Les débats du Tour : Pogacar ou Merlier, qui finira avec le plus de victoires ? Aura-t-on un succès français ?
Mis à jour 17/07/2026 à 10:40 GMT+2
Vainqueur au sprint à Chalon-sur-Saône, Tim Merlier (Soudal-Quick Step) a égalisé à trois victoires partout avec Tadej Pogacar (UAE Emirates-XRG). À neuf étapes de la fin du Tour, lequel des deux hommes comptera le plus de succès au terme de cette 113e édition ? Aura-t-on une victoire française sur ce Tour ? Les favoris bougeront-ils vendredi dans le Ballon d’Alsace ? Voici nos débats du Tour.
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Pogacar ou Merlier, qui finira avec le plus de victoires ?
Par Jean-Baptiste Duluc
Ils sont actuellement à trois victoires partout : Les Angles, Gavarnie-Gèdre et Le Lioran pour Tadej Pogacar, Bordeaux, Bergerac et donc Chalon-sur-Saône pour Tim Merlier. Le problème, c’est que je ne vois pas où le Belge pourrait en ajouter une quatrième, entre une étape de Voiron trop dure pour lui et celle des Champs-Elysées pas forcément taillée pour sprinteurs. Et est-il envisageable d’imaginer le Slovène ne plus lever les bras sur ce Tour ? Pas vraiment.
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Oui, l’an passé, le maillot jaune s’était contenté de contrôler après son énorme domination à Hautacam et Peyragudes, et vu son avance, il pourrait s’en contenter une nouvelle fois, sans doute. Mais ça n’arrivera pas. Il y a trop d’étapes où Pogacar voudra imposer sa marque, et notamment l’Alpe d’Huez, arrivée mythique où le Slovène voudra peut-être même battre le record d’ascension de Pantani. Sans compter les Champs-Elysées, qui comptent à ses yeux, le chrono ou même Le Markenstein. Le voir n’en gagner aucune me parait impossible. À moins qu’il n’abandonne d’ici ça, ce que l’on ne souhaite évidemment pas.
Par Laurent Vergne
Trois partout, balle au centre ? Peut-être, mais ce duel-là, qui n'en est évidemment pas un, est totalement déséquilibré. Malheureusement pour lui, Tim Merlier a mangé son pain blanc en termes de parcours, quand Tadej Pogacar entre juste dans la meilleure partie de son Tour. C'est dire... Il est difficile d'imaginer que Merlier puisse aller beaucoup plus loin que ses trois victoires.
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Pogacar : "L'étape de vendredi va être bizarre"
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Il reste certes neuf étapes, mais en dehors, éventuellement, de celle de Voiron mercredi prochain (et encore, le parcours se prête assez mal à un sprint massif et sans doute plus à une échappée au long cours) et du dénouement à Paris (là aussi, le nouveau tracé avec le passage par Montmartre complique la vie des sprinters...), il ne sera pas à la fête. Pogacar, lui, va voir les opportunités se multiplier. Bien sûr, il pourrait tout à fait envisager de contrôler, comme le souligne Jean-Baptiste, un peu comme il l'avait fait l'année passée, mais il semble dans des dispositions plus gloutonnières dans cette édition 2026…
Aura-t-on une victoire française sur ce Tour ?
Par Laurent Vergne
Cette histoire est une affaire de talent, mais aussi (surtout ?) de circonstances et d'opportunités. Or, le contexte se prête assez mal à une victoire d'étape française cette année. Paul Seixas et Lenny Martinez sont tous les deux dans la course au podium alors que nous avons passé la mi-course, mais c'est précisément leur plus gros handicap dans la perspective d'un possible succès d'étape. Tant qu'ils seront dans le coup au classement général, ils ne bénéficieront d'aucune marge de manœuvre. Cela n'interdit certes pas d'espérer les voir tirer leur épingle du jeu à la pédale dans une étape de haute montagne, mais cela limite leurs chances.
