Les débats du Tour : Vingegaard-Van Aert, quelles ambitions pour Lafay et Philipsen favori à Bayonne lundi

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Alors que le week-end basque qui lançait le Tour de France lui correspondait, Wout Van Aert en ressort sans victoire. Un coup de main de Jonas Vingegaard aurait pu changer la donne ce dimanche. Devait-il le lui donner ? C'est l'objet de nos débats du Tour. On se demande aussi vers quelles ambitions doit se tourner Victor Lafay et qui est le favori du premier sprint attendu à Bayonne, lundi.

Pogacar intenable, Lafay génial : le résumé de la 2e étape

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Quel favori à Bayonne ?

Jean-Baptiste Duluc
Je ne vais sûrement pas être très original mais je dirais Jasper Philipsen, pour toutes les raisons possibles et imaginables. Le profil, déjà. Après deux étapes exigeantes dans les pattes, il faudra faire avec une première partie de journée usante sur le littoral basque, et Philipsen est sans doute le sprinteur qui passe le mieux les bosses, ce qui sera aussi utile dans un final "mal plat". L’équipe, ensuite. Sur le papier, Alpecin-Deceuninck est sans doute la mieux armée pour lancer un sprinteur, ayant été construite "uniquement" pour cela.
Enfin, et c’est sans doute le plus important : Jasper Philipsen est très probablement le meilleur sprinteur du monde depuis un an. Cette saison, le Belge a disputé 8 sprints massifs pour 6 victoires et deux 2e places. Seul Fabio Jakobsen l’a battu en 2023 mais je pense que le Néerlandais aura plus souffert que le vainqueur de l’étape des Champs-Elysées l’an dernier dans le Pays Basque espagnol et c’est pour cela que j’imagine Philipsen en vainqueur à Bayonne. Jakobsen devra attendre un jour de plus.
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Stage 3 profile and route map: Amorebieta-Etxano - Bayonne

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Christophe Gaudot
Impossible pour moi de ne pas être d'accord avec Jean-Baptiste. S'il faut désigner un favori pour le premier sprint massif attendu de ce Tour de France 2023, il me paraît impossible de citer un autre nom que celui de Jasper Philipsen. Le Belge a tout pour lui, comme l'a énoncé Jean-Baptiste. La pointe de vitesse déjà, condition sine qua non s'il en est, mais aussi les qualités pour éviter les pièges de la route et que pourraient tenter de lui tendre ses adversaires.
A vrai dire, c'est peut-être là que réside le danger pour Philipsen et son équipe Alpecin-Deceuninck. Il n'est jamais bon, sur le Tour de France, d'être l'unique favori d'une étape. Ses coéquipiers auront tout le poids de la course sur les épaules et les autres auraient tout intérêt à les laisser travailler. Mais même avec ce piège potentiel, j'imagine bien Philipsen lever les bras à Bayonne.

Vingegaard aurait-il dû aider Van Aert dans le final ?

Jean-Baptiste Duluc
"Je pense qu’il va y avoir un petit règlement de comptes entre Van Aert et Vingegaard”, disait notre consultant Jacky Durand dans Les Rois de la Pédale et je suis d’accord avec lui. Je peux comprendre que le Danois veuille faire le moins d’effort possible avant la montagne, mais il y a aussi un minimum de respect et d’esprit d’équipe à garder à l’aube de trois semaines où il devrait compter sur ses équipiers. D’autant que personne ne lui demandait de rouler des kilomètres - Kelderman et Benoot étaient là pour cela - et qu’il s’est sans doute autant épuisé à sprinter au sommet du Jaizkibel.
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"Je pense qu'il va y avoir un petit règlement de comptes entre Van Aert et Vingegaard"

