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Les débats du Tour : Quel scénario pour le week-end ? Que doit faire INEOS ? Pogacar glouton jusqu'à quel point ?
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Publié 08/07/2022 à 19:32 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2022 - Vainqueur à Longwy jeudi puis à la Super Planche des Belles Filles, Tadej Pogacar a déjà remporté deux des sept premières étapes de cette 109e édition. Jusqu'où ira t-il ? Dans le coup mais moins forte individuellement, comment doit courir INEOS pour gagner ? A quel scénario s'attendre ce week-end ? Ce sont nos débats du Tour.
Pogacar trop fort, Vingegaard trop court, Kamna si proche : le résumé de la 7e étape
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Combien d’étapes Pogacar va t-il encore remporter ?
Christophe Gaudot
Tadej Pogacar a pris une bonne habitude sur le Tour de France, celle de triompher trois fois d'une étape. C'était le cas en 2020 (9e, 15e et 20e) et en 2021 (5e, 17e et 18e). Un détail ne vous aura cependant pas échappé : jamais il n'avait levé les bras à deux reprises si tôt dans la course. L'an dernier, il avait même dû attendre les Pyrénées pour doubler puis tripler la mise après sa victoire sur le chrono en Mayenne. Et en 2020, il avait réparti ses trois succès sur les trois semaines de la Grande Boucle.
L'ogre Pogacar a faim en 2022. Privé d'un chrono assez long pour s'imposer, il s'est vengé en dominant Michael Matthews au sprint à Longwy avant de crucifier Jonas Vingegaard au sommet de la Super Planche des Belles Filles ce vendredi. Deux sur sept, voilà un bilan qui ouvre un sacré champ des possibles. D'autant qu'il y a quelques arrivées mythiques à venir.
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Le duel a été somptueux : Pogacar a puisé loin pour dépasser Vingegaard au sommet
Video credit: Eurosport
Ce vendredi, Tadej Pogacar voulait l'étape. L'attitude de son équipe et la sienne l'ont prouvé. Je l'imagine bien avoir coché quelques autres journées, au moins trois, pour ce qu'elle représente dans l'histoire du Tour ou pour leur difficulté : l'arrivée au Granon (11e étape), l'Alpe d'Huez (12e étape) et Hautacam (18e étape). A cette liste, je me permets d'ajouter le chrono (vallonné) de Rocamadour. Je ne veux pas croire à un sans faute de "Pogi" mais un 3/4 le mettrait à cinq succès. Personne n'a remporté cinq étapes du Tour depuis Mark Cavendish (6)... en 2009.
Jean-Baptiste Duluc
Cela dépendra évidemment du nombre d’échappées qui iront au bout mais, comme Christophe, je dirais trois. Le Slovène a pris l’habitude désormais de vouloir gagner lorsque cela compte (Portet l’an dernier, Super Planche cette année) et je le vois mal passer à côté d’un succès sur les pentes du Granon (11e étape) qui fait son retour sur le Tour, 36 ans après.
L’étape lui correspond parfaitement avec l’enchainement du Galibier et du Granon, à très haute altitude, l’un des rares points d’interrogation concernant Jonas Vingegaard, qui fait office de principal (unique ?) adversaire du Slovène. Parmi les arrivées mythiques, je le vois aussi gagner à Hautacam (18e étape) dans ce qui est peut-être l’étape "découverte" de ce Tour avec l’inédit Col de Spandelles. Nul doute qu’il voudra marquer de son empreinte ce col et cette étape.
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Tour de France Stage 18 profile and route map: Lourdes – Hautacam
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Je vois également deux autres journées favorables à Pogacar : le contre-la-montre final de Rocamadour (20e étape), long et vallonné comme il les aime, et… l’étape de Lausanne (8e étape), ce samedi. Il semble improbable que le peloton se joue la gagne en Suisse mais si c’est le cas, attendez-vous à voir le Slovène essayer de nous refaire le coup de Longwy. Cela lui permettrait donc de gagner cinq à six étapes sur ce Tour. Le pire ? C’est qu'il pourrait facilement monter jusqu'à sept ou huit sans les échappées...
Comment INEOS doit courir ?
Jean-Baptiste Duluc
Pour résumer, INEOS Grenadiers est une hydre à trois têtes (je ne compte pas Tom Pidcock parmi les prétendants au général) mais aux dents émoussées. Si quatre coureurs de la formation britannique sont dans le Top 10 du général (Thomas 2e, Yates 3e, Pidcock 7e et Martinez 10), aucun ne semble en mesure de rivaliser avec Pogacar ou Vingegaard. Pas à la pédale en tout cas. En revanche, INEOS pourrait tirer sa force de son collectif, comme elle l’a si souvent fait dans le passé, à une condition : se réinventer.
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C'était tellement dur que Meintjes a terminé à pied !
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Elle a su le faire sur les classiques, offrant un visage plus offensif que celui aqueul elle nous avait habitué sur le Tour pour remporter notamment l’Amstel et Paris-Roubaix en avril. Alors pourquoi ne pas en faire de même sur la Grande Boucle ? Si elle veut la gagner, INEOS n’a pas vraiment le choix, elle doit se montrer audacieuse, ambitieuse et même offensive. Tenter de loin. Prendre des risques, mesurés mais conséquents.
