait plutôt bien donc.
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Daniel Martinez sur le Tour de France 2022
Crédit: Getty Images
Puis dimanche dernier, à Châtel, Martinez a sombré. Deux cols de première catégorie ont suffi à le condamner. A l'arrivée, un quart d'heure de concédé sur le groupe des favoris. La journée de repos ne lui a pas permis de se requinquer. Dès la reprise, mardi, il lâchait près de douze minutes sur Pogacar, Vingegaard et les autres. Puis ce fut une demi-heure au Granon, un quart d'heure de plus à l'Alpe d'Huez et sept minutes à Saint-Etienne. Bref, il a lâché la rampe.
Désormais 53e du classement général, Daniel Felipe Martinez est bien LA déception de ce Tour parmi ceux qui, avant le départ, étaient annoncés parmi les prétendants. C'était le cas du Colombien. D'ailleurs, lors de sa conférence de presse tenue à Copenhague quarante-huit heures avant le départ, Geraint Thomas avait tenu à préciser que, chez INEOS, les leaders étaient Adam Yates et... Daniel Martinez et que lui serait là pour les épauler. Certaines paroles vieillissent vite et mal. Certaines ambitions aussi.
Échappée ou explications entre ténors pour la victoire à Mende ?
Christophe Gaudot
Répondre à cette question revient à trouver la réponse à celle-ci : qui va rouler derrière une échappée sur les quelque 3 500 mètres de dénivelé positif de la journée entre Loire, Haute-Loire et Lozère ? Le départ sera rapide sur les cinq kilomètres de faux-plat descendant après Saint-Etienne mais la suite permettra à un groupe, que j'imagine conséquent (voire très conséquent), de se détacher dans la Côte de Saint-Just-Malmont (7,7 km à 3,9%) ou au pire dans celle de Châtaignier (2,6 km à 7,3%).
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Tour de France Stage 14 profile and route map: Saint-Etienne – Mende
Video credit: Eurosport
Le compte des kilomètres de plaine sur cette journée ne dépassera pas les 30 avec de nombreuses ascensions non répertoriées. La Jumbo s'épuiserait à rouler derrière une échappée et ce n'est de toute façon pas dans son intérêt. Je ne pense pas la UAE, dans sa configuration actuelle sans Bennett et Laengen et avec un Covid dormant pour Majka, capable de le faire et qui d'autre aurait intérêt à chasser ? Romain Bardet pour la victoire d'étape ? Alexey Lutsenko ou Adam Yates pour la même raison ? Lequel de ces coureurs peut espérer battre Pogacar sur une telle montée si celui-ci voit les bonifications à portée d'attaque ? Aucun de mon point de vue, ce qui ne va encourager personne à rouler et donc favoriser une échappée.
Jean-Baptiste Duluc
L’échappée a beau être le scénario préféré, historiquement, des arrivées sur l’aérodrome de Mende (4 fois sur 5 sur le Tour), cela n’a pas toujours été le cas. En 2010, c’est un "favori" qui s’était imposé au sommet de la côte de la Croix-Neuve avec le succès de Joaquim Rodriguez devant Alberto Contador, qui avait alors attaqué le maillot jaune Andy Schleck, et Alexandre Vinokourov. Le Kazakh, dernier membre de l’échappée, a été repris dans le final. Je ne serais pas surpris que l’on ait droit à pareil scénario sur la 14e étape.
Je ne vois pas forcément une équipe rouler derrière l’échappée spécifiquement pour la victoire d’étape, même si certaines formations travailleront si elles n’ont pas de coureur à l’avant. En revanche, je vois bien un copier-coller de l’étape de Saint-Etienne, avec une journée effectuée à vive allure, sans temps-mort et avec une échappée qui ne prend jamais beaucoup de champ. Et, dans ces conditions, pourquoi ne pas voir UAE Team Emirates rouler pour revenir sur l’échappée dans le final ?
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Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) attaque Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) dans la montée de l'Alpe d'Huez, lors de la 12e étape du Tour 2022
Crédit: Getty Images
Le final correspond parfaitement à Pogacar, il a besoin de reprendre du temps à Vingegaard et n’aura pas besoin d’équipier dans la montée Laurent Jalabert, juste de ses bonnes jambes. Un grimpeur qui attaque le maillot jaune dans Mende : comme en 2010 ? C’est en tout cas le scénario auquel je m’attends demain.
Pogacar va-t-il reprendre du temps à Vingegaard samedi ?
Laurent Vergne
Si les favoris s'expliquent et qu'une échappée ne va pas au bout, ce qui constitue quand même un gigantesque "si" au vu de l'histoire des arrivées à Mende, les bonifications pourraient permettre à Tadej Pogacar de combler une minuscule partie de son handicap sur Jonas Vingegaard. Sinon, cela risque d'être compliqué pour le Slovène. La montée Laurent Jalabert lui convient peut-être un peu mieux qu'au maillot jaune danois, mais rien ne dit qu'il sera capable de réussir là où il a toujours échoué sur ce Tour : lâcher son rival à la pédale.
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Tour de France : 3D COL CROIX NEUVE
Video credit: Eurosport
Que ce soit avant ou après le Granon, en jaune ou en blanc, il n'y a que lors de l'étape dite des pavés, le mercredi de la première semaine, que le double tenant du titre a pris du temps à Vingegaard. Mais ce dernier a résisté aux attaques de "Pogi" à l'Alpe d'Huez jeudi et il lui avait tenu tête à la Super Planche des Belles Filles. Nul doute qu'il sera à nouveau harcelé à Mende, mais il a montré qu'il avait du répondant et même plus que cela.
D'autre part, rappelons que l'arrivée n'est pas jugée en haut de la Côte de la Croix Neuve, mais 1500 mètres plus loin. Ce kilomètre et demi, neutre en matière de déclivité (0,7%, une légère descente puis un faux plat montant), ne favorisera pas forcément un attaquant. En admettant qu'il puisse s'isoler dans la montée, Pogacar devra basculer avec un avantage significatif s'il veut capitaliser jusqu'à la ligne d'arrivée. Bref, ce n'est pas impossible mais ce n'est pas gagné.
Christophe Gaudot
Oui ! Je passe sur le fait qu'il faut sans doute l'espérer pour le suspense du reste Tour de France, non pas que je confère à Mende par avance un caractère décisif, mais ne serait-ce que pour commencer à inverser la dynamique. Je mise sur le fait que Tadej Pogacar nous dit la vérité quand il dit avoir compris ce qui lui était arrivé dans le Granon. Vous me répondrez qu'il n'a pas été aérien à l'Alpe d'Huez. Je dirais que ce n'est pas tout à fait vrai et que j'ai même eu l'impression que Jonas Vingegaard aurait pu flancher s'il avait poursuivi sa deuxième attaque quelques secondes de plus.
Jusqu'ici Tadej Pogacar n'a pas vraiment enclenché la vitesse supérieure. Il n'a pas pu le faire au Granon et n'a pas voulu le faire à Longwy, à La Planche ou à Lausanne. Ces jours-là, il s'est simplement amusé en sprintant dans le final, glanant ici et là des bonifications toujours bienvenues. Nous n'avons pas encore vu du grand Pogacar. Mende est, plus qu'un bon terrain pour Pogacar, un plutôt moyen pour Vingegaard qui avouait lui-même avoir besoin de cols longs pour donner sa pleine mesure. Il ne sera pas servi sur la Montée Laurent Jalabert et aura intérêt à être prêt à souffrir pour ne pas paniquer quand Pogacar va, je pense, le décrocher.
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La Palette des RP : Pourquoi la Montée Laurent Jalabert est si redoutable
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