Un hommage à Vingegaard et le sourire : Pogacar, l'élégant vaincu

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TOUR DE FRANCE 2022 - Sauf miracle pour lui ou catastrophe pour Jonas Vingegaard, Tadej Pogacar ne réalisera pas le triplé après ses deux victoires de 2020 et 2021. Le jeune Slovène de l'équipe UAE Emirates a baissé pavillon jeudi à Hautacam, où Vingegaard et ses hommes étaient trop forts pour lui. Mais "Pogi" accueille ce premier revers sur le Tour avec une certaine classe.

Le résumé : Pogacar a tout tenté, a chuté, puis Vingegaard et la Jumbo l'ont essoré

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Ce fut le scénario du pire pour Tadej Pogacar vendredi. Le Slovène espérait réduire son handicap sur Jonas Vingegaard à Hautacam. Mais c'est finalement lui qui a bu la tasse en concédant plus d'une minute au maillot jaune en haut de la toute dernière ascension digne de ce nom de cette 109e édition. Mercredi soir, après sa victoire à Peyragudes, il se voulait encore "optimiste" pour la victoire finale. Vingt-quatre heures plus tard, le ton a changé. "Pogi" admet sa défaite, rend les armes et brandit un drapeau aussi blanc que son maillot. Mais il le fait avec une élégance certaine.
Le jeune triomphateur inattendu du Tour 2020 puis le souverain à la domination aux accents totalitaires de l'été 2021 ont laissé place à un roi nu. 2022 va, sauf invraisemblable retournement de situation, marquer la première "défaite" de Pogacar sur la Grande Boucle. Mais il a le sentiment d'avoir tenté tout ce qui était de l'ordre du possible. "Je ne pouvais pas avoir une plus belle manière de perdre le Tour de France, a-t-il lâché à Hautacam. J'ai tout donné, en pensant au classement général, et je pourrai quitter la course sans regrets."
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La première banderille : Pogacar attaque à 40 km de l'arrivée

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Ce garçon a sans doute ses défauts, mais personne n'aura l'audace d'aller le titiller sur son côté mauvais perdant. Au Granon, la semaine dernière, il arborait encore un grand sourire après avoir rendu son maillot jaune au profit de Jonas Vingegaard, qu'il était aussitôt venu féliciter. "J'ai beaucoup aimé cette image, ce garçon a la même fraîcheur après une victoire qu'après un moment plus difficile comme celui du Granon", soulignait le patron du Tour Christian Prudhomme le week-end dernier.
On ne pourra pas non plus lui reprocher de ne pas avoir essayé de reprendre la main. Depuis la prise de pouvoir de Vingegaard, ce dernier a été attaqué à l'Alpe d'Huez, à Mende et dans à peu près tous les cols des Pyrénées. Jusqu'à Hautacam, où grimaçant dans les roues de Vingegaard et celles de van Aert, il n'a pu tenter la moindre offensive. On a fini par comprendre pourquoi : il n'était même pas en mesure de suivre le le rythme du tandem jaune et vert de la Jumbo-Visma. Peut-être les fruits de toutes ses accélérations vaines et/ou de sa chute dans la descente du col des Spandelles, juste avant d'attaquer Hautacam.
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Van Aert a lâché Pogacar, puis Vingegaard s'est envolé : comment la Jumbo-Visma a scellé le Tour

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"J'ai tout donné parce que je pensais au maillot jaune, pas à la victoire d'étape. J'ai commencé à attaquer au maximum dans l'avant-dernière ascension (Spandelles, NDLR), je pensais qu'il me restait encore des forces pour la dernière montée, admet-il. J'ai voulu attaquer dans la descente mais je suis allé un peu trop loin et je suis tombé." Il souhaitait pousser son adversaire à la faute, mais c'est lui qui a fini par la commettre. "Cette chute m'a coûté de l'énergie, ajoute-t-il. J'ai essayé de suivre les Jumbo-Visma jusqu'au bout, mais ils étaient trop forts." Trop forts, oui. Pour tout le monde. Même pour lui.
Sa chute a peut-être contribué à refermer définitivement le cercueil de ses illusions. Mais même sans cela, il est difficile d'imaginer un scénario où Tadej Pogacar aurait pu reprendre le pouvoir. Puis il n'est pas non plus fâché de s'incliner face à ce bourreau-là. Quitte à perdre... "Je n'ai que du respect pour Jonas et je pense qu'on se respecte mutuellement, relève le maillot blanc. Aujourd'hui, le meilleur a gagné, Jonas était plus fort que moi. Jumbo-Visma a fait un travail parfait sur ce Tour de France. Je leur tire mon chapeau."
Une deuxième place, trois victoires d'étape (pour l'instant puisque, comme il le dit, il fera "tout pour gagner le chrono") et un maillot blanc, certains vendraient père et mère pour vivre un tel Tour une fois dans leur carrière. Mais Tadej Pogacar a posé des standards si élevés lors de ses deux premières participations que les attentes autour de lui sont délirantes. Pour résumer, le triomphe ou l'échec. Le jeune Slovène est peut-être plus mature et philosophe qu'on ne l'imaginait. Il sait prendre de la hauteur, en tout cas. "C'est une belle deuxième place, j'en suis fier", conclut-il. Son visage, émacié par l'effort mais toujours souriant, ne disait pas autre chose jeudi soir à Hautacam.
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Pris à son propre jeu, Pogacar est tombé… mais Vingegaard l’a attendu

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