Les débats du Tour : Evenepoel peut-il être un poil à gratter pour Pogacar ? A-t-on déjà le podium final ? Quelle est la plus belle surprise ?
Mis à jour 20/07/2026 à 11:01 GMT+2
Vainqueur surprise au Plateau de Solaison, Remco Evenepoel a profité de l'abandon de Jonas Vingegaard pour s'emparer de la 2e place du classement général du Tour de France 2026. Mais peut-il être un poil à gratter pour Tadej Pogacar lors de la troisième semaine ? A-t-on déjà le podium final ? Quelle est la plus belle surprise de cette 113e édition ? Voici nos débats du Tour.
Vingegaard à terre, Evenepoel au sommet, Seixas au courage : le résumé en vidéo
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Evenepoel peut-il être un poil à gratter pour Pogacar ?
Par Laurent Vergne
S'il s'agit de se demander si Remco Evenepoel peut déboulonner Tadej Pogacar et le priver de son cinquième sacre à Paris pour offrir à la Belgique son premier succès depuis 50 ans, la réponse est évidemment non. Le sort peut toujours s'en mêler. Mais pas Remco. Le Slovène continuait sans doute de se méfier de Jonas Vingegaard, parce que le lien tissé entre ces deux-là au cours des cinq dernières années a été si fort que, même dans le contexte de cet été 2026, il demeurait sur ses gardes. Après tout, Vingegaard est le seul à l'avoir battu sur les routes du Tour.
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Evenepoel n'en est pas là, et il s'en faut de beaucoup. Parce qu'il est son dauphin, et parce qu'il lui reprendra peut-être (probablement ?) du temps dans le contre-la-montre mardi, le meilleur rouleur du monde incarne aujourd'hui de facto la principale menace pour Pogacar. Mais une ombre diffuse et lointaine plus que concrète et directe. Il peut certainement contrecarrer les plans collectifs des UAE, comme il l'a fait dimanche, et priver la formation émiratie du doublé sur les Champs. Mais il n'empêchera pas le maillot jaune de dormir. Il faut être contrôleur, pour cela.
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Pogacar a-t-il offert la victoire à Evenepoel ?
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Par Jean-Baptiste Duluc
Laurent soulève une évidence : Evenepoel ne renversera pas Pogacar. Même en étant le plus optimiste possible, même en partant du principe que le Belge a battu à la pédale le Slovène ce dimanche, c’est impossible de l’imaginer gagner ce Tour, sauf chute du maillot jaune. Jonas Vingegaard nous a bien rappelé cette possibilité. Je ne pense même pas que le Belge essaiera. Pour autant, Evenepoel a tout du poil à gratter pour Pogacar dans la dernière semaine.
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Evenepoel : "Un énorme palier pour moi de gagner une étape contre Tadej et Isaac"
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Déjà, en ce qui concerne les victoires d’étapes. Mardi sur le chrono, le Belge de la RedBull-Bora Hansgrohe devrait en toute vraisemblance dominer le Slovène, lui reprendre du temps et le priver d’un 5e succès. Si l’échappée ne va pas au bout à Orcières-Merlette, on pourrait assister à un nouveau duel au sommet et le punch du Belge est redoutable depuis une semaine. Mais, surtout, Evenepoel pourrait bien être un poil à gratter dans l’optique du doublé UAE au général. Pogacar adorerait voir Isaac Del Toro 2e à Paris et il fera tout pour cela dans les Alpes. Mais cela dépendra d’abord du niveau du Belge.
A-t-on déjà le podium final ?
Par Jean-Baptiste Duluc
C’est bien possible. Après tout, Tadej Pogacar, Remco Evenepoel et Isaac Del toro étaient les trois plus forts ce dimanche, dans cet ordre, et assez nettement, pour les premiers gros écarts de ce Tour de France. Et, en ce qui concerne le Slovène et le Belge, ils vont creuser encore l’écart sur la concurrence mardi sur le chrono. Pourtant, tout se jouera dans la 20e étape.
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Pogacar : "Je suis très triste, le Tour ne sera pas le même sans Jonas"
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Vu la difficulté de l’enchaînement de la Croix-de-Fer, le Galibier et Sarenne en comparaison de ce que les coureurs auront affronté jusqu’ici, les rapports de force établis jusqu’ici n’auront plus vraiment de sens. On affrontera les premiers très longs cols et la haute altitude depuis le Tourmalet et les incertitudes en la matière sont nombreuses pour Evenepoel, Seixas ou Ayuso. Mais, vu la forme affichée dimanche, je pense que Del Toro conservera sa 3e place derrière Pogacar et Evenepoel. A moins que le Belge cherche à battre le Slovène en prenant des risques, quitte à tout perdre. Mais je ne crois pas à cet état d’esprit.
