Tour de France 2026 | Isaac Del Toro sur Tadej Pogacar : "Je suis super fier d'être proche d'un tel être humain"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 05/07/2026 à 21:14 GMT+2
Le jeune Mexicain Isaac Del Toro a levé les bras dès le deuxième jour de sa vie sur le Tour de France, dimanche à Barcelone, grâce à une passe décisive de son leader Tadej Pogacar, plus content que s'il avait gagné lui-même. Les duettistes du Team UAE Emirates sont forts, très forts. Et en prime, ils s'entendent comme larrons en foire.
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Tadej Pogacar n'a pas pris le maillot jaune. Il a perdu son maillot à pois. Il n'a même pas gagné l'étape. Mais le quadruple vainqueur du Tour de France était tout sourire dimanche à l'arrivée à Barcelone. Bras levés sur la ligne et étreinte prolongée avec son lieutenant promu provisoirement en deuxième ligne. Isaac Del Toro a triomphé avec la bienveillante complicité de son leader et le tandem potentiellement infernal du Team UAE a déjà offert ce qui restera comme une des images de cette édition 2026. Sans le caractère mythique d'un Hinault- LeMond à l'Alpe il y a 40 ans de cela, évidemment, mais l'intensité de leur joie commune n'était pas feinte.
Pourtant, Del Toro n'avait pas anticipé cette victoire. Ce n'était pas l'idée au débrief matinal. Et il n'y croyait pas davantage lors de l'ultime des trois ascensions de la colline de Montjuic. "Cela allait très vite, on savait que tout pouvait se passer, a raconté le Mexicain. Au sommet de la montée, je n'étais pas capable d'être dans les meilleures positions, mais j'ai réussi à basculer, à revenir sur Skjelmose."
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Il s'est alors remis dans son costume de super-lieutenant pour Pogacar. Du moins le pensait-il. "On avait un plan pour Tadej", poursuit-il. Del Toro devait mettre la fusée slovène sur orbite, préparer le terrain pour son patron, avant que celui-ci ne porte l'estocade finale. "Je l'ai appliqué (le plan), mais comme il y avait un écart plus important que prévu, j'ai juste été à fond jusqu'à l'arrivée. Ce genre d'opportunités n'arrivent pas souvent. Je suis vraiment content d'avoir le niveau pour me mettre dans cette situation, dans la course la plus difficile. C'est un rêve pour moi."
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Tadej m'a dit de profiter sur ce Tour et de performer à mon niveau...
Bien sûr, Tadej Pogacar a contrôlé la situation jusqu'au bout, et sans doute n'a-t-il pas appuyé sur le champignon aussi fort qu'il aurait pu le faire, auquel cas la victoire aurait été sienne. Mais par la grâce de cette royale passe décisive, c'est donc lui qui a mis au fond. "Je ne suis pas surpris, je pense que Tadej est un super gars, c'est très généreux de sa part de donner la victoire à un équipier, a souligné Jonas Vingegaard, 4e de l'étape et toujours en jaune à l'issue de ce week-end. Et Isaac la mérite vraiment, c'est un grand talent, très fort. C'était une course impressionnante de la part de chacun de deux."
Premier coureur mexicain à gagner une étape du Tour depuis Raul Alcala en 1990, Isaac Del Toro est venu sur le Tour pour épauler Pogacar et l'accompagner du mieux qu'il peut vers un cinquième sacre historique. En bonus, pour lui, peut-être une belle place au classement général et/ou une victoire d'étape. Il a donc d'une certaine manière posé la cerise avant d'avoir le gâteau. Comme si Noël arrivait dès le mois de juillet. "Je n'arrive pas à croire ce que je viens de faire, c'est juste incroyable. Vous ne pouvez pas imaginer la somme de travail que cela demande pour parvenir à ce résultat. C'est le genre de scénario qu'on imagine mais lorsque c'est en train de passer, on a du mal à réaliser", a-t-il insisté.
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Del Toro, de la crevaison à la parade finale avec Pogacar : le résumé de la 2e étape
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Cette séquence dominicale en dit aussi long sur Del Toro que sur Pogacar. Le Mexicain de 23 ans est fort. Il participe pour la première fois au Tour de France, mais il a pour lui sa référence du Giro 2025, qu'il avait achevé à la 2e place. Pogacar, lui, n'a pas de problème d'autorité dans son équipe. Chacun est à sa place. Les choses sont claires. Limpides, même. Del Toro n'est pas son LeMond et il ne sera même pas ce que Froome fut à Wiggins en 2021. Alors, il n'éprouve aucune crainte à voir Del Toro s'imposer. Au contraire, son geste est une autre manière d'ancrer son leadership.
"Tadej ne veut pas me mettre de pression, il m'a dit de profiter sur ce Tour et de performer à mon niveau...", a confié le vainqueur du jour. Ce succès ne va pas aiguiser son ambition. Il va le rendre plus fort, plus confiant, mais ne va pas l'inciter à chercher à sortir de son rôle. On les dit proches, et les mots de Del Toro semblent le confirmer. "On est fiers d'avoir un tel gars dans l'équipe, dit-il à propos de Pogacar. J'apprécie à quel point il veut nous rendre meilleur, Tadej pousse tout le monde à être meilleur. Je suis super fier d'être proche d'un tel être humain, il est super sympa et il y a tellement à apprendre de lui."
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Del Toro : "Faire ça, dans la meilleure équipe du monde, je n'en reviens pas"
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Étape 2 | Moyenne montagneTarragona → Barcelone / 168.5 km
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I. Del ToroTerminé
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