Tour de France - Pour Bradley Wiggins, Tadej Pogacar a déjà gagné
Par Laurent Vergne
Publié 09/07/2022 à 00:10 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2022 – Deux victoires en deux jours et un maillot jaune consolidé. Tadej Pogacar est plus que jamais le patron du Tour. Au point que Bradley Wiggins en a vu assez. Pour l'ancien vainqueur de l'épreuve, cette édition 2022 est d'ores et déjà pliée. Paradoxal, alors que le Slovène compte à peine plus d'une demi-minute sur Jonas Vingegaard ? Oui et non.
Tour de France : Stage 7 - Tadej Pogacar's celebration on board
Video credit: Eurosport
Ce que Pogi veut... Tadej Pogacar avait déjà gagné jeudi à Longwy, mais cela ne lui suffisait pas. Après s'être imposé pour prendre le maillot jaune, il a cette fois triomphé avec le maillot jaune. Parce qu'il en avait fait une affaire de principe. La Super Planche des Belles Filles, première arrivée au sommet (et première ascension) de ce Tour 2022, était pour lui. C'était écrit. En tout cas, il l'avait décidé. "J'avais cette étape depuis longtemps en tête, en réalité depuis la présentation du parcours. J'en avais fait un gros objectif", a-t-il avoué vendredi dans la station vosgienne une fois parvenu à ses fins.
Tout le monde l'a compris depuis maintenant deux ans, le jeune homme est du genre à mettre ses actes en adéquation avec ses intentions. C'est ici que la période de domination de Pogacar sur le Tour de France a débuté, lors de ce fameux contre-la-montre qui avait décidé du sort du Tour 2020.
"Il s'est passé beaucoup de choses depuis ma victoire ici en 2020", tempère-t-il. Mais chrono ou étape en ligne, Planche ou Super Planche, peu importe, le résultat a été le même. Mais ce n'est pas que pour des raisons sportives qu'il voulait marquer les esprits : "Mon épouse Urska était là sur la ligne d’arrivée, et le reste de ma famille au pied de la montée."
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Le duel a été somptueux : Pogacar a puisé loin pour dépasser Vingegaard au sommet
Video credit: Eurosport
Le 'Tadej Time'
Sa suprématie s'affirme jour après jour, mais vendredi, il a tout de même trouvé à qui parler avec Jonas Vingegaard. On a même cru que le Danois allait s'imposer, avant qu'il ne finisse par céder dans les derniers mètres. "Jonas a attaqué vraiment fort, souligne le maillot jaune. Mais je me suis dit qu'après le travail fourni par mes équipiers toute la journée, il fallait que j'attaque jusqu'à la ligne." Ce que 'Pogi' veut, on vous dit...
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Pogacar : "Vingegaard est mon adversaire principal"
Video credit: Eurosport
Paradoxalement, alors qu'il se promène à chaque étape et sur tous les terrains, Pogacar ne compte encore "que" 35 secondes d'avance sur Vingegaard. C'est peu, avec 14 étapes à venir et toutes les principales ascensions, moins celle de la Planche. Pourtant, Bradley Wiggins, vainqueur de l'édition 2012 et consultant sur Eurosport UK, : "Je pense que le Tour est fini, à moins d'une chute. Il est Tadej Pogacar. On n'est pas en train de parler de Mickey Mouse, là. Nous avons fait une semaine de course et on entre dans le 'Tadej Time'", juge l'Anglais dans son podcast The Bradley Wiggins Show.
"Je sais qu'on va me dire 'Oh, tu ne peux pas dire ça, il faut que le public continue de s'intéresser', reprend Bradley Wiggins. Je comprends tout ça, mais je pense simplement que le Tour est terminé, parce que face à ses principaux adversaires, il a prouvé qu'il était le meilleur. Alors, à moins d'un crash, d'une blessure, du Covid... Il faudrait qu'il s'écroule physiquement et c'est difficile d'imaginer ça puisqu'il ne s'est jamais écroulé physiquement."
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Tadej Pogacar vainqueur à la Super Planche des Belles Filles.
Crédit: AFP
"Le Tour est loin d'être terminé", rappelle de son côté le maillot jaune. Il ne peut évidemment pas dire autre chose. En réalité, sur un plan factuel, il est presque absurde de considérer que la messe est dite alors que l'essentiel des difficultés du parcours est à venir. Une demi-minute peut très vite s'envoler. Mais ce que Bradley Wiggins ose dire est sans doute ce que tout le monde ou presque ressent, plus encore qu'il ne le pense. Son impression de facilité, son aisance, le fait qu'il ne connaisse jamais de pépins, tout ceci pousse effectivement à se dire que l'issue a quelque chose d'inéluctable.
"Rien n'est fait, il n'y a pas d'écarts énormes au classement général, insiste le leader du Team UAE Emirates. On a vu aujourd'hui que beaucoup de coureurs sont très forts. La semaine prochaine, on ira beaucoup plus haut. Vingegaard est un grand grimpeur, un des meilleurs du monde et peut-être le meilleur du moment. Il sera bien sûr un rival pour moi, il a aussi une équipe très forte."
Consensuel, ou pragmatique c'est selon, Tadej Pogacar reste donc sur ses gardes, mais il sait aussi ce qu'il vaut. "Je me sens bien. J'ai confiance", dil-il dans un sourire dont on ne sait trop s'il est enfantin ou carnassier. Les deux, peut-être. Rien ne lui fait peur. Pas même l'hypothèse (d'ailleurs improbable à ce jour) d'une alliance de tous ses adversaires pour le déstabiliser. Lorsqu'on lui soumet l'idée, il conclut d'une autre évidence : "Une alliance contre moi ? Peut-être. Mais à la fin, ce sont les jambes qui parlent." Les siennes ont le verbe trop haut pour qui que ce soit.
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Pogacar trop fort, Vingegaard trop court, Kamna si proche : le résumé de la 7e étape
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