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Les débats du Tour : Quelle note donner à ce Tour ? La plus grosse surprise ? La plus belle image ?
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Publié 25/07/2022 à 08:31 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2022 - Et voilà, c'est fini. Le voile est tombé sur la 109e édition de la Grande Boucle et il est déjà l'heure pour nous de se retourner dessus. Quelle note lui accordons-nous ? Quelle est, selon nous, la plus grosse surprise des trois semaines ? La plus belle image ? Ce sont nos derniers débats du Tour du Tour de France 2022.
Quick-Step Alpha Vinyl Team's Belgian rider Yves Lampaert celebrates with the overall leader's yellow jersey on the podium after the 1st stage of the 109th edition of the Tour de France cycling race, 13,2 km individual time trial stage in Copenhagen, in D
Crédit: AFP
Quelle note donner à ce Tour ?
Laurent Vergne
12,5/20. Ce qui est bien, mais pas top. Plus sérieusement, je ne me suis jamais vraiment ennuyé pendant ce Tour, mais il lui a manqué un petit, voire un gros quelque chose pour posséder une dimension supplémentaire. Ce souffle épique qui fait les éditions réellement marquantes. Peut-être un scénario un peu trop bien huilé, qui n'aura connu qu'un seul point de bascule, lors de l'étape du Granon.
Le Tour s'est en quelque sorte arrêté ici, en tout cas pour ce qui est de la lutte pour le maillot jaune. Le duel Vingegaard – Pogacar a été de haut niveau mais une fois passée le Granon, ce fut cousu de fil blanc. Mais rien que pour cette étape-là, une des plus belles en montagne depuis le début du XXIe siècle, la 109e édition mérite une note bien au-dessus de la moyenne. Mais on aurait aimé un peu plus de surprises, de "cliffhangers" qui nous tiennent en haleine.
Christophe Gaudot
12/20. Si, il y a trois semaines à Copenhague, quelqu'un, revenant du futur, vous aurait expliqué que Jonas Vingegaard allait remporter le Tour de France devant Tadej Pogacar sans vous dévoiler le scénario de la course, vous auriez sûrement imaginé beaucoup de choses. Pas forcément celles auxquelles nous avons assisté. D'un strict point de vue du classement général (je sais que ça ne fait pas tout et j'y reviendrai), je découpe ce Tour en deux parties distinctes : la première dominée, pour les favoris, par Tadej Pogacar et la seconde par Jonas Vingegaard. Et finalement dans l'une comme dans l'autre, le leader n'a jamais semblé en difficulté.
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C'était du grand spectacle : Le résumé d'une 11e étape de folie
Video credit: Eurosport
Vous me répondrez qu'il y a eu l'étape du Granon, c'est vrai et elle fut exceptionnelle mais c'est le seul jour où la lutte pour le maillot jaune a été bouleversée. Je trouve ça maigre. Pour le reste, oui il y a eu Wout van Aert, quelques belles histoires (Lampaert, Jakobsen, Jungels, Houle) mais ça ne suffit pas à mes yeux pour faire de ce Tour quelque chose d'inoubliable. Il le sera pour Jonas Vingegaard ou pour nous si son règne venait à s'étendre mais à chaud, je reste un peu sur ma faim.
Quelle a été la plus grande surprise ?
Amaury Erdogan-Gutierrez
Je ne vais pas vous faire un dessin, mais la moue interdite de Wout van Aert devant l’écran au moment où Yves Lampaert coupe la ligne d’arrivée du chrono inaugural (13,2 km) voulait tout dire. Qui, je dis bien qui, aurait misé ne serait-ce qu'un kopeck sur le Belge ? Personne, en dépit des qualités évidentes du fermier dans l’exercice solitaire, double champion national, en 2016 et 2021 (vice-champion en 2022).
Au moment de poser ses valises en terre scandinave, le flahute pouvait même gonfler le torse, fort d’un succès décroché sur le chrono du Tour de Belgique le mois dernier. Les qualités, Lampaert les a, mais la météo lui a aussi donné un sacré coup de pouce.
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Et Lampaert réalisa : son émotion en images
Video credit: Eurosport
Parti après les favoris du jour, le rouleur de la Quick Step Alpha-Vinyl s'occupait de faire grimper ses pulsions cardiaques au moment où les Wout van Aert, Filippo Ganna, Mathieu van der Poel, Tadej Pogacar, Primoz Roglic & co s’armaient de prudence dans le lacis étroit des rues détrempées de Copenhague. Le temps a fait des siennes, et Lampaert a scotché son monde, Van Aert compris.
Contempler le natif d’Izegem labourer les faubourgs comme les champs flamands et fixer sa bouille arrondie sur le podium… La surprise fut heureuse et totale. Le Tour, c’est aussi diriger la lumière vers ces seconds-couteaux dont les ambitions emphatiques ont fané depuis bien longtemps.
