Les débats du Tour après la 3e étape | UAE en fait-elle trop ? Vingegaard, déjà le constat d'impuissance ? Pogacar en jaune jusqu'à Paris ?
Par Emile Pawlik
Mis à jour 07/07/2026 à 15:19 GMT+2
C’est une domination extrême. Peut-être même excessive. L’UAE Emirates – XRG en fait-elle trop sur ce Tour de France après la victoire de Tadej Pogacar sur la 3e étape lundi ? Incapable de suivre le Slovène, Jonas Vingegaard a-t-il déjà affiché toute son impuissance ? Et Pogi, désormais leader, gardera-t-il le maillot jaune jusqu’à Paris ? Voici nos débats du Tour.
UAE a fait le travail, Pogacar l'a terminé : le résumé de la 3e étape en vidéo
Video credit: Eurosport
UAE en fait-elle trop ?
Par Jean-Baptiste Duluc
La formation émiratie est si forte, si dominante, tellement au-dessus des autres, qu'elle aurait tort de se priver de gagner jour après jour. Qui ne le ferait pas ? Mais le Tour de France, ce n'est pas une succession de classiques. C'est une course qu'il faut gérer, on le sait et UAE Emirates-XRG aussi. Les voir rouler hier pour gagner à Barcelone faisait sens, clairement. Lundi vers les Angles, beaucoup moins, même si Pogacar tenait à lever les bras. Pour 6 petites secondes de gain, le Slovène a fait rouler tous ses hommes pendant plus de 100km, pour rattraper une échappée qui avait déjà mis 70km à essayer de sortir.
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En temps normal, l'effort parait superflu, surtout quand on gagne autant qu'UAE. Cela ne va pas pousser d'autres équipes à rouler avec eux dans le futur, si besoin, et à tout vouloir, Pogacar et UAE pourrait surtout le payer eux-même. Car sur une édition aussi chaude voire caniculaire que cette 113e édition, le moindre effort peut se payer par la suite. Après tout, Pogacar n'a jamais gagné un Tour de France dans les fortes chaleurs, et en 2022, après une entame tout feu tout flamme à jouer la gagne sur toutes les étapes, le Slovène avait explosé, et perdu le Tour, sur la première étape de montagne. Il est au-dessus, tout le monde le sait. Mais pas au-dessus d'un coup de chaud. Et c'est encore moins le cas de ses équipiers. Même si on aurait tendance à le penser.
Par Emile Pawlik
Pour n'importe quelle autre équipe, voir un effort aussi important réalisé dès la 3e étape aurait pu interroger sur la capacité à maintenir ce niveau d'engagement. Mais UAE Team Emirates-XRG l'a prouvé par le passé : son collectif est ultra solide et n'est que très rarement pris à défaut. Il a souvent été légion de voir les coéquipiers de Tadej Pogacar rouler pour offrir une victoire à leur leader, sans que cela ne porte vraiment de préjudice.
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C'était au tour de Pogacar : l'arrivée de la 3e étape en vidéo
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Je suis d'accord avec Jean-Baptiste sur la gestion d'une édition où la chaleur va jouer un rôle clé, mais je reste persuadé qu'une manoeuvre comme celle d'aujourd'hui n'est pas suffisante pour affirmer que les hommes de Mauro Gianetti en ont trop fait. Il suffit de voir la réaction d'Alex Baudin, fuyard rattrapé en dernier, pour comprendre que les coureurs acceptent que c'est la course et, également, que c'est leur manière de courir. Le retour de bâton n'est jamais à écarter, mais il y a bien longtemps que les Emiratis n'ont pas été punis pour leur générosité dans l'effort, surtout quand Pogacar est dans le coup.
Vingegaard, déjà le constat d’impuissance ?
Par Emile Pawlik
Après trois jours, j'ai bien peur que la course soit déjà pliée. L'objet n'est pas de dire que l'on peut remballer, escamoter les trois semaines et donner son 5e Tour de France à Tadej Pogacar. Mais le Slovène est arrivé en étant tellement au-dessus de la mêlée que l'on voit mal comment le Danois, qui a un Giro dans les jambes, pourrait rivaliser avec la suprématie du Slovène. Porté par son équipe sur le contre-la-montre par équipes, il a été battu dans la côte de l'arrivée. Ses sprints dimanche et lundi ont paru bien faibles par rapport à la surpuissance du nouveau maillot jaune.
