Tour de France - Covid-19 - La journée de repos... et celle de tous les dangers

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TOUR DE FRANCE 2022 – Lundi, les coureurs font relâche. Un repos bienvenu avant le terrible menu qui attend le peloton dans cette deuxième semaine. Pour autant, les heures qui viennent s'annoncent stressantes : tout le monde doit se soumettre à un test PCR. La crainte d'un résultat positif hante tous les rescapés. Le Covid-19 va-t-il changer la face de ce Tour 2022 ?

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Ils partirent 176 et revinrent... combien ? Onze coureurs ont quitté la course à l'aube de cette deuxième journée de repos. Aux traditionnels impondérables (chutes, blessures, etc.) s'ajoute cette année la problématique du Covid-19. Elle n'est certes pas nouvelle mais lors des deux dernières éditions de l'ère coronavirus, la menace n'avait jamais semblé aussi prégnante que ces derniers jours. En pleine septième vague, les organisateurs n'ont qu'une crainte : que le maillot jaune se joue à la roulette russe, ou plutôt à la roulette test.
Sans compter ceux qui avaient déjà dû renoncer lors des jours ayant précédé le grand départ de Copenhague, trois coureurs ont abandonné ce week-end après un test positif : Geoffrey Bouchard (AG2R Citroën), le coéquipier de Tadej Pogacar Vegard Laengen (UAE Emirates) et Guillaume Martin (Cofidis). Le danger se précise et l'inquiétude monte.
Dans les vingt-quatre prochaines heures, le trouillomètre sera même au maximum. Et pour cause : entre dimanche soir et lundi matin, les 165 coureurs encore en lice ont ou vont effectuer un test PCR. Tous ceux qui seront positifs ne prendront pas le départ de la 10e étape mardi matin à Morzine. Jusqu'ici, les coureurs n'étaient testés qu'en cas de symptôme ou quand un membre de l'équipe était positif. Lundi, tout le monde, sans exception, devra y passer.
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Gaudu : "Oui, ça fait peur"

La journée de repos sera donc aussi celle de tous les dangers. "Oui, ça fait peur, on n'est pas à l'abri de se faire tester positif et on a tous une épée de Damoclès au-dessus de la tête, admet David Gaudu (Groupama FDJ), actuellement 5e du classement général. Il faut essayer de passer outre. On fait attention au maximum mais on est à l'abri de rien." Cela, tout le monde l'a bien compris. Le Covid ne fait pas de distinction. Maillot jaune ou lanterne rouge, peu lui importe. Il contamine quand l'occasion se présente.
Tadej Pogacar n'est donc pas moins menacé qu'un autre, même si son équipe prend toutes les mesures possibles. Mais un de ses membres a déjà été touché. "Tadej a autant de risque que n'importe qui de se faire contaminer, rappelle chez nos confrères de Velonews Adriano Rottuno, le médecin chef de l'équipe des Emirats. Les conséquences seraient peut-être plus terribles pour lui que pour d'autres parce qu'il a le maillot jaune, mais un virus est un virus. On essaie de limiter ces risques autant que possible, mais c'est très compliqué."
Dimanche, pour le deuxième soir consécutif, sa conférence de presse d'après-étape a largement tourné autour du Covid-19. Un signe qui ne trompe pas alors que le sujet n'était guère abordé jusqu'ici. Il planait, mais la donne est différente avec les trois cas de ces quarante-huit dernières heures, dont un le touchant de près.
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Doigts croisés, thématique du jour

"Ce que je peux dire, c'est que nous faisons très attention, avec un coureur par chambre. On espère rester en sécurité", a dit prudemment le Slovène, sans doute perturbé par cet élément sur lequel il n'a (presque) aucune prise. Le double tenant du titre, habitué à tout maîtriser sur le Tour, doit composer avec cet adversaire invisible mais qui est peut-être le plus gros danger pour lui sur la route d'un troisième sacre consécutif. Comme les autres, il va traverser cette journée de repos avec une boule au ventre. "On garde les doigts croisés pour le test d'aujourd'hui...", soupire-t-il.
Chacun se rassure comme il peut. Pogacar rappelle que, comme tous ses coéquipiers, il est dans une chambre individuelle. Jonas Vingegaard, lui, se satisfait pour le moment en se disant que "nous (les Jumbo Visma) n'avons pas encore été touchés donc tout va bien de ce côté-là". Mais le Danois n'est pas naïf. "Il y a toujours une 'chance' de l'attraper", admet-il avant de paraphraser sans le savoir son grand rival : "Je croise les doigts pour lundi." Ce sera la thématique du jour. Curieuse journée de repos, décidément.
Il y a quand même ceux qui se sentent un peu plus tranquilles que d'autres. Comme les compères britanniques de chez INEOS Grenadiers, Adam Yates et Tom Pidcock, qui occupent respectivement les 4e et 7e places du classement à l'approche de la mi-Tour. Tous deux ont contracté le virus lors du dernier Tour de Suisse, tout comme Thibaut Pinot ou Aleksandr Vlasov. Ils craignaient de ne pas être rétablis à temps et de manquer le Tour de France. Aujourd'hui, ils se disent que c'était peut-être un mal pour un bien et le risque d'être à nouveau positif semble minime pour eux. Pidcock s'en amuserait presque : "J'ai dit à Adam, on va finir à deux à Paris et on va faire le doublé !"
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