Tour de France 2023 - 10e étape : Le jour des baroudeurs, le jour d'Alaphilippe ?
Par Laurent Vergne
Publié 11/07/2023 à 09:50 GMT+2
Au lendemain de la première journée de repos, le Tour de France met le cap sur Issoire. Une traversée musclée du Massif Central, mais probablement pas suffisamment pour relancer le duel Vingegaard - Pogacar dès ce mardi. En revanche, les baroudeurs au profil de puncheurs vont se régaler. Parmi eux, Julian Alaphilippe, évidemment, a le profil idéal.
Stage 10 profile and route map: Vulcania - Issoire
Video credit: Eurosport
Un lendemain de journée de repos est toujours un moment particulier sur le Tour de France. La phrase classique, tel un marronnier, c’est : "On ne sait jamais comment les jambes vont répondre". C'est un cliché, mais c'est vrai. D'autant plus quand le parcours de la journée de reprise est aussi dur que celui de cette 10e étape entre Vulcania et Issoire, via la chaîne des Puys, au cœur du Massif Central.
"C'est une remise en route très difficile. Il n'y a quasiment pas de plat. Ça va jouer à saute-mouton avec les collines et même les petits cols toute la journée", tranche Thierry Gouvenou, le dessinateur du parcours du Tour chez ASO. C'est l'étape-type de moyenne montagne, sans véritable ascension impressionnante, mais avec des difficultés un peu partout, pas un mètre de plat et cinq ascensions répertoriées, donc un 2e catégorie, le col de la Croix Saint-Robert, malheureusement placé bien trop loin de l'arrivée pour peser sur la course.
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Video credit: Eurosport
La côte de la Chapelle-Marcousse, dont le sommet est situé à une vingtaine de kilomètres de la ligne à Issoire, peut peut-être donner des idées à quelques coureurs comme Tadej Pogacar ? "Je ne vois pas les coureurs du général s'engager sur ce terrain-là", relativise Gouvenou. Pour voir les gros bras bouger, sans doute faudra-t-il attendre le Grand Colombier vendredi, qui ouvrira une longue série de rendez-vous majeurs pour le classement général. A moins que certains ne décident d'anticiper dès jeudi vers Belleville-en-Beaujolais et ses deux 2e cat' dans le final.
Ce mardi, en revanche, c'est LA journée idéale pour les attaquants. Trop dur pour un sprint final, pas assez pour une baston générale au classement du même nom. "C'est vraiment réservé aux baroudeurs", a jugé auprès de l'AFP Thierry Gouvenou. Il y a une étape à aller chercher et, pour certains, un possible replacement au classement si l'échappée trouve le bon équilibre avec une avance conséquence sans menacer outrageusement le Top 5 au général.
"Des coureurs du style de Julian Alaphilippe ont vraiment de quoi se mettre sous la dent pour aller chercher une victoire d'étape", estime encore Thierry Gouvenou, comme s'il avait eu en tête le puncheur tricolore au moment de tracer cette 10e étape. Le double champion du monde, peu en réussite depuis le Grand départ de Bilbao, à l'image de toute son équipe Soudal – Quick Step d'ailleurs, va effectivement trouver un terrain de jeu très favorable.
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Julian Alaphilippe, lors de la 6e étape du Tour de France 2023
Crédit: Getty Images
Cavagna surmotivé "à la maison" ?
Alaphilippe semble même avoir le profil idéal pour chasser cette étape. Il en est même peut-être le favori. Sur le papier en tout cas. Sa position au classement général est elle aussi favorable pour pouvoir attaquer. 27e à presque une demi-heure de Jonas Vingegaard, il ne dérange personne. Il serait donc très étonnant de ne pas le voir bouger, d'entrée pour prendre l'échappée, ou dans le final si la course le permet encore.
Mais Alaf' ne sera pas le seul à être poussé par l'envie mardi. Il y aura aussi les deux régionaux de l'étape. Romain Bardet et, sans doute plus encore, Rémi Cavagna. "Les baroudeurs seront motivés. J'en connais un qui va l'être tout particulièrement et c'est Rémi, prévient Bardet. Ce sont des coureurs, quand ils se mettent en route sur le plat, il faut serrer les cale-pieds". La lutte pour prendre le bon wagon annonce sans doute un début d'étape très engagé, d'autant qu'elle est courte (167 km).
Romain Bardet prédit "80% de chances" pour qu'une échappée aille au bout. Si sprint il y a, il ne sera pas massif, à coup sûr. Quoi qu'il en soit, le leader de l'équipe DSM se réjouit de traversées ces routes qu'il connaît si bien. "Des routes un peu d'un autre temps, dit-il. On ne croise personne, il y a des anciens foyers de ski de fond. Les routes ne sont pas larges. On voit des paysages un peu de steppes. On va montrer de magnifiques facettes de l'Auvergne".
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