On pense par exemple à une attaque de Martinez dès le Galibier mercredi ou une tentative de Yates dans la Croix-de-Fer, le tout en retombant sur des équipiers partis dès le matin à l’avant. Voire une attaque dès le Pas de Morgins dimanche ! Anticiper, multiplier les offensives, user ses adversaires, leur faire perdre la tête… INEOS n’a jamais couru comme ça sur un Grand Tour mais, aujourd’hui, c’est sans doute son unique chance de triompher à Paris.
Christophe Gaudot
Je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec Jean-Baptiste. Je partage le constat d'une équipe INEOS puissante par son nombre mais faible car l'avant-garde de son armée mexicaine manque de mordant. En somme, les Britanniques ont un plancher très haut, l'un des leurs finira sans doute dans le Top 4, et un plafond limité, la troisième place semble être le seul objectif viable. En tout cas à la régulière.
En revanche, INEOS sait courir autrement qu'avec le nez sur le compteur et en file indienne devant le peloton. Cette équipe-là, c'était la Sky jusqu'en 2018. Egan Bernal n'a pas gagné le Tour 2019 en restant bien sage. Pas plus qu'il ne l'a été sur la dernière Vuelta quand il s'était retrouvé loin au général.
Oui, INEOS doit mettre de la folie dans ce Tour. C'est primordial pour eux et pour être honnête pour le spectacle. Je doute que la Jumbo-Visma en soit capable même si Primoz Roglic serait en position de le faire (il n'a plus rien à perdre). Alors quelles étapes conviendraient le mieux ? Celles du Granon, de Peyragudes et d'Hautacam selon moi car les portions de vallées y sont réduites. Pour espérer battre Pogacar, il faut perturber son schéma de course et l'attaquer de loin. INEOS a les armes pour le faire.
Quel scénario pour le week-end ?
Jean-Baptiste Duluc
A première vue, les échappées ont de bonnes chances d’aller au bout ce week-end. Vers Lausanne, il parait improbable qu’une équipe veuille contrôler toute l’étape mais le final, assez ouvert, pourrait donner des idées à certaines formations qui n’ont pas gagné et qui n’ont pas de grimpeur, comme la BikeExchange pour Matthews, Alpecin-Deceuninck pour Philipsen ou TotalEnergies pour Sagan. Mais le kilomètre à 10% qui mène à la flamme rouge pourrait aussi inciter des formations de puncheurs à travailler et à favoriser une arrivée "groupée" (en tout cas au pied de la montée finale).
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Tour de France Stage 8 profile and route map: Dole – Lausanne
Video credit: Eurosport
En revanche, dimanche sourira à une échappée, j’en suis persuadé. Même si l’enchainement Col de la Croix et Pas de Morgins pourrait offrir une petite passe d’armes entre leaders, je n’en vois aucun faire rouler son équipe. Même à la veille de la journée de repos.
Non, je pense plutôt qu’une grosse échappée de grimpeurs, loin au général pour la majorité, ira au bout, avec la victoire d’un coureur comme Pinot (Groupama-FDJ), Woods (Isarel - Premier Tech) ou O’Connor (AG2R-Citroën). Je ne serais même pas surpris que Pogacar y laisse son maillot jaune au profit d’un de ses échappés, à l’image d’un Meintjes (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux, +6'05'') ou d’un Cattaneo (Quick-Step Alpha Vinyl, +3'58''). Il y aurait tout intérêt avant l’étape de Megève et du Granon, pour économiser ses équipiers.
Christophe Gaudot
Le tracé des deux étapes du deuxième week-end du Tour a ceci d'intéressant qu'il permet d'imaginer de nombreux scénarios. Prenez l'étape de samedi, entre Dole et Lausanne, en Suisse pour un quatrième pays visité par ce Tour de France (après le Danemark, la France et la Belgique). Son final conviendrait parfaitement aux puncheurs comme Wout Van Aert, Mathieu van der Poel (s'il a les jambes…) et pourquoi pas… Tadej Pogacar.
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Tour de France Stage 9 profile and route map: Aigle – Chatel
Video credit: Eurosport
Je pense néanmoins que l'on verra très peu le Slovène jusqu'au jour du repos. S'il arborera le maillot jaune samedi, ça ne sera pas le cas dimanche entre Aigle et Châtel. Je sais bien que le petit Tadej a promis qu'il défendrait le maillot jaune jusqu'au bout mais contrôler ces deux étapes de transition avant la journée de repos puis les Alpes ressemble à une brave galère.
Aussi, je crois aux chances des échappées, qui n'ont triomphé qu'une fois (sur l'étape des pavés avec Simon Clarke). Je vais même aller plus loin, je pense que le premier succès tricolore est pour ce weekend. Vous voulez un nom ? Le voici : Warren Barguil.
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Warren Barguil
Crédit: Getty Images
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