Les débats du Tour : Faut-il s'inquiéter pour Vingegaard ? Aura t-on le même podium à Paris ? À quel Français s’adresse le mieux la 3e étape ?
Mis à jour 06/07/2026 à 10:33 GMT+2
S'il a gardé le maillot jaune, Jonas Vingegaard a montré de premiers signes de faiblesse dans la montée finale de la 2e étape. Faut-il s'inquiéter pour le Danois de la Visma - Lease a Bike ? Aura-t-on le même podium à Paris qu'après deux étapes à Barcelone ? À quel Français s’adresse le mieux la 3e étape ? Voici nos débats du Tour.
Del Toro, de la crevaison à la parade finale avec Pogacar : le résumé de la 2e étape
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Faut-il s'inquiéter pour Vingegaard ?
Par Laurent Vergne
Cela m'aurait inquiété si cela m'avait surpris. Mais sur ce terrain, le Danois n'était pas à son avantage face à Tadej Pogacar. "Je suis satisfait d'être resté à son contact", a d'ailleurs avancé Jonas Vingegaard. Pour être honnête, je pensais que Pogacar chercherait à mettre une première gifle à son rival, dès Montjuic ce dimanche. Il ne l'a pas fait, mais cela tient davantage aux circonstances, et à sa décision de "laisser" la victoire ce jour à son lieutenant, Isaac Del Toro.
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Si le Mexicain n'avait pas été en mesure de l'emporter, il est probable que le leader de UAE Emirates aurait chercher à gagner par lui-même et, par la même occasion, de sortir Vingegaard de sa roue. Sur ce que nous avons vu de cette première passe d'armes, chacun parait déjà à sa place et la hiérarchie du rapport de forces entre les deux hommes est sans doute l'inverse de celle que nous offre pour l'heure le classement général. Pogacar a fait la plus forte impression. Cela ne m'inquiète pas pour Vingegaard, mais cela confirme qu'il est sans doute un ton en-dessous.
Par Jean-Baptiste Duluc
Voir Jonas Vingegaard à ce point en difficulté vers le stade olympique de Montjuic, ce dimanche, n’est pas rassurant. Clairement. Il n’avait déjà pas été aérien la veille dans le chrono par équipes, finissant moins fort que son grand rival (1’15’’ contre 1’07’’) mais aussi que Filippo Ganna (1’12’’). Et dimanche, l’impression visuelle aura été encore pire. Le Danois était parfaitement calé dans la roue de Del Toro et il n’a même pas pu suivre l’allure du Mexicain, craquant de sa roue avant même que Pogacar ne démarre.
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Vingegaard : "Pas une journée simple, je suis donc heureux de garder le maillot jaune"
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L’impact sur le classement est négligeable, oui. Mais il le doit bien plus à la générosité du Slovène envers Del Toro qu’à son propre niveau. Le voir se faire déposer par Evenepoel dans les 50 derniers mètres alors que Pogacar faisait de la patinette devant en dit long sur la différence entre les deux. Et Vingegaard a beau se cacher derrière un terrain "pas à sa convenance", il n’avait pas lâché le moindre mètre au Slovène l’an passé en première semaine. Là, il l’a fait alors que "Pogi" n’a même pas encore bougé. Et ça, c’est inquiétant.
Le podium du général à Barcelone annonce-t-il celui de Paris ?
Par Laurent Vergne
Il y a deux ans, à la sortie du premier week-end à Bologne, Tadej Pogacar devançait Remeco Evenepoel et Jonas Vingegaard au classement général. Trois semaines plus tard, on retrouvait les trois mêmes hommes sur le podium final à Nice, dans un ordre légèrement différent (Pogacar – Vingegaard – Evenepoel). Aurons-nous droit à un bis repetita cette année, puisque les trois hommes occupent déjà les trois premières positions du classement après cette 2e étape à Barcelone ?