Par Christophe Gaudot
Le podium de ce dimanche soir a au moins le mérite de refléter la vérité livrée par la première vraie arrivée au sommet de ce Tour de France 2026. Après l'abandon de Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel a surpris en collant aux basques des deux compères d'UAE Emirates-XRG, Tadej Pogacar et Isaac Del Toro. Il fut le deuxième homme sur la montée la plus dure de ce Tour de France, hors Tourmalet puisque l'arrivée de l'étape n'y était pas jugée, et avec le chrono dans le viseur, je pense qu'il a pris une sérieuse option sur la place de dauphin derrière l'intouchable Pogacar.
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"Seixas avait un potentiel 'parasite', avec Lipowitz dans la roue, il s'est battu comme un lion"
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Reste l'épineuse question de la troisième place. Tous ont des arguments, mais j'ose croire que Paul Seixas viendra compléter le tiercé gagnant. Je ne suis pas très inquiet après la petite minute qu'il a lâchée ce dimanche sur la 15e étape. C'est la première fois qu'il montre un tout petit signe de faiblesse et dès mardi, il repassera, je pense, devant Isaac Del Toro, son vrai adversaire pour cette 3e place. Depuis son arrivée chez les pros, Seixas ne fait que progresser, c'est une éponge qui apprend à la vitesse de la lumière. Il en sera de même sur le Tour et il sera suffisamment fort dans les Alpes pour monter sur le podium de son premier Tour de France.
Quelle est la plus belle surprise de ce Tour ?
Par Christophe Gaudot
Si vous lisez Eurosport.fr depuis un an et demi, et même un peu plus, vous pourriez m'accuser de faire une fixette sur lui, mais qu'importe. La plus belle surprise de ce Tour est, selon moi, Paul Seixas. Qui aurait pu imaginer il y a un an, quand son équipe avait écarté d'un revers de main une participation à la Grande Boucle, qu'il sera à la lutte pour le podium aux deux tiers de la course douze mois plus tard ? Au mieux, pas grand monde et plus probablement absolument personne.
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Seixas fait le bilan de ses deux semaines : "J'ai réussi à rester solide jusqu'à présent"
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Sans aller aussi loin, le coureur de Decathlon CMA CGM avait bien sûr livré quelques très belles certitudes ces six derniers mois, mais le Tour ne ressemble à rien d'autre. Même pas de près. Imaginer Paul Seixas au pied du podium à une semaine de l'arrivée à Paris était possible, mais tout ce qu'il a montré depuis qu'il est professionnel ne doit pas faire oublier que ce qu'il fait est exceptionnel. Mieux, c'est unique. Il est le plus jeune coureur du Tour depuis 1937, qu'importe où il finisse, sur le podium, dans le Top 5 ou même dans le Top 10, ce sera historique.
Par Laurent Vergne
Paul Seixas est un tel phénomène de précocité, et le voir déjà si haut et si fort à 19 ans phagocyte tellement l'attention, que l'on en oublierait presque que d'autres que le jeune Tricolore accomplissent des prodiges depuis le grand départ de Barcelone. Isaac Del Toro, pour moi, est ainsi la véritable sensation de ces deux premières semaines de Tour. Il semble presque expérimenté par rapport à Seixas, mais il n'a encore que 22 ans et, pour lui aussi, il s'agit de sa première participation. Il a certes le vécu du Giro, mais le Tour, c'est autre chose. Une autre dimension, un autre rythme. Un autre niveau, tout simplement.
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"Don't drop me" : Pogacar-Del Toro, biberonnage perturbé par Remco
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Le Mexicain est doué, on le savait, mais je ne l'attendais pas forcément sur le podium provisoire à une semaine de l'arrivée. Les malheurs dominicaux de Jonas Vingegaard l'ont certes propulsé sur la troisième marche, mais cela fait malheureusement aussi partie des aléas de la course. Il n'en reste pas moins que Del Toro réussit un Tour quasiment parfait jusqu'ici : il a gagné une étape, il porte le maillot blanc et il est troisième du classement général. Une réussite totale, d'autant plus qu'il est avant tout là pour épauler son leader, Tadej Pogacar. Il surpasse les attentes et les espérances. Mais il faudra tenir.
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