Tour de France 2023 -13e étape : Tadej Pogacar va-t-il reprendre le maillot jaune à Jonas Vingegaard ?
Par Laurent Vergne
Publié 14/07/2023 à 13:26 GMT+2
Tadej Pogacar retrouve vendredi le Grand Colombier, où il s'était imposé en 2020. Si l'arrivée au sommet du géant jurassien avait généré des écarts assez minimes entre les meilleurs il y a trois ans, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour le Slovène, qui n'accuse que 17 secondes de retard au général sur Jonas Vingegaard. Ce dernier reste lui d'une sérénité totale.
Rétro Grand Colombier 2020 : Pogacar au sommet, Bernal en enfer
Video credit: Eurosport
Mine de rien, le temps doit commencer à lui sembler long. La dernière fois que Tadej Pogacar a porté le maillot jaune, c'était dans la fameuse étape du Granon l'an dernier. Le 13 juillet 2022. Un an et un jour sans voir la tunique qu'il a déjà endossée à 21 reprises. Ce jour-là, le Slovène avait perdu le Tour. Depuis, Jonas Vingegaard a porté le maillot jaune 18 jours. Pogacar, zéro. Il sourit, Pogi, il s'amuse, il arbore son maillot blanc non-stop, mais il en a sans doute assez de patienter.
Le Tour 2023 entre à partir de ce vendredi dans une phase sans doute décisive. Les cinq prochaines étapes ont de bonnes chances de décider du destin de cette 110e édition : quatre étapes de montagne plus un contre-la-montre en altitude. Les occasions de faire basculer la course ne vont pas manquer. On ose à peine dire que les choses très sérieuses reprennent après trois journées de transition depuis la journée de repos de lundi, tant le rythme a été intense, presque délirant, notamment mardi et jeudi.
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Quand Pogacar et Vingegaard jouent au chat et à la souris dans le col des Ecorbans
Video credit: Eurosport
Le souvenir de 2020
"C’est un très bon Tour, il y a eu de belles courses, à part deux étapes qui ont été très calmes, se réjouit le leader de l'équipe UAE. En tout cas je suis satisfait de cette journée (celle de jeudi). Je ne suis pas surpris que ça ait été difficile aujourd’hui, on savait que ça se passerait comme ça, comme il y a deux jours. Mais j'ai joué la sécurité, on a surveillé qu’il n’y ait personne de dangereux dans l’échappée."
Il est peu probable qu'il rejoue la sécurité durant ce long week-end de fête nationale. Trop contre-nature pour lui. Dès vendredi, au Grand Colombier, il espère passer à l'attaque. Il s'y était imposé en 2020. Avec le maillot blanc, devant le maillot jaune d'alors, Primoz Roglic. Il signerait pour un bis repetita vendredi.
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Stage 13 profile and route map: Chatillon-sur-Chalaronne - Grand Colombier
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"Le Grand Colombier, c’est une montée difficile, si je veux faire quelque chose, il faudra avoir de bonnes jambes", dit-il. Alors, est-ce le jour de sa (re)prise de pouvoir ? "Le maillot jaune, c’est l’objectif tous les jours et à chaque minute", assure-t-il, avant de se monter raisonnable : "Si j’arrive déjà à récupérer quelques secondes, je serais heureux."
La faiblesse de son retard sur Jonas Vingegaard, 17 secondes, ne le place effectivement pas dans un sentiment d'urgence absolue compte tenu du programme dantesque des jours à venir. Il faudra viser juste. Au puy de Dôme, Pogacar avait repris huit secondes à son adversaire au prix d'une attaque unique et tardive. Presque rien, mais suffisant pour réduire d'un tiers son débours et de mettre encore un peu plus la pression sur le Danois, qui doit sentir le souffle du maillot blanc sur sa nuque.
Pourtant, Vingegaard continue d'afficher une sérénité dont on saura bientôt si elle n'est que de façade. Sa marge s'effrite depuis la réplique de Pogacar à Cauterets-Cambasque il y a huit jours, mais pas sa confiance. "Je suis heureux d'être là où je suis en ce moment, a clamé l'homme fort de la Jumbo Visma jeudi soir. Je ne me préoccupe pas de savoir qui a le vent en poupe, je ne pense qu'à moi. Vous pouvez avoir un plan d'attaque, mais si vous n'avez pas les jambes, cela n'a pas vraiment d'importance." Une façon de dire "Cause toujours, Tadej."
Dans ce bras de fer chronométrique et psychologique, et si c'était lui qui reprenait la main ces jours-ci ? Dès le Grand Colombier ? Quand on lui demande si le terrifiant sommet jurassien convient mieux à Pogacar ou à lui, il botte en touche. Comme toujours : "C'est difficile de répondra à ça avant. Ce qui est sûr, c'est que c'est une ascension très difficile et aussi très longue. Mais comme toujours, tout dépendra de qui a les meilleures jambes. Si tu te sens fort, tu essaies d'y aller. Sinon, tu attends."
Depuis son coup de maître à Laruns dans la première étape pyrénéenne, le maillot jaune attend. Il réagit, plus qu'il n'agit. C'est un jeu potentiellement dangereux. Surtout avec une marge aussi peu confortable. C'est peut-être le moment de changer la donne. Jusqu'ici, celui qui, entre les deux hommes, a dégainé le premier, en a systématiquement tiré profit sur ce Tour. Même si la crainte d'un contre en forme de retour de bâton est toujours présente, la prise d'initiative reste à l'ordre du jour. A condition d'avoir les jambes.
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Fritsch : "Pogacar a une détermination dans le regard que je ne lui connaissais pas"
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