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"Pogacar vient d’acheter Del Toro pour 10 ans"
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Pour le Slovène et le Danois, j'ai du mal à imaginer autre chose, sauf chute ou maladie. Ils trustent ensemble les deux premières places du Tour depuis cinq années, une longévité inédite dans l'histoire plus que séculaire de l'épreuve pour un duo, et je croirai que quelqu'un peut s'intercaler entre eux quand je le verrai. Et dans le pire des cas, difficile d'imaginer qu'à la pédale, ils puissent manquer le podium. Pour Evenepoel, c'est beaucoup, beaucoup moins évident. Pas impossible, à coup sûr, mais le Belge ne présente sans doute pas toutes les garanties. Il aura une sacrée concurrence, de Lipowitz à Ayuso, et Seixas à Del Toro. Surtout, Del Toro.
Par Vincent Brégevin
Je n’ai jamais eu de doute sur l’identité des deux premiers du classement général à Paris. Les mêmes que ces cinq dernières années, mais pas dans l’ordre actuel. Comme la grande majorité, à mon avis, je pense que Tadej Pogacar terminera en tête et que Jonas Vingegaard sera son dauphin. La véritable incertitude concerne celui qui complétera le podium. Clairement, Remco Evenepoel est un prétendant et c’est en effet assez symbolique de le retrouver à la troisième place, deux ans plus tard.
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Del Toro : "Faire ça, dans la meilleure équipe du monde, je n'en reviens pas"
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Mais si les deux premiers sont toujours les mêmes depuis cinq ans, la troisième place a toujours été occupée par un coureur différent sur cette période. Et j’imagine que l’édition 2026 confirmera cette tendance. Isaac Del Toro a tous les arguments. Mais je reste convaincu que Paul Seixas sera cet homme. Entre le chrono par équipes, qui n’est pas la spécialité de son équipe, et les multiples contrariétés qu’il a connues dans le final la 2e étape, voir qu’il n’a que 27 secondes de retard sur Evenepoel renforce ma conviction.
À quel Français s’adresse le mieux la 3e étape ?
Par Jean-Baptiste Duluc
Difficile de trouver le profil idoine pour un vainqueur potentiel. Il faut avoir perdu du temps, savoir grimper, mais aussi aller vite au sprint et savoir courir juste. Pour toutes ces raisons, trois coureurs me paraissent avoir le profil : Romain Grégoire, Kevin Vauquelin et Valentin Paret-Peintre. Le puncheur de la Groupama-FDJ me parait trop proche au général, quand bien même il ne représente pas un réel danger pour les principaux favoris.
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Les baroudeurs à l'assaut des Pyrénées : la carte 3D de l'étape 3
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Le coureur de la Netcompany INEOS, lui, est trop malchanceux depuis le départ et la question est moins de savoir s’il peut gagner que s’il peut réussir une étape sans devoir changer de vélo. Valentin Paret-Peintre, lui, ne s’est pas battu à Montjuic (+ 12’08’’) et a toute latitude pour partir en échappée. Excellent grimpeur, le grimpeur de la Soudal-Quick Step est aussi un bon puncheur, ce qui lui servira aux Angles. Et ses trois succès professionnels ont tous été acquis après une excellente gestion du final. C’est pour ça que mise sur lui.
Par Vincent Brégevin
Pour moi, c’est Kévin Vauquelin. Même si, en effet, c’est à se demander ce qu’il va encore lui arriver tant il a été poissard sur les deux premières étapes. Mais au fond, cela lui donne une chance car il est désormais distancé au classement général, à plus de 8 minutes de Vingegaard. Il peut plus facilement obtenir un bon de sortie pour se glisser dans l’échappée du jour avec la bénédiction du peloton. Et l’ascension finale vers les Angles est taillée pour lui.
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Elle l’est aussi pour Romain Grégoire et Lenny Martinez. Mais eux sont dans le Top 10 au classement général. Je pense que c’est rédhibitoire pour viser une victoire d’étape. Il faut être moins menaçant pour le maillot jaune. Comme Vauquelin, même s’il a fini 7e du classement général l’an dernier. Et si cela incite le peloton à le surveiller, alors je miserais bien sur Clément Braz Afonso, souvent inspiré pour prendre les bons coups depuis le début d’année.
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