Tour de France 2024 - "Je me suis rassuré sur mes capacités" : Remco Evenepoel, un podium et de belles promesses

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Pour sa première participation, Remco Evenepoel n'a pas manqué son rendez-vous avec le Tour de France. Vainqueur d'étape, 3e du classement général et maillot blanc, le Belge de la Soudal Quick-Step a fait taire les sceptiques et disparaitre les doutes qui pouvaient l'entourer. Cette 111e édition en a définitivement fait un potentiel vainqueur du Tour. Même s'il sait qu'il va devoir s'améliorer.

Evenepoel, "diplôme d'escaladeur" pour un "tueur à gage"

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C'est ce que l'on appelle une mise au point. Critiqué depuis des mois sur sa volonté de jouer le général du Tour de France, raillé pour son manque de forme sur le Critérium du Dauphiné en juin, Remco Evenepoel a apporté la meilleure des réponses sur les routes de la Grande Boucle. Une réponse de grand champion.
Alors que beaucoup doutaient de se capacité à viser le podium, le Belge de la Soudal Quick-Step a pris la 3e place de cette 111e édition, derrière les deux grands favoris, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. De quoi faire rêver nos voisins d'Outre Quiévrain d'un successeur à Lucien van Impe, dernier Belge à avoir gagné le Tour de France en 1976. Et qu'importe s'il n'a jamais vraiment été en mesure d'inquiéter les deux hommes.
Fier de ce que j'ai accompli
"Tadej et Jonas sont justes plus forts que moi, mais il ne faut pas oublier que ce sont les vainqueurs des cinq derniers Tours de France, expliquait le Belge samedi. Je peux être fier de ce que j'ai accompli. Il faut être satisfait, j'ai donné le maximum, j'ai essayé. Il n'y a aucune honte à être battu par ces deux-là". D'autant qu'avant le Grand Départ de Florence, les doutes entourant Evenepoel étaient nombreux. Pouvait-il tenir trois semaines d'une intensité du Tour ? Était-il capable de rivaliser en haute montagne avec les meilleurs ? Le vrai Remco était-il celui de la Vuelta 2022 ou celui de la Vuelta 2023, qui avait perdu 27'05'' dans l'étape du Tourmalet ?
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Pogacar devant Vingegaard et Evenepoel : le finish de la 21e étape dans l'ordre du général en vidéo

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Les questions étaient nombreuses, y compris pour lui et son équipe. "Les trois semaines étaient un test, rappelait son directeur sportif Tom Steels. S'adapter au Tour, ce n'est pas évident, c'est complètement différent". Et là encore, le Belge de 24 ans a répondu. Oubliée sa 7e place sur le Dauphiné, en étant lâché dans chaque col. Oubliés aussi ses petits kilos en trop du mois de juin. Mais pas ses détracteurs. "Je ne me suis jamais complètement effondré, rappelait Evenepoel en souriant. Cela devrait aussi être un soulagement pour vous, les journalistes". Cela doit surtout en être un pour lui et son équipe.
C'est un moment clé dans ma carrière
Aussi confiant soit-il en ses capacités, le Belge avait besoin de se prouver à lui-même qu'il était capable de jouer avec les meilleurs en montagne. Surtout après la chute au Pays Basque. "Ça n'a clairement pas aidé, ça m'a mis dans le "rush" dans ma préparation, mais ça s'est bien fini, explique-t-il. C'est une bonne réponse à tous mes détracteurs et leurs critiques. J'espère qu'ils ne diront plus que je ne peux pas courir pour les Grands Tours". Ses larmes à Nice à l'arrivée du contre-la-montre témoignaient bien de toute la pression qui pesait sur ses épaules dans ce mois de juillet. Un mois qui peut tout changer.
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Le casting de stars d'UAE déjà une menace pour Pogacar ?

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"C'est un moment clé dans ma carrière, avouait-il au soir de la 19e étape. Je me suis rassuré sur mes capacités. Après ce Tour de France, la direction dans laquelle je veux aller est claire. J'ai fait un grand pas en avant". Sans jamais faire perdre la tête. Lui l'attaquant fou, celui qui n'hésite pas à se lancer dans des raids de plus de 100 kilomètres, a peut-être couru un peu à contre-nature, en lissant son effort. À l'exception d'une attaque à 77km de Troyes, lors de la 9e étape, il n'a bougé que dans le Col de la Couillole samedi, à la veille de l'arrivée.
Evenepoel a gagné pour le futur
"Je pense que j'ai encore besoin de beaucoup d'entraînements spécifiques pour pouvoir suivre ou attaquer Jonas (Vingegaard) ou Tadej (Pogacar)", avouait Evenepoel pour Wielerflits. Mais c'était exactement ce qu'il fallait faire. Cela l'a emmené directement sur le podium de son premier Tour de France. Et ça ne l'a pas empêché d'essayer, malgré tout. Le Belge a même osé faire rouler son équipe, pourtant inférieure à celles de ses rivaux, avant d'attaquer dans la Couillole pour tenter de forcer son destin. En vain, mais la mentalité, elle, était la bonne. Celle d'un homme qui veut gagner. Qui ne se contentera jamais d'un podium.
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Loupé de Soudal : "Evenepoel n'a pas fait une Pogacar ou une Vingegaard"

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"Remco a gagné en attaquant, expliquait l'ancien coureur français Cyril Saugrain, consultant pour la RTBF. Il a gagné pour le futur. Il a pris confiance et il a mis son équipe en confiance. Il sait qu’il doit encore progresser. Face à lui, ce sont les vainqueurs des cinq derniers Tour de France. Il s’est fait contrer, mais il a pris de l’expérience. Et pour l’équipe, c’est vraiment une bonne chose. C’est une très belle expérience et une petite victoire malgré le temps perdu". Une victoire qui comptera peut-être à l'avenir dans la carrière du Belge et dans sa quête du Tour. Car l'objectif, désormais, c'est bien le mois de juillet.
Ça donne des perspectives pour le futur
"Pour les prochaines années, le Tour va être toujours numéro 1 sur la liste des courses qu'il va faire et, ce, dès l'année prochaine", avoue Tom Steels. Quand on sort d'un podium du Tour et qu'on a déjà gagné un Grand Tour, la direction est claire. Et cette fois, la confiance et l'expérience sera là. "Je suis sûr désormais que je suis capable de performer trois semaines au plus haut niveau, explique le champion du monde 2022. Il y a encore un grand écart à réduire avec Tadej et Jonas, mais ça donne des perspectives pour le futur".
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Pogacar, doublé d'un nouveau type : "Un vainqueur de grands Tours ET de monuments"

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"Si je ne dois retirer qu'une seule chose de ce Tour de France, c'est que j'ai encore une grosse marge de progression, explique-t-il à Wielerflits. Je veux revenir et essayer de gagner". Même si battre Pogacar ou Vingegaard ne s'annonce pas simple. "J'espère qu'il pourra gagner le Tour un jour, avoue le manager de la Soudal Quick-Step, Patrick Lefevere. Remco n'a pas de chance de courir contre le Merckx des temps modernes". Remco Evenepoel, lui, se contenterait bien d'être van Impe.
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