Tour de France 2024 - L'heure n'est plus au panache pour Remco Evenepoel : "Ce serait con de risquer le podium"
Publié 15/07/2024 à 20:47 GMT+2
S'il n'a jamais été avare d'offensives lointaines dans sa carrière, Remco Evenepoel s'est assagi sur le Tour de France 2024, avec une stratégie peut-être plus économe et moins spectaculaire, mais diablement efficace. Et ne comptez pas sur lui pour changer de plan lors de la troisième semaine, quand bien même le Belge de la Soudal Quick-Step connaisse très bien les routes qui seront empruntées.
"Pogacar se donne à 100% pour la première fois de l'année"
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"Il faut parfois aussi courir avec des couilles". Cette déclaration de Remco Evenepoel au sujet de l'attitude de Jonas Vingegaard date d'une semaine à peine, au soir de la 9e étape à Troyes, mais elle n'a jamais paru aussi lointaine.
Parce que le Danois de la Visma | Lease a Bike a été le seul derrière Pogacar à oser un coup de force dans les Pyrénées, dimanche sur la route du Plateau de Beille. Une stratégie qui n'a pas été efficace sur le Slovène, mais pleine de panache. Tout le contraire finalement de la manière de courir de Remco Evenepoel.
Finir sur le podium de mon premier Tour, ça serait un rêve qui se réalise
Lui l'offensif, lui le spécialiste des raids en solitaire de 50, voire 100 kilomètres, se montre très calme depuis le Grand départ de Florence, à l'exception donc de l'étape de Troyes, qui l'avait vu attaquer à 78 kilomètres, dans les forts pourcentages précédant un secteur de chemin blanc. Plus calculateur, restant une grande majorité du temps au tempo, lissant son effort, le Belge de la Soudal Quick-Step a construit étape après étape une avance très solide dans la course au podium. A l'aube de la troisième semaine, le voilà avec 5'35'' d'avance sur le quatrième, Joao Almeida (UAE-Emirates). Et un regard plus tourné vers le Portugais que vers la deuxième place…
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Evenepoel prudent sur le podium : "Les mauvais jours sont là hyper vite"
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"Je vais avant-tout chercher à assurer la troisième place, avoue Evenepoel en conférence de presse lors de la journée de repos. Ce serait con de tout donner pour la deuxième place et de risquer mon podium… Si je peux prendre une deuxième étape, je ne vais pas m'en priver mais je serais déjà très content de terminer sur le podium alors qu'on venait pour le top 5. L'étape, on l'a déjà dans la poche. Finir sur le podium de mon premier Tour, ça serait un rêve qui se réalise donc c'est clair que je vais tout faire pour le conserver". Comme quoi, courir sur la défensive arrive à tout le monde. Après tout, c'est censé être la stratégie de Tadej Pogacar aussi. Ce serait une première. Un peu comme voir Remco Evenepoel à telles altitudes.
Je ne connaissais pas du tout les Pyrénées
Malgré plus de cinq années de carrière, le Belge de la Soudal Quick-Step n'a pas si souvent que cela dépassé le cap des 2000m d'altitude en course. Il a certes connu l'Alto Colorado sur le Tour de San Luis (2019), le Passo Giau sur le Giro 2021, le Nufenenpass et Mossalp sur le Tour de Suisse 2022 ou encore la Pandera et la Sierra Nevada sur sa Vuelta victorieuse ou plus récemment l'Albulapass sur cette triste étape de La Punt sur le Tour de Suisse l'an dernier. Et, à chaque fois, Evenepoel avait souffert. De quoi s'inquiéter pour le champion du monde du chrono ? Bien au contraire.
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Stage 21 profile and route map: Monaco - Nice
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"J'ai reconnu les étapes 17, 19, 20 et 21 donc je connais presque tout la dernière semaine, explique-t-il. C'est une grosse différence par rapport aux Pyrénées où je ne connaissais pas du tout les étapes, à part le Tourmalet. Je ne vais pas dire que j'en ai peur mais c'était une inconnue. Là, je connais bien les tracés, je les ai fait plusieurs fois à l'entrainement : j'ai fait trois fois le chrono, deux fois l'étape de Turini avec l'arrivée à la Couillole…" Surtout les routes des Alpes doivent théoriquement mieux lui correspondre ou, en tout cas, il semble les préférer. "Les Pyrénées sont plus raides et le tarmac est un peu différent aussi, plus dur et énervant que dans les Alpes", estime Evenepoel. De quoi donner encore un plus d'assurance au Belge de 24 ans. "Ça donne un certain calme dans la tête et dans l'équipe parce qu'on sait ce qui arrive, quels seront les moments-clés et quand être devant", poursuit Evenepoel. Et être devant quand il faut, il ne l'a sans doute jamais fait aussi bien.
Il n'est jamais nerveux dans le peloton
"Là où je me bluffe le plus, c'est sur ma capacité à être toujours bien placé quand il y a de la nervosité dans le peloton, avoue le leader de la Soudal Quick-Step, effectivement jamais piégé depuis le départ. J'étais toujours devant dans les bordures, pareil sur l'étape des chemins blancs. Quand on sait à quel point c'est difficile de 'jouer' dans le peloton du Tour de France, la nervosité qui y règne…" Des performances qui ont même impressionné le maillot jaune, sidéré par le calme du jeune Belge. "J'ai un respect grandissant pour lui, pour la manière dont il évolue au sein du peloton, explique Pogacar. Il n'est jamais nerveux, il est très respectueux des autres".
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Durand : "Pogacar a-t-il Tour gagné ? J'ai envie de dire 'Oui'…"
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"Tout le monde dit que c'est la course la plus nerveuse de la saison… et ils ont raison, poursuit Evenepoel. Mais je pense avoir montré que je me suis sensiblement amélioré dans ce domaine…" S'améliorer, il ne fait que ça. Et il ne manque finalement plus qu'afficher ses progrès en très haute altitude pour confirmer qu'il est bien un des meilleurs coureurs de Grands Tours du monde. Et ça tombe bien, la troisième semaine en sera un test parfait.
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