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Tour de France | Les débats du Tour : Tadej Pogacar 2023 ou Jonas Vingegaard 2024 ? Quelle note ? Quel coup de coeur ?
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Publié 21/07/2024 à 20:04 GMT+2
Le rideau est tombé sur une édition 2024 du Tour de France remportée par Tadej Pogacar (UAE-Emirates) devant Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike). Le Slovène cette année ou le Danois lors de son succès de 2023, lequel a été le plus impressionnant ? Quelle note pour ce Tour et quel a été notre coup de cœur ? Ce sont nos derniers débats du Tour.
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Quelle note donner à ce Tour de France ?
Jean-Baptiste Duluc (15/20)
Un Grand Départ de toute beauté, des Français victorieux, une lutte à quatre pour le général, une superbe étape des chemins blancs… Jusqu'au Lioran, ce Tour de France 2024 était un très grand cru, avec une belle lutte dans les sprints, en plus. C'était même parti pour être une des plus belles éditions de ces dernières années, malgré l'absence d'échappée sur le plat.
Mais le manque de suspense dans la dernière semaine, le manque de révolte de Jonas Vingegaard (qui n'en avait pas les moyens certes) et, d'un point de vue un peu plus chauvin, l'absence de Français aux avant-postes en deuxième partie de Tour ont un peu gâché cette 111e édition. Un peu seulement, car, malgré tout, on ne se sera jamais véritablement ennuyé dans les moments-clés. Un bon 15 donc.
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Pogacar, doublé d'un nouveau type : "Un vainqueur de grands Tours ET de monuments"
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Christophe Gaudot (13/20)
Je connais Jean-Baptiste, il est toujours un peu plus enthousiaste (et sans doute passionné) que moi. Ceci va se ressentir dans ma note avec un 13/20 tout de même. Il y a eu de très jolis moments dans ce Tour de France. Pêle-mêle, un premier weekend en forme de feu d'artifice pour les Français, l'étape des chemins blancs, véritable moment de cyclisme pur, la bagarre vers le Lioran entre Pogacar et Vingegaard…
En revanche, j'y ai vu trop peu de montagnes russes. Vous me direz que ceci doit faire partie d'un Tour de France et c'est vrai mais je me suis plus ennuyé que d'habitude sur les étapes de plat et il m'a manqué plus d'échappées victorieuses. Rendez-vous compte, Pogacar a remporté toutes les étapes de haute montagne. Il a aussi tué le suspense trop tôt au général. 13/20 pour un bon opus.
Quel a été notre coup de cœur ?
Jean-Baptiste Duluc
J'ai eu beaucoup de mal à me décider, tant de nombreux coureurs m'ont surpris positivement que ce soit dans les résultats (Girmay) ou dans leur comportement collectif (Almeida, Landa). Mais j'ai eu envie finalement de mettre en lumière le Tour de France d'Enric Mas. Oui, l'Espagnol a déçu au général et a terminé loin des attentes (20e). Oui, il n'a pas gagné d'étape pour sauver son Tour. Mais ce que l'on a vu n'était pas moins beau.
Lui le leader, le grimpeur, l'homme pour qui la Movistar travaille 99% du temps n'a pas hésité à se mettre au service de ses équipiers sur les étapes qui n'étaient pas montagneuses, replaçant Gaviria avant les sprints, servant de lanceur pour propulser Lazkano en échappée sur la route de Barcelonnette mais aussi multipliant les attaques pour s'y glisser lui-même. Un comportement si rare pour un coureur souvent critiqué pour sa passivité et pour son incapacité à aider ses équipiers. Ça fait plaisir de voir que, si, il en est capable.
Raphaël Brosse
Comment ne pas le citer ? Visiteur très discret des routes de juillet l'an passé, Biniam Girmay a, cette fois, éclaboussé le Tour de France de son talent. L'Érythréen a vite scoré, en s'imposant dès la troisième étape. Il a ensuite montré avec brio que cette victoire ne devait rien au hasard, en récidivant à Colombey-les-Deux-Églises et à Villeneuve-sur-Lot. De quoi combler Jean-François Bourlart, le manager d'une formation Intermarché-Wanty aux moyens limités qui n'avait, jusqu'à cet été, jamais décroché le moindre bouquet sur la Grande Boucle.
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"Il suit la voie de Van Aert" : L'éclosion 2.0 du phénomène Girmay
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Dans son style si particulier, avec son sens du placement, son intelligence et sa capacité à faire des différences lors d'arrivées en bosse, le coureur de 24 ans a rivalisé avec Jasper Philipsen (3 victoires également sur ce Tour), qu'il a toutefois devancé au classement par points. Et même lorsqu'il est tombé dans le final de l'étape arrivant à Nîmes, ce qui aurait pu laisser poindre le spectre d'un abandon, "Bini" ne s'est jamais départi de son sourire étincelant. Pas de doute, le maillot vert lui va comme un gant.
Pogacar 2024 ou Vingegaard 2023, qui a été le plus impressionnant ?
Christophe Gaudot
On évoque-là deux extraterrestres et deux performances extraordinaires. C'est une réflexion difficile d'autant qu'on cède plus facilement à ce que l'œil a enregistré très récemment. Pour autant, je penche en faveur du Tadej Pogacar de 2024 et n'y voyez pas là une concession à la culture de l'instant.
Bien sûr, Vingegaard fut stratosphérique l'an dernier mais c'est la "craquante" de Pogacar qui avait rendu sa performance plus surprenante encore. Cette année, le Danois est arrivé moins bien préparé ? Il en allait de même pour son rival slovène en 2023. Les deux situations se ressemblent étrangement mais avantage Pogacar.
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Pogacar devant Vingegaard et Evenepoel : le finish de la 21e étape dans l'ordre du général en vidéo
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Faut-il rappeler que le Slovène a gagné le Tour d'Italie ? La "fraîcheur" qu'il affichait bien souvent après les étapes de ce Tour de France a masqué l'effort qu'il a demandé à son corps d'enchaîner ces deux grands tours. Il a remporté un total de 12 étapes sur ces deux courses et il n'a jamais laissé le moindre espace de liberté à son rival danois. Vingegaard ne lui a repris qu'une seconde sur ces trois dernières semaines, c'est dingue !
Raphaël Brosse
Si l'on s'en tient à un bilan strictement comptable, le Tadej Pogacar de 2024 (6 victoires d'étape) a évidemment été plus flamboyant que le Jonas Vingegaard de 2023, qui n'avait décroché qu'un seul succès. Mais quel succès ! Entre Passy et Combloux, le Scandinave avait tutoyé la perfection, mis son rival K.-O. et réalisé une performance contre-la-montre qui restera très longtemps dans les mémoires. Le lendemain, sur la route de Courchevel, le maillot jaune avait porté le coup de grâce et contraint le Slovène, en perdition, à abdiquer.
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Vingegaard vs Pogacar : comment le Danois a survolé ce duel
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Si le niveau du Danois était étourdissant, cet enchaînement particulièrement marquant avait surtout concrétisé la domination de la Jumbo-Visma. Parfaitement encadré sur le plat, escorté très loin en montagne par l'indispensable Sepp Kuss, le lauréat sortant avait tiré profit de l'exceptionnelle force de frappe des Frelons, qui avaient signé un sans-faute sur la Grande Boucle en 2023 et signé un remarquable triplé Giro-Tour-Vuelta cette année-là. Pour résumer, c'est la prestation de l'équipe néerlandaise l'an passé qui rend, selon moi, le sacre de "Vingo" l'an passé plus impressionnant que celui de "Pogi" cette année.
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