Tour de France 2026 | 20e étape | "Leur amitié est formidable" : Tadej Pogacar - Isaac Del Toro, un lien si spécial

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Mission doublement accomplie chez UAE Emirates. Au terme de l'ultime étape de montagne, Tadej Pogacar a définitivement assuré sa 5e victoire sur le Tour de France et son lieutenant Isaac Del Toro va en prime l'accompagner sur le podium final. Le Slovène s'est comporté en équipier de luxe pour le Mexicain samedi, dans une subtile inversion des rôles. Entre eux, respect, complicité et amitié.

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Tadej Pogacar a décidément tous les luxes. Sa supériorité lui autorise tout. Il décide et il exécute. Samedi, il ne s'est occupé ni de Remco Evenepoel ni de la victoire d'étape. Il n'avait que deux idées en tête : verrouiller la troisième place sur le podium d'Isaac Del Toro et couper la ligne avec lui à l'Alpe d'Huez. Alors, dès le Galibier, il s'est mis dans la position du super-équipier, général en chef œuvrant pour son lieutenant. Puis, dans le final vers l'Alpe d'Huez, le maillot jaune a tracté le blanc jusqu'en haut. Eux et personne d'autre autour, savourant leur moment à la sauce Hinault – LeMond, 40 ans après. Et "Pogi" avait l'air plus heureux que s'il avait gagné lui-même.
Il n'y a pourtant aucun doute sur le fait que s'il avait voulu une sixième victoire, il l'aurait obtenue samedi. Malgré Richard Carapaz. Malgré Remco Evenepoel. Sauf qu'il s'est désintéressé de l'un et de l'autre. Ce fut tout pour Del Toro. Pour un peu, il se serait presque découvert une passion. "C'était un honneur de rouler pour Isaac aujourd'hui, pendant la dernière heure et demie de la course. Je l'ai fait avec plaisir et j'ai réalisé combien il est difficile de travailler pour quelqu'un d'autre", a confié à l'arrivée celui qui deviendra dimanche l'égal d'Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain avec cinq Tours de France à son palmarès.
Ce ne fut à ses yeux qu'un juste retour des choses. Presque la moindre de ces mêmes choses. "On parlera peut-être de la façon dont j'ai aidé Isaac à décrocher sa place sur le podium, mais c'est lui qui m'a d'abord permis de remporter le maillot jaune", a-t-il rappelé. Quand Evenepoel est sorti sur la fin, rien n'empêchait pourtant Pogacar de suivre le Belge, ne serait-ce que par principe. "Tu es mon dauphin, je te suis à la trace jusqu'au bout". D'autant que Paul Seixas était à la peine, ce qui garantissait le podium de Del Toro. Mais il tenait à cette image et à ce moment. Leur moment. "Franchir la ligne d'arrivée avec lui restera un souvenir inoubliable", a confirmé Pogacar.
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Il l'a presque traité comme son égal

"C'était une journée épique, car ce qu'a fait Tadej aujourd'hui, c'est tout simplement immense, juge Mauro Gianetti, leur manager commun chez UAE Emirates XRG. C'était une journée épique. Il s'est davantage concentré sur le fait d'aider Isaac à préserver sa troisième place pour monter sur le podium à Paris et à conserver le maillot blanc, plutôt que de viser lui-même une nouvelle victoire d'étape. L'amitié entre Tadej et Isaac est formidable."
Entre les deux duettistes de UAE Emirates, la complicité n'est effectivement pas feinte. Pogacar a eu des équipiers précieux ces dernières années, à commencer par Adam Yates, qui l'a lui aussi accompagné sur le podium final du Tour en 2023 (mais Vingegaard avait alors ramené le maillot jaune à Paris…), mais jamais il n'avait tissé un tel lien de proximité avec le Britannique. Il a clairement un respect, presque une affection pour Del Toro, ce qu'il n'a jamais masqué. "Le courant est très vite passé quand il a rejoint l'équipe, dit-il à propos de son cadet. Il y avait une bonne énergie entre nous, une bonne relation et de la bonne humeur. Ensuite, nous avons couru ensemble et il a toujours été là pour moi à 100 %."
De fait, il n'a jamais eu à se méfier de lui. Entre eux, aucune arrière-pensée pour polluer la relation sur et en dehors du vélo. Ils ne seraient donc pas Hinault et LeMond chez La Vie Claire, ou Wiggins et Froome chez Sky. Chacun est évidemment à sa place, sans ambiguïté. Mais si Pogacar n'a jamais eu l'intention de laisser son trône, il a tenu d'un bout à l'autre de ce Tour que Del Toro prenne sa part de gloire. Et il a pour lui de la considération.
"Il n'y a pas que Vingegaard. Ce n'est pas le seul qui peut s'approcher de moi, plusieurs coureurs peuvent viser la victoire dans ce Tour de France à commencer par ce gars à côté de moi", avait-t-il lancé lors de leur conférence de presse commune à deux jours du grand départ de Barcelone, avec le Mexicain à sa droite. Ce Tour, il l'a ainsi commencé il y a trois semaines à Montjuic en "offrant" la 2e étape à son jeune coéquipier et il l'a fini vingt jours plus tard en le tenant par les épaules à l'arrivée à l'Alpe d'Huez. Lui en jaune, l'autre en blanc, chacun ayant validé son objectif. Il l'a presque traité comme son égal.
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Si vous aviez pu voir à travers mes lunettes pendant l'étape, vous auriez vu à quel point j'étais ému
Ce respect dont a fait preuve son patron à son égard n'a pas manqué de toucher l'intéressé. Et cela n'a jamais été aussi vrai que ce samedi, quand il l'a vu se mettre "à son service". "Tadej s'est révélé être un grand ami, a salué le natif d'Ensenada. Je ne pourrais pas me sentir plus privilégié qu'aujourd'hui. Si vous aviez pu voir à travers mes lunettes pendant l'étape, vous auriez vu à quel point j'étais ému et sans voix. Oui, je suis sans voix. C'est une expérience absolument incroyable."
Pogacar a agi avec Del Toro presque comme un protecteur au cours de cette dernière semaine. D'autant que le meilleur jeune de ce Tour de France a souffert physiquement, comme il l'a avoué samedi soir : "Ce n'est un secret pour personne que j'ai eu des difficultés et qu'il y a eu une maladie dans l'équipe. J'ai essayé de cacher ma faiblesse et d'empêcher les autres de s'en apercevoir en disant que j'allais bien, mais ce n'était pas vrai. Ces trois derniers jours ont été très difficiles, d'une manière différente de d'habitude. C'est la première fois que j'abordais la troisième semaine du Tour de France, et ça n'a pas été facile."
Un jour, peut-être, viendra le temps de la rivalité entre eux. Qui sait ? Ce serait même peut-être le sens de leur histoire. Mais il en faudra quand même beaucoup pour les brouiller et plus encore pour tempérer le respect qui cimente ce duo.
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Insolent d'aisance, Pogacar offre la victoire à Del Toro : l'arrivée en vidéo

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