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Tour de France 2023 - Tadej Pogacar : "Qui n'aurait pas été inquiet avec ce qu'avait montré Jonas ?"
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Publié 06/07/2023 à 21:39 GMT+2
Tadej Pogacar n'est pas K.-O. Bien au contraire. En s'imposant en solitaire à Cauterets-Cambasque ce jeudi, le Slovène a montré aux yeux de tous, et à Jonas Vingegaard en premier, qu'il était bien dans le match pour la victoire finale. Dans les cordes à Laruns, il a superbement réagi et réinstalle la perspective d'un duel savoureux pour la suite de ce Tour de France.
Une attaque foudroyante : Pogacar a déposé Vingegaard
Video credit: Eurosport
Ne jamais enterrer Pogi. Voilà une devise à retenir, voire à graver sur le cintre des Jumbo-Visma, si l’on veut être taquin, suite à l’éclatante réaction de Tadej Pogacar au soir de cette 6e étape. Le Slovène semblait être redescendu chez les mortels sur les pentes de Marie-Blanque ? Il a réaffirmé, dès le lendemain, qu’il venait bien d’une autre planète. Sa victoire du jour à Cauterets-Cambasque, 24 secondes devant Jonas Vingegaard, ne pouvait constituer une meilleure réponse à la claque que lui avait infligée la veille son grand rival, arrivé à Laruns avec 64 secondes d'avance sur le premier groupe de poursuivants dont il faisait partie.
"Je ne dirais pas que c'est une revanche, veut relativiser Pogacar. On ne peut pas dire que j’étais mort hier, j’ai même été plutôt bon. Mais Jonas était meilleur que moi." Cette fois, c'était l'inverse, et il reconnaît bien un "grand soulagement" d'avoir pu gagner et reprendre du temps. Car comme tous, le leader d'UAE Emirates a d'abord craint de recevoir le coup de grâce de Vingegaard ce jeudi : "Qui n'aurait pas été pas inquiet avec ce qu'avait montré Jonas hier ? C'était incroyable. Quand il a commencé à rouler dans le Tourmalet, je me suis dit : 'Merde, ça va encore m'arriver comme hier, on va prendre le vélo et on va rentrer à la maison'. Heureusement, j'avais de bonnes jambes aujourd'hui, j'ai pu le suivre dans le Tourmalet.
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Réaction et révérence de champion : Pogacar a gagné l'étape et 28" sur Vingegaard
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"Je me sentais plutôt bien, poursuit-il. Et à la fin, quand j'ai senti le bon moment, j'ai attaqué." Cette première attaque a été la bonne, à 2,8 kilomètres du but. Il relève avoir couru "intelligemment" et c'est peut-être une leçon retenue du Granon, où il avait connu l'an passé la défaillance la plus spectaculaire de sa carrière après avoir fait l'erreur, dans le Galibier, de répondre aux attaques de son meilleur ennemi. Le contexte n'était certes pas le même, la présence à l'avant de Van Aert étant notamment l'assurance pour Vingegaard de revenir dans la vallée si jamais Pogacar était parvenu à s'en aller. Mais notons que le Slovène s'apparentait davantage à un chirurgien expérimenté qu'au chien fou sans laisse qu'il est habituellement.
Ceci dit, il confie avoir eu des fourmis dans les jambes bien en amont de son envol. On ne change jamais vraiment sa nature. Mais on peut donc la dompter. "À la radio, on m'a dit de plutôt suivre Jonas et ils ont bien fait, raconte-t-il. Car j'ai vraiment souffert jusqu'à la fin et si j'étais parti plus tôt, j'aurais pu exploser. A l'arrivée, je n'avais plus rien." Ce qui s'est vu sur son visage, bien plus grimaçant qu'à l'accoutumée, comme si le Slovène était animé par une rage décuplée.
Les deux premières étapes de montagne auront donc accouché chacune d'une vérité limpide, implacable, mais opposée. La première manche pour Vingegaard. La deuxième pour Pogacar. Un partout, balle au centre ? Pas vraiment puisque le Scandinave, qui a malgré tout pris le maillot jaune à Jai Hindley ce jeudi, conserve 25 secondes d’avance sur son grand rival. "Je dirais que l'écart est presque parfait, juge Pogacar, qui a repris 28 secondes, dont 4 de bonifications, à Cauterets-Cambasque. Ce sera, je pense, une grosse, grosse bagarre jusqu'à la dernière étape." Vivement le Puy-de-Dôme, dès dimanche, où ce duel incandescent et à l'équilibre volatile viendra raviver, 59 ans après, le souvenir de Poulidor et Anquetil, mano a mano peut-être le plus mythique de l'histoire du cyclisme.
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Pogacar : "Dans le Tourmalet, je me suis dit 'merde, ça va être comme hier'"
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