Tour de France I Pogacar - Vingegaard : Ce "mind game" qu'ils réfutent… et qu'ils entretiennent

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Quelle est donc la place occupée par la psychologie dans le duel qui oppose Tadej Pogacar (UAE-Emirates) et Jonas Vingegaard (Visma I Lease a Bike) pour la victoire sur le Tour de France ? Dans leur communication, les deux principaux favoris de l'édition 2024 écartent l'hypothèse d'un "mind game" dans cette bataille pour le sacre. Mais nier ce phénomène contribue finalement à l'alimenter.

"La guéguerre psychologique est à l'avantage de Vingegaard"

Video credit: Eurosport

Leur duel tient déjà ses promesses. Il fait d'autant plus saliver à l'approche de la première grande explication dans les Pyrénées. Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard sont deux protagonistes idéaux dans la quête d'un sacre sur ce Tour de France. Ils se sont partagé les quatre dernières éditions de la course la plus prisée du monde. Ils apparaissent comme les hommes forts de l'édition actuelle. Leur bataille est passionnante sous tous ses aspects. Sur le vélo, bien sûr. En dehors, aussi. Le Slovène et le Danois se sont livrés à quelques joutes verbales qui dépassent le cadre de la pédale.
Ils font tout pour minimiser l'idée d'un "mind game" au cœur de leur duel. Dans leur manière de communiquer, chacun met un point d'honneur à écarter la perspective de ce jeu psychologique. Un peu trop souvent pour ne pas donner l'impression qu'il est bel et bien en place. Cela avait commencé à Valloire, quand Vingegaard avait concédé 37 secondes à Pogacar (sans compter les bonifications) après l'attaque du Slovène dans le Galibier, par un petit lapsus du Danois : "Je n'ai que 50 secondes de retard (au classement général, NDLR), c'est encore assez bien. Mon moment viendra… notre moment viendra."
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"Même avec 2 minutes d'avance sur Vingegaard à mi-Tour, Pogacar ne serait pas rassuré"

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"L'année passée, j'ai pris 7 minutes et demie en deux étapes"

Cela s'est poursuivi en marge du chrono de la 7e étape, quand le double tenant du titre s'est montré satisfait de ne concéder que 25 secondes à "Pogi". "Je m'attendais à perdre plus de temps, le contre-la-montre lui était favorable", avait-il assuré, avant de malicieusement rappeler : "L'année passée, j'ai pris 7 minutes et demie en deux étapes. La puissance est là. On doit juste croire en notre plan."
Puis la tension est montée d'un cran à Troyes, quand Pogacar, Remco Evenepoel et Vingegaard se sont retrouvés isolés sur les chemins empierrés. Et que le Slovène a reproché ouvertement à son rival, comme le Belge d'ailleurs, de ne pas avoir pris les relais pour saisir l'opportunité de distancer la concurrence. "Je pense qu'ils ont peur de moi, ils ne pensent qu'à ma roue, et pas à Remco, Primoz (Roglic) ou aux autres, avait-il lancé. Ils mettent vraiment l'accent sur moi, ils vont me suivre jusqu'au bout du Tour mais ça peut leur coûter. Je crois qu'il pourrait y avoir un retour de bâton plus tard. C'est sûr que je m'en souviendrai."
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Vingegaard ne "passe" pas avec Pogacar et Evenepoel

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"S'il essaient de m'attaquer mentalement, ils n'y arrivent pas"

Pogacar en avait remis une couche le lendemain lors de la conférence de presse de la journée de repos à Orléans. Interrogé sur une volonté éventuelle de la Visma I Lease a Bike de déplacer la bataille pour le maillot jaune sur le terrain mental, le Slovène avait donné une réponse sans équivoque : "S'il essaient de m'attaquer mentalement, ils n'y arrivent pas, avait-il assuré. Ils font leur course totalement contre moi, mais j'en ai l'habitude. Sur les trois ou quatre derniers Tours de France, c'était la même chose alors je me suis habitué, cela ne m'atteint pas."
La dimension de la psychologie dans ce duel était encore revenue sur la table au Lioran, quand Vingegaard a fini par répondre à l'attaque de Pogacar dans le Puy Mary avant de le devancer au sprint sur la ligne d'arrivée. "Non, je n'ai pas perdu de bataille psychologique, avait déclaré le Slovène dans un premier temps, avant de donner un discours peu plus nuancé au micro d'Eurosport. "Pour être complètement honnête, j'étais un peu dans le doute quand il (Vingegaard, NDLR) est revenu sur moi. J'ai manqué un peu de chance, Jonas en a eu quand Primoz Roglic l'a aidé dans l'ascension."
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Pogacar : "Je ne pense pas avoir perdu une bataille psychologique contre Jonas"

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"On ne gagne pas le Tour avec la psychologie"

Vingegaard avait pris à peu près le même soin à assurer qu'il n'avait pas gagné de bataille psychologique après la seconde reprise à Pogacar au classement générale grâce à son succès au Lioran. "Je ne pense même pas à ça", avait-il rétorqué, préférant mettre en avant la signification de son succès le premier après des mois de galères. Le lendemain, au départ d'Aurillac, il était pourtant encore question de mental dans l'autre camp, celui de Pogacar. "On ne gagne pas le Tour avec la psychologie, on le gagne avec les jambes", avait asséné Joxean Matxin Fernandez, manager de la formation émiratie. Au sein de celle-ci, Pavel Sivakov a quant à lui considéré que la Visma s'était placée dans la peau de la "victime" au départ de l'épreuve, pour duper sur le niveau de "Vingo".
Minimiser le phénomène ne clôt pas vraiment le débat. Au contraire. Cela laisse plutôt l'impression de lui donner de l'importance. C'est justement ce qui donne une autre tournure à cette bataille psychologique. Les mots reviennent trop souvent pour ne pas sentir qu'elle prend une place toujours plus importante dans mano a mano entre Pogacar et Vingegaard pour la victoire finale. Ce n'est pas forcément ce "mind game" qui fera la différence. Mais à force de nier sa présence, les deux protagonistes continuent de l'alimenter. En attendant peut-être un nouvel épisode dans les Pyrénées.
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Vingegaard : "Il y a trois mois, je ne m'en pensais pas capable"

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