Tour de France 2023 | Alaphilippe, constat d’échec définitif ? Gaudu-Bardet, simple alerte ? Qui pour battre Philipsen ?

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David Gaudu et Romain Bardet ont eu chaud, au thermomètre comme au chrono un temps mardi. Faut-il s'inquiéter davantage pour les deux meilleurs Français au général après la 10e étape ? On se pose cette question dans nos débats du Tour. Au programme aussi les adversaires de Jasper Philipsen mercredi à Moulins, et Julian Alaphilippe qui n'a toujours pas pleinement convaincu mardi.

Démarrage fou et suspense à l'arrivée : le peloton n'oubliera pas cette 10e étape

Video credit: Eurosport

Simple alerte pour Bardet et Gaudu ?

Jean-Baptiste Duluc
. La confirmation que les deux Français ne sont pas du tout au niveau attendu et qu’il faudrait un miracle intersidéral pour voir l’un des deux Tricolores sur le podium à Paris. Voire dans le Top 5. David Gaudu évoquait après l’étape "un jour de repos mal digéré et un coup de chaud", c’est tout à fait possible. Après tout, on se rappelle de l’énorme défaillance du Breton en 2021 sur les pentes du Ventoux (73e, à 23'29'' de Pogacar), sous la canicule. Pour Bardet, l’affaire est différente puisqu’il semble surtout avoir explosé avoir tenté de se glisser dans l’échappée.
Reste que deux leaders seulement avaient été distancés du groupe des favoris après une trentaine de kilomètres : Gaudu et Bardet. Même Mikel Landa, pourtant à la rue depuis le début du Tour, avait réussi à tenir. Ça ne peut être un hasard. Heureusement pour les deux Français, le peloton a fini par se relever et cette journée potentiellement dévastatrice n’a eu que peu de conséquences chronométriques. Mais on ne peut être réellement surpris d’avoir vu les deux Français lâcher…
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Quand Vingegaard et Pogacar se lancent à l'avant à... 160 km de l'arrivée

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Christophe Gaudot
Je ne vais pas aller dans le sens de Jean-Baptiste. Je ne suis pas plus inquiet après cette 10e étape pour David Gaudu et Romain Bardet que je ne l'étais dimanche au soir de l'étape du puy de Dôme. Le duo n'a, à l'évidence, pas les jambes de sa vie. Mais à mes yeux, ce n'est pas la forme de l'un et de l'autre qui est en cause dans leur défaillance du jour qui, faut-il le rappeler, n'a eu aucune conséquence importante au général puisque s'ils ont perdu une place au profit de Pello Bilbao, les deux Français n'ont pas perdu du temps.
Je crois en la théorie du coup de chaud pour Gaudu. Le Breton n'est pas le premier coureur à se faire surprendre par un départ musclé au lendemain d'une journée de repos. De plus, son équipe n'aurait pas pu rouler si fort avec un leader amoindri dans la roue.
Du côté de Bardet, on a payé l'effort soutenu pour attaquer. Mais justement, s'il a tenté de se glisser dans l'échappée, c'est que le leader des DSM-Firmenisch avait les jambes pour le faire. L'un comme l'autre n'ont pas donné de gages d'amélioration dans le Massif Central, en revanche penser que leur niveau de ce mardi sera le leur pour le reste du Tour serait une erreur pour moi. Simple alerte, donc.

Alaphilippe, constat d’échec définitif ?

Jean-Baptiste Duluc
Les temps sont durs pour Julian Alaphilippe. Loin du compte au Pays basque où il rêvait de jaune, incapable de jouer en montagne, le Français avait une étape parfaite pour ses qualités actuelles : pour baroudeur, sans grand col, avec des descentes techniques et un final nécessitant une pointe de vitesse. Mais, même là, le puncheur de la Soudal-Quick Step n’a pas été en mesure de jouer la victoire.
Pire, il a réussi à ne jamais en être proche en étant dans la bonne échappée. Certes, il est rentré à contre-temps et a sans doute payé son effort. Mais Ben O’Connor (AG2R Citroën) est également sorti avec un temps de retard et a pris la 3e place de l’étape. Non, on a tout simplement l’impression - amère mais de plus en plus tenace - que Julian Alaphilippe est tout simplement rentré dans le rang. Il peut toujours gagner une étape sur ce Tour, bien sûr. Mais on se demande bien comment…
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Alaphilippe : "Je n'ai pas de souvenir récent de m'être autant fait mal sur le vélo"

