Tour de France 2026 - 10e étape | Le Tour du jour : Un petit pas pour le maillot jaune, un grand pour Tadej Pogacar

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La première lame, à Gavarnie-Gèdre, fut tranchante et elle avait sérieusement tailladé le général. La seconde, ce mardi au Lioran, fut plus douce, si tant est que l'on puisse accoler ce qualificatif aux attaques de Tadej Pogacar. Au bout de l'aventure du jour, le maillot jaune a bien sûr repris du temps à ses rivaux mais cette fois, la victoire vaut sans doute plus pour lui, très égoïstement.

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Le fait du jour : Pogacar lave l'affront

Il y a deux ans, le Lioran fut le théâtre de la résurrection de Jonas Vingegaard. Au cœur d'une étape où il était revenu sur Tadej Pogacar, parti de loin comme à son habitude mais aussi plus largement, quelques semaines après sa chute terrible au Pays basque quand, disait-il, il s'était vu mourir. S'il n'y avait pas pensé lui-même, les journalistes ont aidé le Slovène à se souvenir de ce jour-là ce mardi matin. A voir la stratégie de son équipe dans le Massif Central, on jurerait que Pogacar n'avait besoin de personne pour se rappeler de cette journée.
Quand l'ogre slovène veut, il obtient. Vers Le Lioran, Pogacar voulait gagner alors il a fait rouler son équipe, presque qu'importe le scénario autour de lui. La lutte pour le sprint intermédiaire, la grosse échappée de 31, Richard Carapaz ? Ce ne sont que des obstacles qu'un géant renverse sans les sentir. Pour laver l'affront de 2024, il lui fallait lever les bras au Lioran. C'est chose faite.
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L'avance glanée ce mardi, 32 secondes sur Remco Evenepoel, 34 sur Paul Seixas et Florian Lipowitz, 38 sur Juan Ayuso et Mattias Skjelmose mais surtout 44 sur Jonas Vingegaard, n'est rien en comparaison de ce qu'il avait mis à la concurrence vers Gavarnie-Gèdre (2'38'' sur son dauphin). S'il avait voulu assommer une nouvelle fois le Tour de France, "Pogi" aurait pu attaquer dès le Puy Mary. Il a attendu les derniers hectomètres du Col de Pertus.
On pourra avancer que le leader d'UAE Emirates-XRG a appris sa leçon de 2024, qu'il n'a pas voulu prendre le risque d'en faire trop, trop tôt. Mais depuis quand, le Pogacar 2.0 craint les longs raids solitaires ? A nos yeux, Pogacar n'avait qu'un objectif ce mardi : gagner. Qu'il ait ajouté quelques dizaines de secondes à son avance, c'est probablement secondaire pour lui.
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Le grand perdant : Isaac Del Toro

S'il fallait être tout à fait honnête, on n'aurait pas misé grand-chose sur un Isaac Del Toro en difficulté dans le Massif Central ce mardi. Le Mexicain n'a pas fait sa part de travail habituelle pour Tadej Pogacar et il ne fallait pas y voir l'envie d'UAE Emirates-XRG de le faire grimper sur le podium. Non, le deuxième du Giro 2025 a connu sa première petite défaillance. Il était troisième avant cette 10e étape, le voilà 7e du général. Toujours dans le coup pour le podium évidemment mais la tendance n'est pas à son avantage.

L’image du jour : La fusée Pogacar

Nous avons compté. Quand Pogacar a accéléré dans le Col de Perthus, Richard Carapaz comptait 45 secondes d'avance. Deux minutes et 15 secondes plus tard, l'Equatorien voyait passer une fusée. L'attaque du maillot jaune fut d'une violence rare et d'ailleurs même Jonas Vingegaard qui faisait pourtant rouler Davide Piganzoli, n'a pas essayé de suivre.
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On a aimé

Les vertus de Seixas. Il part dans l’inconnu à partir de cette deuxième semaine du Tour de France. Et dans cette nouvelle aventure, le jeune Français de 19 ans pouvait difficilement prendre un meilleur départ. Troisième à l’arrivée au Lioran, désormais cinquième au classement général, il a affiché à la fois son talent mais aussi sa maturité dans une gestion de course proche de la perfection. Pourvu que ça dure !
Le jump de Tadej Pogacar en début d’étape. Tout seul comme un grand, avec une facilité toujours déconcertante pour boucher le trou, histoire de se mettre en jambes et de marquer sa présence. Si besoin en était…
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Les EF à l’offensive. Elle a été l’une des grandes animatrices de l’étape. L’équipe EF Education-Easy Post a été conquérante quasiment depuis Aurillac. Ben Healy a été l’un des plus actifs dans l’échappée avec Alex Baudin, qui a résisté autant que possible au retour du peloton, et Richard Carapaz a attaqué dans l’ascension puis la descente du Puy Mary. Pas de victoire au bout. Mais ce n’est vraiment pas faute d’avoir essayé. 

On n’a pas aimé

Le cadenas UAE. Les Emiratis n’ont jamais laissé plus de deux minutes d’avance aux échappés. Bon, c’est une habitude quand l’équipe de Tadej Pogacar a coché une étape. Mais c’est décourageant pour les fuyards. Et un brin frustrant pour les observateurs.
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Le problème mécanique de Kévin Vauquelin. Il avait déjà connu deux crevaisons dans ce Tour de France. Le Français était présent dans l’échappée, il y était même très actif. Il avait les jambes et les ambitions. Mais le coureur de Netcompany Ineos a été trahi par sa machine et toute son entreprise a été anéantie. Il est maudit. 

Le chiffre : 14 juillet

L'artificier est Slovène. Le 14 juillet est un jour éminemment particulier sur le Tour de France et ce mardi on a encore vu des Français tenter de se porter à l'avant, de Kévin Vauquelin à Alex Baudin en passant par Valentin Paret-Peintre ou le champion national, Romain Grégoire. Mais avec sa troisième victoire d'étape un 14 juillet, Tadej Pogacar est devenu le recordman de victoires le jour de la fête nationale française.

La décla : Tadej Pogacar

On avait coché cette étape depuis longtemps, on se souvenait de ce qui s'était passé il y a deux ans, quand Vingegaard m'avait battu au sprint. J'avais les mêmes jambes que la dernière fois, j'étais détruit dans le final, mais j'ai aimé la journée. Je ne savais pas jusqu'aux derniers kilomètres si j'allais gagner, mais je voulais honorer le maillot jaune en ce 14 juillet.

Juste pour savoir…

Elle est vraiment assurée la deuxième place de Jonas Vingegaard au général ?
Tadej Pogacar en est à 24 victoires sur le Tour. Il est à 11 unités du record de Mark Cavendish. Il reste 11 étapes, et si c'était cela le dernier challenge à sa hauteur ? On rigole (à peine).
Paul Seixas est à 13 secondes de la 4e place, 29 de la 3e et 59 de la 2e. Oui, ce qu’il fait est déjà énorme. Mais on se dit qu’il peut encore monter. Jusqu’où ?
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