Abrahamsen en goguette puis Girmay en force : le résumé de la 8e étape
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Le fait du jour
Pendant une semaine, les cartes ont été rebattues sans cesse, offrant à chacun - et notamment à ceux que l'on attendait le moins - une occasion rêvée de s'offrir la victoire d'une vie. Jusqu'à présent, la hiérarchie des sprinteurs présents sur le Tour de France était difficilement lisible. Certains ont déçu (Jasper Philipsen), quand d'autres sont revenus de nulle part pour décrocher un bouquet forcément très apprécié (Mark Cavendish, Dylan Groenewegen). Ce samedi, le peloton s'est de nouveau ébroué dans une arrivée massive. Et un patron semble avoir émergé, en la personne de Biniam Girmay (Intermarché-Wanty).
Lundi, l'Érythréen s'était déjà imposé à Turin, au terme d'un sprint particulièrement chaotique et lors duquel plusieurs de ses adversaires, pris dans une chute ou distancés par celle-ci, n'avaient pas pu se mêler à la lutte. On pouvait alors penser que ce succès, peut-être, serait sans lendemain, étant donné que Girmay n'est ni le sprinteur le plus rapide, ni le mieux référencé du peloton. Mais c'est peut-être le plus malin. Après avoir terminé 9e à Saint-Vulbas et 2e à Dijon,
le vainqueur de Gand-Wevelgem 2022 a de nouveau levé les bras, cette fois à Colombey. Km59 : Loin derrière Abrahamsen, Girmay domine le sprint intermédiaire
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Une victoire qui ne devait rien à personne, sinon à lui-même, à son intelligence de course et à ses qualités, qui lui ont permis de parfaitement négocier cette arrivée en bosse, que d'autres ont moins bien digérée. Premier coureur à remporter deux étapes différentes sur cette édition de la Grande Boucle, Girmay aborde la course sans pression et avec l'envie d'y croquer à pleines dents, ce qui le rend si menaçant pour ses rivaux. Il aura probablement d'autres occasions de briller au cours des deux prochaines semaines, et d'accroître son avance au classement du maillot vert. Celui-ci est solidement accroché sur ses épaules, puisqu'il compte déjà 88 points d'avance sur Philipsen, son plus proche poursuivant. Les sprinteurs ont trouvé leur patron, et ce n'était pas celui que l'on attendait.
Roi du money time, Girmay a surgi pour battre Philipsen au sprint
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Le grand perdant
Sur le papier, cette 8e étape comportant une arrivée en bosse semblait convenir parfaitement à Bryan Coquard (Cofidis). À 350 mètres de la ligne, le "Coq" était d'ailleurs dans une position idéale, juste derrière son équipier Axel Zingle et juste devant la meute des autres sprinteurs. Mais Zingle s'est relevé un poil trop tôt, le vice-champion olympique de l'omnium en 2012 a dû produire son effort de loin, a été dépassé et s'est complètement relevé à une centaine de mètres de l'arrivée. Devant la presse, le Ligérien ne cachait pas une déception légitime.
Coquard : "On s'est un peu enflammés…"
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L'image du jour
L'an passé, il apparaissait au premier plan, les bras en "V" et le visage marqué par un rictus de joie. Désormais, c'est vers le second plan qu'il faut lorgner pour apercevoir Jasper Philipsen. Le Belge a eu beau lancer son vélo dans un ultime geste de désespoir, il était trop court pour priver Girmay de la victoire. Une image qui témoigne du Tour frustrant vécu par l'intéressé, qui ne s'est toujours pas imposé.
Biniam Girmay (Intermarché-Wanty) célèbre sa deuxième victoire sur le Tour de France 2024, samedi 6 juillet à l'occasion de la 8e étape.
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On a aimé
L'absence de chute dans les 30 derniers kilomètres, pourtant rendus dangereux par la pluie et la nervosité inhérente à une arrivée massive. Aucun coureur n'abandonnera après avoir goûté au bitume et c'est évidemment une bonne nouvelle.
Le très long raid solitaire de Jonas Abrahamsen (Uno-X). D'abord accompagné par deux coureurs dans l'échappée, le Norvégien s'est assez vite retrouvé seul aux avant-postes. Il ne s'est pas relevé pour autant et a fait le plein de points pour consolider son maillot à pois, avant d'être repris à 14 kilomètres de l'arrivée.
Jonas Abrahamsen (Uno-X) lors de la 8e étape du Tour de France 2024.
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On n'a pas aimé
L'étonnante manœuvre des EF Education-EasyPost. L'équipe américaine a réussi à placer Neilson Powless et Stefan Bissegger dans l'échappée… puis s'est mise à rouler à fond en tête de peloton un peu plus loin, sans doute dans l'espoir de placer un ou deux autres éléments à l'avant. Mais cela n'a pas fonctionné et, comme l'Américain et le Suisse se sont relevés dans la foulée, ce possible joli coup tactique s'est transformé en coup d'épée dans l'eau.
L'étape arrivait sur les terres du général de Gaulle, mais cela n'a visiblement pas inspiré les coureurs français à faire preuve d'audace. Certains d'entre eux ont timidement tenté de s'extirper du peloton lorsque les difficultés se sont enchaînées, comme Paul Lapeira (Decathlon AG2R-La Mondiale) ou Jordan Jegat (TotalEnergies), mais tous ont donné l'impression de courir à contre-temps. Dommage.
La décla : Biniam Girmay
Il y avait deux Cofidis devant moi. Je voulais les remercier, parce qu'ils m'ont emmené !
Girmay : "Merci aux deux Cofidis qui m'ont emmené !"
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La stat : 169
Comme le nombre de kilomètres effectués à l'avant par Jonas Abrahamsen, dont 138 en étant tout seul. L'actuel porteur du maillot de meilleur grimpeur a logiquement été élu combatif du jour.
Juste pour savoir
Enfermé par Biniam Girmay et Jasper Philipsen, Arnaud De Lie (Lotto Dstny) a encore dû se contenter d'une place d'honneur (3e). Le jeune Belge tourne autour de la victoire depuis une semaine, mais va-t-il parvenir à conclure ?
La palette | De Lie encore mal placé : "Quand il sera grand, il prendra les bonnes décisions"
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Mais où étaient encore passés les équipiers de Tadej Pogacar (UAE-Emirates), qui était tout seul en tête de peloton à la sortie de Chaumont, à une trentaine de kilomètres de l'arrivée ?
Egan Bernal (INEOS Grenadiers) va-t-il prochainement participer à la Coupe du monde de cyclo-cross ? En tout cas, le Colombien a montré de belles dispositions à 71 kilomètres de l'arrivée, lorsqu'il a fallu rouler dans l'herbe pour éviter la chute.
Une chicane à 71 km de l'arrivée, et Bernal fait du cyclo-cross
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Le sondage