Video credit: Eurosport

Christophe Gaudot
Pas facile d'être Julian Alaphilippe depuis deux ans. Après des années fastes marquées par des succès en tous genres, le Français a connu une saison 2022 cauchemardesque et il semble courir après son niveau. De nombreuses fois on a cru déceler les prémices d'un retour au premier plan, y compris sur ce Tour. Mais la 10e étape a livré un verdict assez terrible : dans une échappée qu'il aurait écrasée à son meilleur niveau, le double champion du monde n'a pu faire que dixième.
Si l'on juge l'échec d'Alaphilippe à l'aune du niveau qui était le sien quand il était le meilleur coureur du monde, alors oui ces dix premiers jours de Tour de France en sont évidemment un. Et ils dessinent une tendance assez nette, le coureur de Soudal-Quick Step aura du mal à lever les bras, d'autant plus que les occasions vont se raréfier. J'avais misé sur une victoire à Belleville-en-Beaujolais il y a une semaine, je m'y tiens mais il ne faudra pas une échappée royale, sans quoi "Alaf" pourrait trouver meilleur que lui, encore.

Qui pour battre Philipsen ?

Jean-Baptiste Duluc
Vu la forme encore affichée par le Belge ce mardi vers Issoire, étant l’un des seuls sprinteurs dans le peloton au pied de la dernière ascension, Jasper Philipsen sera clairement le grandissime favori à Moulins. Jusqu’ici, un seul coureur a lutté face au bolide d’Alpecin-Deceuninck sur les arrivées massives : Caleb Ewan, à Nogaro. Mais l’Australien a énormément souffert sur la route d’Issoire et j’ai peur qu’il le paie, au même titre que Fabio Jakobsen ou Dylan Groenewegen. Surtout, leurs difficultés de placement pourraient se payer cher à Moulins, dans un final pas si large où il pourrait être compliqué de remonter.
Ce qu’Alpecin-Deceuncink avait très bien su faire à Nogaro ou à Limoges mais, à ce jeu-là, Philipsen pourrait se faire piéger cependant mercredi. Je l’imagine d’ailleurs bien plus battu par une erreur, personnelle ou de son train, ou une chute plus que par la concurrence. Mais s’il fallait sortir un nom pour lever les bras, j’opterais pour Bryan Coquard. Le Français était encore là - comme Philipsen - mardi au pied de la dernière ascension, il est souvent bien placé et il tourne autour depuis le départ. Alors je veux croire que Moulins sera, enfin, son jour, grâce aux circonstances.
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Stage 11 profile and route map: Clermont-Ferrand - Moulins

Video credit: Eurosport

Christophe Gaudot
Les faits récents, trois victoires sur trois sprints plats, pousseraient à répondre… personne. Jasper Philipsen est d'assez loin le meilleur sprinteur de ce Tour de France et il compte en plus à ses côtés le meilleur poisson-pilote du moment avec Mathieu van der Poel. A Bordeaux, le duo a connu un petit accroc sans conséquence puisque le Belge a levé les bras. Mais si gagner quatre étapes sur un Tour de France est si difficile, c'est précisément parce qu'avoir un sprint fluide à chaque fois relève du miracle.
C'est pourquoi je veux bien croire que Philipsen sera battu ce mercredi à Moulins pour l'antépénultième occasion pour les sprinteurs avant Bourg-en-Bresse et évidemment les Champs-Élysées. S'il est encore au départ, ce qui n'est pas gagné selon la rumeur, Wout van Aert (Jumbo-Visma) est mon choix. Parce qu'il a la rage et qu'il sait que ce sera peut-être sa dernière occasion. Enfin, certains sprinteurs auront les jambes trop lourdes comme l'a souligné Jean-Baptiste.
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