Christophe Gaudot
Le Tour dit-on, ne sacre que des grands coureurs. Remporter l'une des 21 étapes, une affaire réservée à une élite. Prenez la liste des 15 vainqueurs de cette année et jouez au jeu de l'intrus. Logiquement vous devriez arriver à la même conclusion que moi : Hugo Houle n'a, sur le papier, rien à faire là. Et pourtant le Canadien sera pour toujours vainqueur d'une étape du Tour de France.
Attention il n'est pas question de dire ici qu'Hugo Houle est un petit coureur. Mais rendez-vous compte, à 31 ans son palmarès ne faisait état que de deux titres de Canada du chrono et seulement d'une 7e place sur la 12e étape du Tour 2020. Et même sur les autres courses du calendrier, jamais il n'avait touché du doigt ne serait-ce que d'une belle victoire professionnelle.
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Tour de France : On board camera stage 16 focus on Hugo Houle
Video credit: Eurosport
Et pourtant sur cette 16e étape, c'est bien sa tête à lui qui a dépassé de l'énorme groupe lancé à la chasse à la victoire. Un groupe dans lequel figuraient Madouas, Storer, Vlasov, Teuns, Gerschke ou Caruso, que du très beau monde. Personne n'aurait misé sur lui mais Houle l'a fait au nom de son frère, décédé dans des circonstances tragiques il y a quelques années.
Quelle a été l'image la plus forte ?
Amaury Erdogan-Gutierrez
21 juillet, 18e étape dessinée entre Lourdes et Hautacam. Wout van Aert s’est levé tôt et Jonas Vingegaard a l’esprit encore tranquille malgré la victoire de Tadej Pogacar la veille au sommet de Peyragudes. Le Slovène, justement, reprend son travail de sape dès le col de Spandelles, dont la route étroite et les contours sauvages ont de quoi impressionner.
"Pogi" se dresse une fois, deux fois, trois fois sur les pédales. A la quatrième banderille, une fissure se lit sur le masque vitreux du maillot jaune, obligé de pédaler avec les épaules (et le reste) pour suivre le sillage de l’insolent slovène. De cette attaque franche, Pogacar a effleuré le plafond du Danois en montagne, bien heureux de plonger dans la descente au contact de son dauphin. Le maillot blanc l’a senti : la rupture n’est plus très loin.
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Pris à son propre jeu, Pogacar est tombé… mais Vingegaard l’a attendu
Video credit: Eurosport
Une tentative dans la descente de Spandelles plus tard, et le Scandinave a bien failli perdre l’équilibre, le Tour, et même plus que ça. Au lieu de ça, Vingegaard a piétiné quelques herbes hautes et repris sa place dans l’échappement de Pogacar, qui lui n’évitera pas le gadin. Attendu par le leader, le double tenant de l’épreuve a salué le geste sportif de son rival, et acté le prolongement d’une bataille sous un cadre plus conventionnel : en montée, à la pédale. C'est à ce moment-là que Pogacar a compris qu’il avait perdu le Tour, et accepté la supériorité physique (et morale) du Danois.
Laurent Vergne
Mercredi 13 juillet, col du Granon. Tadej Pogacar passe déjà sa cinquième journée en jaune. Il a déjà remporté deux étapes. Archi-favori il était au départ de Copenhague, archi-favori il est plus que jamais. Tout le monde le voit triompher une troisième fois consécutive sur les Champs-Elysées. Puis, tout d'un coup, à 4,5 kilomètres du sommet du terrible Granon, le Slovène coince. Puis craque franchement. Jonas Vingegaard est parti et il n'est pas le seul. Au sommet, le Danois sera en jaune. On ne le sait pas encore, mais ce Tour est "fini".
Quoi qu'il arrive à l'avenir, ce moment restera. Si Tadej Pogacar reprend la main et gagne encore un, deux, trois ou douze Tours supplémentaires, sa défaillance du Granon marquera un des points bas de sa carrière. Et s'il ne devait plus jamais remporter le Tour (après tout, qui peut le savoir ?), ce sera le date-référence de sa fin de règne si précoce. Malgré tout, il serait surprenant que ses deux sacres en jaune n'aient pas, un jour prochain, un petit frère. Au moins un.
Mais il avait tant dominé son sujet ces derniers mois, sur le Tour comme ailleurs, qu'on avait fini par croire qu'il était indéboulonnable. Alors l'image de son énorme coup de buis a surpris. Pour moi, elle est la plus marquante de ce Tour, avec une autre, quelques minutes plus tard : sitôt la ligne d'arrivée franchie, le Slovène, grand sourire aux lèvres, est allé saluer Vingegaard. On savait que le garçon savait gagner. Il sait aussi perdre.
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Le grand tournant du Granon : Vingegaard à l'abordage, Pogacar à la dérive
Video credit: Eurosport
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