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"Vingegaard ne lâchera pas l'affaire avant la rue Lepic"
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Ce n'est pas son terrain, oui, mais en montagne il y a bien longtemps que Tadej Pogacar n'a pas pris de leçon. La dernière avait été infligée par Jonas Vingegaard, mais je vois mal d'après les données disponible comment le double vainqueur du Tour de France pourrait rééditer cet exploit. Impuissance face à Tadej Pogacar, mais supériorité par rapport au reste de la meute. Jonas Vingegaard devra sûrement se contenter de la 2e place, et nous d'une course sans l'ombre d'un début de duel, et donc sans l'once d'un suspense. C'est ainsi.
Par Vincent Brégevin
Il y avait peu de doute. Tadej Pogacar est le meilleur coureur du monde, Jonas Vingegaard le meilleur des autres. Le Danois a affiché son ambition de remporter un troisième Tour de France cette année. Un espoir de fou ? C’est bien possible. Mais pour moi, ce n’est pas sur ces trois premières étapes qu’on peut vraiment constater son impuissance. Le chrono par équipes était plutôt favorable à la Visma, donc à Vingegaard, mais les deux dernières étapes étaient bien plus taillées pour le profil plus punchy du Slovène.
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Durand : "Vingegaard a pris un petit coup sur la tête"
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En effet, Vingegaard n’a pas su tenir la roue de son rival l’impression visuelle d’une domination de Pogacar sur ces deux dernières étapes est claire. Mais au classement général, les deux hommes sont dans le même temps au classement. Difficile d’être catégorique sur la notion d’impuissance dans ces conditions. Pour moi, il faut attendre la haute montagne, sur un terrain où le Danois aura un peu plus d’arguments pour résister, surtout dans des conditions de chaleur extrême. S’il craque à ce moment-là, il n’y aura plus rien à dire.
Pogacar va-t-il garder le maillot jaune jusqu'au bout ?
Par Vincent Brégevin
J’imaginais que Pogacar puisse prendre le maillot jaune dès le chrono par équipes. Et réussir l’exploit de le garder du premier au dernier jour de ce Tour de France. Il n’aura donc attendu que deux jours de plus. Je n’envisageais pas vraiment qu’il le prenne sur cette 3e étape, où je voyais plus une échappée s’imposer. Mais au fond, ça symbolise assez bien ce que je pense. Pogi ne laissera rien en chemin. Et maintenant qu’il a la tunique sur les épaules, il ne la lâchera plus.
Parce que j’ai juste l’impression que ça ne dépend que de lui. Le Slovène aurait pu décider de laisser un peu le poids de la course aux autres et économiser son équipe, notamment en vue de la troisième semaine. Ce n’est manifestement pas le cas. Je ne le vois pas changer de stratégie mardi sur la route de Foix et garder ainsi son maillot. Je le vois surtout augmenter son avance au classement général jeudi avec l’arrivée à Gavarnie-Gèdre. Et en conserver la tête jusqu’à Paris.
Par Jean-Baptiste Duluc
Dans l'esprit, oui, clairement. Il est très improbable de voir Tadej Pogacar perdre du temps sur la concurrence d'ici Paris et, à part sur la route de Foix, aucun échappé ne pourra prétendre au maillot jaune. Sauf que je pense que Lidl-Trek contrôlera mardi pour favoriser un sprint de Mads Pedersen. Reste qu'en étant à égalité au classement général avec Jonas Vingegaard, il sera extrêmement facile au Slovène de se "débarrasser" du maillot jaune et de ses obligations, que ce soit à Foix ou à Pau.
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Pogacar va-t-il conserver le Maillot Jaune jusqu'au bout ?
Video credit: Eurosport
Actuellement, les deux hommes sont départagés au cumul des places (3 pour Pogacar et 6 pour Vingegaard) et il suffirait donc que l'actuel maillot jaune termine deux places ou plus derrière son rival danois pour lui rendre la tunique de leader, sans même lui concéder de temps. Une technique que le Slovène avait déjà avait employé en 2024, sur une étape de plat, à Turin, pour offrir le maillot jaune à Richard Carapaz pour une journée, à la place. Le voir réitérer pareille méthode à Pau ou Foix ne me surprendrait pas, sorte de prêt pour se soulager des obligations, avant de s'en emparer définitivement vers Gavarnie.
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