Les débats du Tour : Vingegaard a perdu Roglic et Kruijswijk, est-ce une catastrophe ? Qui est le meilleur sprinteur ?

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TOUR DE FRANCE 2022 - Journée noire pour la Jumbo-Visma et Jonas Vingegaard qui a perdu Primoz Roglic et Steven Kruijswijk. Est-ce une catastrophe pour le maillot jaune ? Nous nous posons la questions dans nos débats du Tour. Au menu aussi, le sujet du meilleur sprinteur de l'édition 2022 après 15 étapes et l'opus pyrénéen que nous attendons le plus.

Roglic non-partant, chute de Vingegaard, abandon de Kruijswijk : Jumbo-Visma, journée noire

Video credit: Eurosport

Les pertes de Roglic et Kruijswijk sont-elles une catastrophe pour Vingegaard ?

Jean-Baptiste Duluc
Une catastrophe ? Peut-être pas. Mais cela reste un immense coup dur. Depuis le départ de Copenhague, si les suiveurs s’accordaient sur une chose, c’est bien sur la force collective de la Jumbo-Visma. La formation néerlandaise dominait le Tour de la tête et des épaules. Si Vingegaard est en jaune actuellement, c’est en grande partie grâce à la force de son équipe. Perdre deux équipiers est forcément un coup dur dans cet optique. Mais le "pire" c’est qu’il ne s’agit pas de n’importe quels coureurs.
Passe encore de perdre un Roglic qui n’en pouvait plus depuis quelques jours et qui était touché dans sa chair. Mais perdre Kruijswijk, l’un des meilleurs grimpeurs de cette formation, le lieutenant d’expérience de Vingegaard, avant la dernière semaine, très montagneuse, est bien plus périlleux.
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Vingegaard à terre : pas de casse mais une frayeur pour le maillot jaune

Video credit: Eurosport

Cela ne changera peut-être rien au rapport de forces entre le Danois et Pogacar, c’est possible. Mais, comme le Slovène le souligne lui-même en évoquant leurs formations respectives : "On peut dire désormais qu'on est à égalité". Et, ça, ça change beaucoup de choses. Et peut-être même tout.
Christophe Gaudot
Mathématiquement, Tadej Pogacar a raison. Techniquement, Jean-Baptiste n'est pas loin de la vérité non plus. Oui, les retraits de Primoz Roglic et Steven Kruijswijk sont un coup porté à la force des Jumbo-Visma. Cet atout qui a, en partie, fait basculer la course dans l'étape du Granon quand Tadej Pogacar s'est mis à chasser Jonas Vingegaard et Primoz Roglic. Est-ce pour autant une bascule avant la troisième semaine ?
Si Tadej Pogacar veut tripler la mise sur le Tour, il va devoir être plus fort que Jonas Vingegaard, pas que la Jumbo-Visma. Certes, sa tâche s'en trouve facilitée s'il veut faire péter la course loin de l'arrivée. Mais la finalité, ce sera de lâcher son adversaire danois. Et pour résister dans les cols hors-catégorie de la fin du Tour, ni Roglic, ni Kruijswijk, ni personne ne pouvait de toute façon aider Vingegaard. On l'a vu au Granon et rapidement à l'Alpe aussi, dans ces ascensions, les équipiers s'écartent vite et la différence se fait à la pédale entre favoris du général.
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Vingegaard : "J’ai juste des égratignures mais c’est une très mauvaise journée pour nous"

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Qui est le meilleur sprinteur du Tour ?

Christophe Gaudot
Fabio Jakobsen, Dylan Groenewegen, Jasper Philipsen, et pourquoi pas Wout van Aert, qui faut-il le rappeler a terminé deuxième des trois sprints massifs du Tour, ou encore Mads Pedersen il y a du choix. Plus en tout cas qu'en 2021 quand Mark Cavendish se posait en indiscutable titulaire du poste. J'écarte la candidature du maillot vert à qui il manque un succès dans l'exercice. Et je sacre… Fabio Jakobsen meilleur sprinteur de ce Tour 2022 après 15 étapes.
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Jakobsen frappe dès le premier sprint : l'arrivée de la 2e étape

