Eurosport
Tour de France 2023 | Jacky Durand : "Qui croyait que David Gaudu allait faire podium du Tour ?"
Par
Publié 14/07/2023 à 20:30 GMT+2
Sur les pentes du Grand Colombier ce vendredi 14 juillet sur la 13e étape du Tour de France, David Gaudu (Groupama-FDJ) a encore lâché 40 secondes sur Jai Hindley (BORA-Hansgrohe). L'Australien tient cette place sur le podium dont le Français faisait un objectif. Celui-ci s'éloigne après chaque étape de montagne. Jacky Durand, notre consultant, reconnaît que lui n'y a jamais cru.
Débat des RP : Gaudu, une quête de podium illusoire ?
Video credit: Eurosport
David Gaudu l'avoue sans détour : il était à fond sur les pentes du Grand Colombier où, au sommet, il a lâché du temps à tous ses adversaires pour le podium, Pello Bilbao excepté. Pire, ce rythme qu'il a pu tenir sur le géant jurassien correspond à son meilleur niveau puisqu'il évolue, à l'écouter, à 100% de ses capacités. Son Paris-Nice très réussi (2e) en début de saison semble d'ailleurs à des années-lumière. Au point que l'objectif du podium paraît aujourd'hui inatteignable.
De la région parisienne à la Côte d'Azur, dans la douceur du mois de mars, Gaudu avait fait jeu égal, non pas avec un Tadej Pogacar intouchable, mais avec Jonas Vingegaard. Sur la 4e étape, le Breton avait même terminé dans la roue du Slovène et surtout 42 secondes devant le Danois, finalement battu au général. La vérité de Paris-Nice est rarement celle du Tour mais ce résultat attestait d'un cap franchi par Gaudu, quatrième du Tour de France 2022 quand il avait surpris par une constance qu'on ne lui connaissait pas.
Gaudu "à fond" et pourtant "à 100%" de ses capacités
La dure réalité de juillet 2023 l'a ramené sur terre. Au Grand Colombier, David Gaudu a encore subi. "On a vite vu que les UAE voulaient la victoire d'étape donc ils ont roulé comme des fous toute la journée, raconte-t-il. L'ascension finale est montée très, très vite. Je n'explose pas mais je lâche à 2,5 kilomètres du sommet parce que je suis à fond." Cruel aveu même si le résultat final confirme que le Français a plutôt géré son ascension, concédant 55 secondes à Tadej Pogacar en deux kilomètres et demi. Son problème réside aussi et surtout dans une accumulation de déboires.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/07/14/3744109-76172108-2560-1440.jpg)
Gaudu, fataliste : "Ça monte trois ou cinq crans au-dessus par rapport à Paris-Nice"
Video credit: Eurosport
"Tout le monde est à fond, je ne peux pas faire grand-chose de plus niveau physique parce que je suis à 100%, confie Gaudu. Comparé à Paris-Nice je pense que ça monte trois ou cinq crans plus vite. On est à fond, on s'accroche, c'est comme ça. S'ils sont plus forts que nous physiquement, c'est qu'ils sont plus forts et voilà." En 2022, au soir de la 13e étape et à la sortie des Alpes, Gaudu naviguait à quatre minutes de Vingegaard, le leader. Douze mois plus tard, c'est exactement l'écart qui le sépare… du podium. "J'ai fait quatrième du tour, deuxième de Paris-Nice, se défend-il. Ce n'était pas déconnant d'annoncer viser le podium."
Gaudu peut-il envisager un Top 5 ?
"Je ne suis pas abattu, je suis juste à 100%, répète-t-il encore. Mais, il faut être lucide, j'ai beau être à 100%, devant c'est deux crans au-dessus de moi donc qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je sais que j'ai fait le boulot que je suis à 100% mais devant ça monte beaucoup trop vite pour nous." L'alerte du Dauphiné était-elle finalement un mauvais présage ? Non à écouter le principal intéressé, heureux de sa préparation.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/07/14/3744075-76171428-2560-1440.jpg)
Pogacar joue sur ses qualités, Kwiatkowski déjoue les pronostics : le résumé en vidéo
Video credit: Eurosport
Notre consultant, Jacky Durand ne partageait pas l'espoir d'un podium pour le meilleur français du moment sur les grands tours. "Quand on fait 4e du Tour, on a l'objectif au départ de faire le podium mais qui croyait que Gaudu allait faire un podium ?, analyse-t-il dans les Rois de la Pédale. Un Top 5 c'est déjà bien, sauf s'il y a des gros incidents. Je rappelle qu'on a perdu Enric Mas et Richard Carapaz qui sont des coureurs capables de terminer devant. Le Top 5 est encore envisageable et si Gaudu termine cinquième du tour, on dirait chapeau après une quatrième place l'an dernier."
"Si on veut progresser, c'est dans la douleur, pas dans la facilité"
David Gaudu doit-il croire à ce Top 5 dont il est séparé par 1'49'' ? Doit-il seulement s'accrocher à un classement général alors qu'il en occupe la 9e place ? Le Breton n'a jamais vraiment eu un tempérament de baroudeur et d'ailleurs à sa place, il n'est pas évident qu'il aura la moindre once de liberté.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/07/14/3744001-76169948-2560-1440.jpg)
Kwiatkowski victorieux, Pogacar comme une fusée : le final explosif en vidéo
Video credit: Eurosport
"Dans la stratégie de David Gaudu, il faut peut-être passer par ces moments de doute, avance Steve Chainel, consultant Eurosport. Pour éventuellement dans deux ou trois ans, dire 'j'ai connu ces passages difficiles'. Il n'a pas un gros passif sur les courses de trois semaines. Il est encore jeune, il a du potentiel. Un Top 10 sur le Tour de France, on ne peut pas cracher dessus." Dans la situation de David Gaudu, on peut, à vrai dire, difficilement faire autre chose.
"Ça m'énerve quand on dit qu'il faut se relever pour jouer les étapes, peste d'ailleurs Marc Madiot. C'est un aveu de faiblesse. Si on veut progresser, c'est dans la douleur, pas dans la facilité." Du côté du coureur, le discours est un peu différent puisqu'il commence à évoquer un cyclisme plus offensif qu'on lui connaît peu, en tout cas sur le Tour de France : "On va continuer à s'accrocher car on est là pour jouer le classement général. Mais ça va peut-être nous laisser un peu de liberté pour se glisser dans une échappée. Et si le lendemain, on explose... ce sera comme ça."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité