Paul Seixas a mesuré l'écart pendant le Tour de France : "Tadej Pogacar était dans un autre monde"

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Paul Seixas a "beaucoup appris sur (s)on corps" lors du Tour de France. Interrogé par WielerFlits à l'occasion d'un critérium aux Pays-Bas dimanche, le quatrième de la Grande Boucle raconte à quel point Tadej Pogacar (1er) lui a semblé supérieur à la concurrence. Avant d'aspirer à rejoindre le monde du Slovène sur trois semaines, le Français espère récolter les fruits de son Tour dès les Mondiaux.

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L'instantané avait redessiné la galaxie du cyclisme, d'un pinceau que l'on soupçonnait trompeur. Lors du dernier Liège-Bastogne-Liège, Tadej Pogacar avait triomphé en solitaire, seul sur sa planète, dans une métaphore éculée par l'intensité et la durée de son hégémonie. Mais avant que le reste du monde ne déboule, Remco Evenepoel en tête, un prodige français avait coupé la ligne tout aussi esseulé. Comme s'il y avait Pogacar, puis Seixas – le seul à lui résister dans son ascension météorique de la Redoute –, puis la plèbe.
Ô combien prématuré, ce constat était d'autant moins extensible au Tour de France que Paul Seixas (19 ans) n'avait jamais disputé de course de trois semaines. La Grande Boucle a remis chacun à sa place et l'intéressé en convient, interrogé par WielerFlits, en marge d'un critérium qui se tenait dimanche à Etten-Leur, aux Pays-Bas : "Pogacar était vraiment dans un autre monde. C'est un coureur très impressionnant. Il y a deux ans, je le regardais à la télévision, être l'un de ses adversaires cette année est une bonne motivation."
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Se battre avec Pogacar ? "Peut-être, un jour…"

Quatrième de son premier Tour, Seixas a dû se contenter de lutter avec Isaac del Toro, lieutenant d'un Slovène suffisamment dominateur pour parfois se muer en gregario de luxe. Et c'est la doublette émiratie qui a eu le dernier mot, le Mexicain accompagnant son leader (1er) et Evenepoel (2e) sur le podium. L'illustration du chemin que le chef de file de Decathlon CMA CGM doit encore parcourir, avant d'atteindre un pinacle qu'il vise de façon assumée : "J'ai hâte de progresser pour, peut-être, un jour, me battre avec lui (Pogacar)."
Des propos qui font écho à ceux que Paul Seixas avait tenus en fin de saison dernière, dans notre émission Bistrot Vélo. "Le battre quand il est sur le déclin, ce n'est pas le but, avait-il rétorqué, à l'évocation de sa différence d'âge avec Pogacar (huit ans), qui pourrait suggérer une passation de pouvoir sans heurt. Le but principal, c'est de le battre quand il est à son niveau, parce que c'est son niveau qu'il faut avoir pour gagner les plus grandes courses (…) Cela paraît loin. Il y a tellement de caps à franchir pour atteindre ce niveau-là."
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"S'il vous plaît, considérez ce qu'a fait Seixas comme un exploit"

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J'espère constater des améliorations dues au Tour lors des Mondiaux
Le Tour de France 2026 était ainsi un palier, au cœur d'un long processus. Seixas y a découvert un élément aussi crucial qu'impalpable, qui fait le sel de la plus grande course du monde : sa nervosité.  "Vous êtes nerveux, tous les jours. Vous savez que quelque chose peut arriver, tous les jours, insiste-t-il auprès de nos confrères. Il y a beaucoup d'étapes où vous pouvez tout perdre… mais où vous n'avez rien à gagner." Rien à gagner. Mais tant à apprendre. Le maître-mot de son mois de juillet, y compris sur le volet physiologique.
"C'était une belle expérience pour moi. Je pense pouvoir en tirer des enseignements. J'ai beaucoup appris sur mon corps", assure Seixas. "Sur la fin, j'étais complètement mort, admet-il, alors que son relatif coup de mou est intervenu à la veille de l'arrivée. Mais sur les Champs, en fait, j'étais bien (dans un rôle d'équipier pour Olav Kooij, 5e, ndlr). J'étais très surpris. J'ai l'impression d'avoir pris en puissance. On verra lors des prochains objectifs (…) J'espère constater des améliorations dues au Tour lors des Mondiaux."
Outre les Mondiaux canadiens en question (contre-la-montre le 20 septembre, course en ligne le 27) – à condition qu'il soit sélectionné et aligné –, Paul Seixas a encore trois courses au programme en 2026 : le Grand Prix de Québec (11/09), le Grand Prix de Montréal (13/09) et le Tour de Lombardie (10/10). Une épreuve qu'il avait bouclée au septième rang l'an passé, à quatre minutes de Tadej Pogacar. Un monde.
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