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Le Néerlandais a frappé le premier, ce qui lui confère un très, très léger avantage sur les autres. Surtout, son succès à Nyborg n'avait souffert d'aucune contestation possible. L'impression de supériorité qui avait été la sienne avait laissé entrevoir une domination à la Cavendish. Il n'y en a rien été puisque le lendemain Dylan Groenewegen lui avait rendu la pareille. Alors pourquoi pas ce dernier ?
Le sprint de Sonderborg avait été plus chaotique que son devancier de la veille, ce qui a, entre autres, permis aux coureur de la BikeExchange de s'imposer et empêché Jakobsen de sprinter. Quant à Jasper Philipsen, je salue sa régularité mais ce dimanche, il n'a pas battu Jakobsen, qui avait été éliminé, et dominé un Groenewegen exténué.
Jean-Baptiste Duluc
Fabio Jakobsen est-il le meilleur sprinteur du monde (et donc potentiellement des engagés) ? C’est probable. Est-il le meilleur sprinteur sur cette 109e édition ? Non. En tout cas, il me semble impossible de le sacrer avec un seul sprint dans lequel il a pu s’exprimer véritablement. Pour moi, le meilleur sprinteur de ce Tour 2022 est Jasper Philipsen.
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Cruel pour Thomas, jouissif pour Philipsen : le dernier kilomètre en vidéo

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Il ne s’agit évidemment pas d’en faire ainsi le plus fort de tous intrinsèquement mais le Belge n’a pas quitté le top 5 des arrivées "plates" du début de Tour (5e à Nyborg, 3e à Sonderborg et 2e à Calais) et, au-delà du résultat brut, le sprinteur d’Alpecin-Deceuninck était celui qui laissait la plus grande impression de vitesse de pointe dans l’emballage. Mais son placement laissait à désirer. Cela n’a pas été le cas ce dimanche à Carcassonne où il s’est parfaitement calé dans la roue de Pedersen. Et il n’y a pas eu débat.
On pourra toujours redire sur la fraicheur de Groenewegen, sur la non-présence de Jakobsen, mais savoir être présent, passer les bosses, est à mon sens plus un qualité qu’un défaut. Y compris pour un sprinteur. Mais si Philipsen veut clore le débat, il sait ce qu’il a à faire : gagner sur les Champs-Elysées dans une semaine.

Quelle étape des Pyrénées attend-on le plus ?

Jean-Baptiste Duluc
J’aime le format réduit de Peyragudes mais j’ai peur qu’elle ne débouche sur une course d’attente, à cause de son final terrifiant (300m à 12%) mais, surtout, à cause du fait qu’il ne s’agisse pas de la dernière étape pyrénéenne. L’étape d’Hautacam ne souffrira pas de cet écueil. L’enchainement Aubisque-Spandelles-Hautacam est à mon sens l’un des meilleurs des Pyrénées.
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Tour de France Stage 18 profile and route map: Lourdes – Hautacam

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La longueur de l'Aubisque (16km) associée à la difficulté de Spandelles (10,3km à 8,3%) offre un terrain de jeu parfait pour les grandes manœuvres, d’autant que la descente de ce dernier est très technique et périlleuse. Inédit sur le Tour, le col de Spandelles s’annonce être un immense chantier et il faudra être placé au pied, sous peine d’avoir de grosses difficultés pour remonter, sur la route étroite de l’ascension. Et il ne faudra pas oublier Hautacam.
Si la montée finale gâche un peu l’enchainement précédent, elle n’en reste pas moins l’une des ascensions les plus difficiles du Tour, avec une pente irrégulière qui peut faire exploser les meilleurs grimpeurs. Ses trois cols s’enchaineront en seulement 83 km, avec à peine quatre de plat en tout et pour tout sur cette section. Avec la fatigue accumulée sur ce Tour dantesque et lors des deux premiers opus pyrénéens, cette 18e étape a tout de la journée idéale pour renverser le général. Après, ce sera trop tard.
Christophe Gaudot
Bien sûr Hautacam est une ascension historique autant qu'un nom qui claque plus à l'oreille que Peyragudes. Bien sûr, le passage à l'Aubisque me touche, j'ai toujours trouvé ce col plus effrayant que bien d'autres sur le Tour (ne me demandez pas pourquoi…). Mais voici pourquoi j'attends plus l'étape de Peyragudes que celle du lendemain.
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Tour de France Stage 17 profile and route map: Saint Gaudens – Peyragudes

Video credit: Eurosport

A Foix, les favoris devraient arriver groupés. Les écarts, relativement importants au sommet (2'22'' entre Pogacar et Vingegaard) et très limités juste en-dessous (2'02'' entre Pogacar 2e et Gaudu 8e). Avant l'étape de Peyragudes, ça sentira très fort le feu d'artifice. Le format court, les paysages somptueux (le Lac de Payolle…) et l'arrivée ô combien difficile dans les terribles pourcentages vers l'altiport, autant de raisons d'attendre la 17e étape avec impatience. Et si Romain Bardet pouvait, en prime, refaire le coup de 2017 et s'offrir l'étape qu'il désire tant…
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