Où Pogacar prendra-t-il le maillot jaune ?

Julien Chesnais
La montée vosgienne est taillée pour Tadej Pogacar, c’est vrai. Et puisqu’il est le favori le mieux placé au général - j’occulte volontairement Van Aert - le voir en jaune à la Super Planche des Belles Filles revêt d’une logique implacable. Mais je pense qu’il peut endosser la tunique de leader avec une journée d’avance, dès jeudi soir. La 6e étape se termine au sommet de la côte des Religieuses (1,6km à 5,8%), mais elle est surtout précédée par la côte de Pulventeux. C’est un véritable mur, de 800m à 12,3%, et si Pogacar a la socquette aussi légère que ce mercredi sur les pavés, ça peut faire mal.
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06/07/2022 À 17:13
Le sommet de ce raidar n’est situé qu’à 5,4 km de l’arrivée. Attaquer ici ne me paraît pas un risque déraisonnable - et on sait combien Pogacar aime jouer. En cas de victoire, il lui suffirait d’arriver avec 10 secondes d’avance sur Wout van Aert pour lui prendre son maillot jaune. Rien d’inaccessible pour le double vainqueur du Tour. A condition bien sûr qu’une échappée ne le prive pas des bonifications de la gagne, ce qui s’annonce une autre histoire…

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Simon Farvacque
Je pense que Tadej Pogacar sera en jaune vendredi, au sommet de la Super Blanche des Belles Filles. L’affaire n’est pas dans le sac, puisqu’il ne compte que 21 secondes d’avance sur Jonas Vingegaard et que l’on attend le premier duel en altitude entre les deux hommes, sur ce Tour de France. Wout van Aert n’est pas non plus à écarter, même si je ne crois aucunement en ses chances au-delà de cette journée.
Pour voir "Pogi" en jaune, il faudra donc patienter au moins jusqu’à vendredi, selon moi. Je ne crois pas en une offensive de sa part jeudi, en direction de Longwy. Le final est propice à du mouvement, certes, mais au lendemain d’une journée éprouvante sur la route d’Arenberg et à la veille du premier rendez-vous entre grimpeurs de cette 109e Grande Boucle, le double tenant du titre sera probablement sur la réserve.

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Vingegaard est-il devenu l’unique leader de Jumbo-Visma ?

Julien Chesnais
Oui. A mes yeux, Jonas Vingegaard est intrinsèquement meilleur en haute montagne et il avait déjà pris un ascendant, infime certes, à l’occasion du chrono de Copenhague puis dans la montée du Cap Blanc-Nez mardi. Ce qui se dessinait en esquisse est ce mercredi soir inscrit nettement sur la feuille du classement général. Primoz Roglic lui a concédé 1’55” et par conséquent le statut d’option n°1 chez Jumbo-Visma.
Cela ne veut pas dire qu’il faut d’ores et déjà enterrer le Slovène - reste à voir tout de même l’état de son épaule suite à sa chute. Mais une hiérarchie s’installe et je ne vois pas, sauf pépin, où il aura l’occasion de l’inverser à la pédale. Au fond, c’est peut-être une chance pour la formation néerlandaise. Sans arrière-pensée, Roglic pourrait être utilisé comme un atout offensif pour tenter de déstabiliser Pogacar, tout en laissant Vingegaard attendre l’opportunité idéale pour piéger le leader d’UAE Emirates, si un tel moment venait à arriver.

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Simon Farvacque
Non. Je pense que ce n’est pas encore limpide. Lors du chrono inaugural, Primoz Roglic a certes terminé derrière Jonas Vingegaard, mais il m’a semblé prendre moins de risques que lui dans les virages. Mardi, dans ce sprint en côte dans la montée du Cap Blanc-Nez, le Danois a été un peu plus fort que le triple tenant du titre de la Vuelta, mais surtout mieux placé.
Avant l’étape de mercredi, Roglic restait l’option n°1 de Jumbo-Visma à mon avis, pour son expérience sur trois semaines. Le rapport s’est inversé, indiscutablement, à Arenberg. Mais je pense que l’on peut toujours considérer la formation néerlandaise comme une hydre à deux têtes. Si Vingegaard a un problème ou un coup de moins bien, je parie qu’en l’état, Roglic n’aura pas à l’attendre. Cela témoigne d’un leadership encore partagé.

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Qu’attendre de l’arrivée à Longwy ?

Simon Farvacque
Pas grand-chose quant à la lutte pour la victoire finale. Il y a cinq ans, l’arrivée à Longwy s’était résumée à une course de côte, et un Peter Sagan dans la force de l’âge avait triomphé. Ce jeudi, le menu est plus corsé avant une dernière ascension identique. La Côte de Pulventeux, notamment, peut permettre de faire la différence à cinq bornes du terme de cette 6e étape. Cependant, je ne crois pas en une attaque d’un favori.
La Jumbo-Visma avait fait exploser le peloton mardi, sur un raidar semblable ? Je l’imagine plus sur la défensive, à panser ses plaies. INEOS Grenadiers et Adam Yates seront peut-être un peu plus belliqueux, mais je pense qu’il sera surtout question de lutte pour la victoire d’étape, avec les BikeExchange Jayco de Michael Matthews en contrôle. La perspective d'une échappée de 10-15 coureurs qui se disputent la victoire n'est pas non plus à exclure.

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Julien Chesnais
Je crois assez fort en une deuxième victoire consécutive pour l’échappée. Puisqu’il s’agit de l’étape la plus longue du Tour (220 kilomètres), contrôler la course nécessitera d’avoir les reins solides et une motivation de fer, deux choses pas forcément évidentes à réunir au lendemain d’une étape aussi traumatisante que celle des pavés. Surtout, qui peut se dire favori sur une étape pareille ? Les sprinteurs ? Ce sera beaucoup trop dur pour eux. Cherchons donc parmi les puncheurs.

Sagan ? Il s’est certes déjà imposé ici, en 2017, mais sa chute subie la veille va sans doute l’inciter à faire profil bas. Cosnefroy ? Il ne semble pas au top depuis quelques semaines. Et c’est pareil pour Van der Poel, qui a confirmé lui-même qu’il n’était sur ce Tour que l’ombre de lui-même. Il y a bien Michael Matthews. Mais qui voudra venir rouler avec BikeExchange-Jayco ? La formation australienne risque de se sentir bien seule…
Et ce ne sera sans doute pas les équipes des leaders qui viendront mettre la main à la patte. Celles-là auront déjà l’esprit tourné sur la première grande arrivée au sommet du Tour, prévue le lendemain à la Planche des Belles Filles. Ne comptez donc pas sur INEOS Grenadiers, UAE Emirates ou Jumbo-Visma. Wout van Aert porte certes toujours le maillot jaune. Mais difficile de déceler chez la formation néerlandaise une ferme intention de défendre la position du Belge… Jeudi sera un jour pour baroudeurs. Et ce sera peut-être même une échappée fleuve.

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