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Non, lancer Van Aert vers la victoire d’étape alors que ses deux équipiers étaient en bout de course dans le dernier kilomètre relevait du bon sens, plus que du sacrifice. Il a montré sur le Dauphiné qu’il en était capable (pour Laporte) et c’est sans doute ce qui a manqué au Belge pour gagner ce dimanche. S’il ne s'était pas montré frustré samedi, Van Aert l'était à San Sebastian et cela se comprend. Lui qui va devoir se dépouiller pour Vingegaard en montagne aurait bien voulu un petit coup de main. En ne le faisant pas, le Danois a commis une erreur vis-à-vis de son équipier. Même si je doute qu’il le paie sur le Tour…
Christophe Gaudot
Netflix a-t-il déjà fait du mal à la Jumbo-Visma dans ce Tour de France ? Wout van Aert comme Jonas Vingegaard ont pointé les histoires "inventées" dans la série que la plateforme a produite sur la Grande Boucle. On y devinait une sorte de rivalité sous-jacente entre le leader des Jumbo-Visma, Vingegaard, et l'un des meilleurs coureurs du monde, Van Aert. Sans ça, la Belgique aurait-elle autant débattu du rôle du Danois dans l'échec de "WVA" samedi ? Je n'en suis pas sûr.
Or, si l'on se pose la question ce dimanche, c'est aussi parce qu'il y a l'épisode de samedi. Mais le rôle d'un tenant du titre du Tour de France, candidat à sa propre succession, doit-il être d'aider un coéquipier à remporter une étape ? En lui laissant le champ libre peut-être, en fin de Tour quand la victoire est acquise, pourquoi pas. Avant, je n'en suis absolument pas certain et si Van Aert a besoin que Vingegaard lui rende un service pour rouler pour lui, c'est que les rôles sont mal répartis et que la Jumbo-Visma a un problème à régler.

Lafay, plus qu'un vainqueur d'étape ?

Christophe Gaudot
"Il y a très peu de coureurs qui gagnent une étape sur le Giro et sur le Tour de France : à 27 ans, il a déjà réussi cet exploit. Ça va lui donner de nouvelles ambitions et de nouvelles responsabilités, l'équipe est prête à l'accompagner pour atteindre de nouveaux sommets." Qui, si ce n'est Cédric Vasseur, son manager chez Cofidis, connaît mieux Victor Lafay ? Après deux jours, le Lyonnais a déjà réussi son Tour de France, ce que personne ne peut dire à part lui dans le peloton.
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Lafay, le timing parfait : son coup du kilomètre en vidéo

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Une victoire sur le Tour de France change une carrière. Une deuxième ? Elle confirme que la première n'était pas un coup de chance, ce qui n'arrive jamais sur le Tour, mais elle n'a pas la même portée. Vasseur évoque "de nouveaux sommets" et une équipe prête à "l'accompagner". Il a forcément en tête le général et à vrai dire avec les jambes qu'a Lafay, il aurait tort de se priver. C'est peut-être maintenant ou jamais pour tenter le coup. L'avantage, c'est qu'il saura vite, dans les Pyrénées ou au Puy de Dôme, s'il en est capable.
Jean-Baptiste Duluc
Je rejoins Christophe sur le fait que Victor Lafay se doit de tenter le coup. Déjà parce qu’il y a potentiellement un maillot jaune à aller chercher dans les Pyrénées mais aussi car Guillaume Martin, son leader sur le papier, a déjà perdu du temps à deux reprises (26e au général à 1'41''). Il serait donc logique de voir le Lyonnais essayer de tenir la roue des favoris dans cette première semaine. Pour autant, je ne vois pas vraiment comment il pourrait rester au contact bien longtemps.
Il faut toujours se méfier des trajectoires que peuvent prendre les carrières, surtout après le déclic d’une victoire sur le Tour de France, mais le Français n’a jamais été autre chose qu’un excellent puncheur-grimpeur. Il est capable de limiter la casse en montagne (4e de l’étape-reine de la Route d’Occitanie en juin) mais n’a jamais vraiment montré qu’il pouvait suivre les meilleurs, loin de là. Sa meilleure performance ? Une 23e place au Zoncolan sur le Giro 2021, à 2'21'' d’Egan Bernal. Pas de quoi laisser supposer un quelconque top 10 au général sur ce Tour 2023, du moins, pas à la pédale. En revanche, en multipliant les échappées, on ne sait jamais…
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