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"Il est à l’origine mais il est non fautif" : comment Gaviria a provoqué la chute dans le final
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Oui, il y a bien un profil comme Kevin Vauquelin qui, lui, n'est justement plus dans cette course-là, contrairement à l'an dernier, mais les places sont tellement chères dans les échappées. Bref, impossible n'est pas Français, et il suffira d'une fois, mais peut-être faut-il tout de même se préparer à vivre le premier Tour sans victoire tricolore depuis 1999. Paradoxalement, ce pourrait être le signe d'une autre forme d'ambition retrouvée, à l'image d'un Seixas, voire d'un Martinez.
Par Jean-Baptiste Duluc
Contrairement à Laurent, je reste positif sur les chances tricolores d’éviter le zéro pointé. Le bilan n’est pas fameux jusqu’ici, c’est une évidence. Et si l’on est bien content que Paul Seixas et Lenny Martinez soient en course pour le podium, comme le dit Laurent, cela nous prive malgré tout de deux belles cartes en montagne. Pourtant, je veux y croire.
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Kevin Vauquelin (Netcompany INEOS) en échappée sur la 4e étape du Tour de France 2026
Crédit: Getty Images
L’étape de Belfort, vendredi, est taillée pour une échappée, et sa difficulté est parfaitement adaptée : suffisamment dure pour éliminer les sprinteurs, mais suffisamment facile pour que les meilleurs grimpeurs n’y distancent pas des coureurs comme Jordan Jegat, Clément Braz-Alfonso, Romain Grégoire, mais surtout Kevin Vauquelin. Le 7e du Tour 2025 pourrait sortir sur le plat plus facilement que les purs grimpeurs, peut-être avec des rouleurs comme Ganna, Tarling ou Kwiatkowski, et a une bonne pointe de vitesse en cas d’arrivée en petit comité. Sinon, il faudra prier pour un exploit XXL de Paul Seixas sur le contre-la-montre…
Les favoris bougeront-ils dans le Ballon d’Alsace ?
Par Laurent Vergne
Comme souvent, le monsieur qui déteint une bonne partie de cette réponse se nomme Tadej Pogacar. Ce que Pogi veut, Pogi l'obtient. S'il décide de visser dans le Ballon d'Alsace et de partir, il le fera. Alors, il y aura du grabuge. Mais si le maillot jaune a envie de rester au chaud pour une raison ou une autre et qu'il attend ce week-end et les deux arrivées au sommet pour se dégourdir les jambes et dynamiter une fois de plus la concurrence, il ne se passera pas grand-chose dans le Ballon.
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Le Ballon d'Alsace pour tremplin : le profil de la 13e étape
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Tout dépendra donc sûrement de la configuration de la course. Si une échappée est loin devant, Pogacar aura plus de chances de rester sage. S'il bouge, c'est pour gagner. Si l'étape est promise aux fuyards, à quoi bon ? Quant aux autres favoris, j'y crois moins. Ils se tiennent tous dans un mouchoir et c'est sans doute sur d'autres terrains qu'ils voudront s'expliquer. Le Tour est, aussi, un jeu de patience. Mais avoir placé le Ballon en fin d'étape est une invitation à bouger de la part des organisateurs, soulignons-le. Même si je ne suis pas certain que cela suffise.
Par Jean-Baptiste Duluc
Si l’étape était à la veille d’une journée de repos ou de sprint, j’y croirais bien plus. Une montée de 8,9km à 6,9% avec un sommet placé à 30km de l’arrivée et seulement 15km de faux-plat pour finir, c’est normalement tentant. Surtout dans un cyclisme moderne où l’on explose de plus en plus la moindre opportunité. Pour autant, avec cette étape placée à la veille du Markstein et à deux jours de l’arrivée à Solaison, j’ai peur que ça ne fasse pschitt.
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Sans Vingegaard selon Jacky : nos pronos pour le podium
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Laurent a raison, l’étape dépend en grande partie de Tadej Poagacar, le seul à pouvoir se débarrasser de ses rivaux et à finir en solitaire. Mais derrière ? Vingegaard est résigné, Seixas et Ayuso sont pour l’instant très prudents, et Evenepoel semble trop "faible" en montagne, pour être celui qui passe à l’attaque. J’imagine plutôt une échappée avec beaucoup de coureurs du top 20 et même du top 15, voire Pidcock, 10e du général, prendre une belle avance et bouleverser le général. Mais les favoris, eux, resteront au chaud et monteront au train.
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