Tour de France 2026 | Altitude, récupération et chute : Comment Paul Seixas s'est préparé pour le défi de sa vie

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Deux mois, c'est, jour pour jour, ce qui séparait l'annonce de la participation de Paul Seixas au Tour de France du grand départ ce samedi à Barcelone. Deux mois durant lesquels le prodige a peaufiné une préparation inévitablement différente pour un coureur de 19 ans. Malgré une chute au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, Seixas est aussi prêt que possible pour un grand saut dans l'inconnu.

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Promis, juré, Paul Seixas ne savait pas, avant de gagner La Flèche Wallonne et de tenter de tenir tête à Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège qu'il allait effectivement prendre le départ du Tour de France. Chez Decathlon CMA CGM, il n'y a pas l'épaisseur d'un papier à cigarette dans les discours et l'idée de ne pas mettre le gamin sur un grand tour en 2026 a bien existé. Devant l'évidence, on s'est finalement rangé, courant avril, derrière une participation à la plus grande course du monde. Ce qui ne signifie pas que l'opération Grande Boucle a commencé à ce moment-là.
En faisant directement passer Paul Seixas directement des juniors au World Tour, Decathlon CMA CGM savait qu'elle avait là un défi à la mesure du talent du bonhomme, talent qui l'avait forcée, notamment face aux demandes de l'intéressé, à opter pour ce choix-là. Pour Paul Seixas, le saut dans l'inconnu se fait d'une falaise plus haute encore que s'il avait choisi le Giro ou la Vuelta pour démarrer. C'est pourquoi il a fallu minutieusement préparer l'événement pour à la fois lui offrir toutes les chances d'y briller mais aussi s'assurer qu'il ne compromette en rien la suite, tout en ayant en tête que simuler un grand tour à l'entraînement est évidemment impossible.

Impossible de simuler le Tour de France à l'entraînement

"Le Tour, c'est entre 85 et 90 heures de vélo, explique Aurélien Paret-Peintre, l'un des équipiers de Seixas chez Decathlon CMA CGM. En stage en mai, on a fait entre 75 et 78 heures donc on arrive à être proche en termes de volume mais en termes de charge de travail et de quantité d'efforts, c'est incomparable." C'est pourquoi la courbe qui doit mener au Tour de France fut progressive. Accompagné de sa garde rapprochée, Alexandre Pacot, son entraîneur depuis sa deuxième année cadets, et Jean-Baptiste Quiclet, le directeur de la performance, Seixas a patiemment travaillé, même si l'adverbe ne saurait plus mal coller au personnage.
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"Il y a une grosse évolution des charges de travail qui vont permettre à l'athlète de pouvoir encaisser les trois semaines d'un grand tour, explique Pacot. Dans l'équipe, nous n'avons pas l'habitude de pousser les curseurs aussi tôt mais c'est vrai qu'on est un peu obligé". Avec en tête le projet éventuel d'un grand tour pour la deuxième saison, le clan Seixas a doucement fait monter la pression et l'a préservé durant la première pour maîtriser sa progression. 
Si on fait trop de compétition, on peut potentiellement freiner le développement 
"Les compétitions c'est bien mais si on en fait trop, on peut potentiellement freiner le développement de certaines qualités, poursuit Pacot. Il faut avoir des phases de travail de trois semaines à un mois pour avoir un développement optimal. C'est d'ailleurs ce qu'on voit chez les grands leaders". Avec 37 jours de course en 2025, le Lyonnais a pris le temps de grandir et en récolte probablement les fruits en 2026, année durant laquelle ses longues semaines sans course avaient, entre autres, pour but le Tour de France.
En mars déjà, c'est lors d'un mini stage d'entraînement à la maison (à Nice) que Seixas a lancé une partie de l'opération Tour. Au cœur de son plan, la récupération, mot qu'il a souvent eu à la bouche depuis qu'il a annoncé sa participation à la grande messe de juillet. Au-delà du "bien manger, bien dormir" cher, à raison, à Kylian Mbappé, Seixas a connu des fins de stage à haute intensité, le tout pour simuler les effets de la fatigue sur son corps. De ce côté-là, on ne s'en fait absolument pas chez Decathlon CMA CGM. 

Une chute qui aurait pu plus mal tomber 

La suite, ce fut 19 jours de stage en Sierra Nevada avec un crochet par le Tourmalet et le final de la 6e étape du Tour en compagnie de Matthew Riccitiello et Nicolas Prodhomme. Dans des conditions parfaites et sous un soleil qui tapait déjà, Seixas a pu notamment tester sa résistance à la chaleur. Entre travail en groupe en bas et exercices en solitaire dans les nombreuses ascensions, le gamin s'est fait mal aux jambes. Malheureusement, il n'a pu tout à fait en mesurer les effets à court terme avec cette chute à la veille de l'arrivée du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. A écouter ceux qui l'ont côtoyé ces six derniers mois, elle fut le seul accroc dans une préparation idéale. 
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Au bout de lui-même : les images d'un Seixas exténué à l'arrivée

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Sur la route du Grand Colombier, alors qu'il pensait se tester face à Isaac Del Toro et Juan Ayuso, Paul Seixas a surtout pu mesurer le dévouement de ses coéquipiers d'un côté, sa force mentale de l'autre. Le voir au bord du malaise à l'arrivée avait de quoi impressionner, son abandon le lendemain de quoi inquiéter. Dans son équipe, on était pourtant déjà rassurant quant à l'horizon Tour de France et le discours n'a pas changé. 
"Chaque chute a des conséquences, concède Alexandre Pacot. Malgré tout, elle ne nous a fait perdre que la dernière étape, par sécurité. Après la course, il était de toute façon prévu une période de récupération sans vélo pour une régénération physique mais aussi mentale avec du temps passé en famille. Il a fallu néanmoins faire des soins pendant quelques jours et on a dû adapter quelques contenus". 
Depuis, Paul Seixas a repris le vélo avec un plan pas vraiment light tout en prenant soin de ne pas accumuler de fatigue. Ce mardi, il a voyagé vers Barcelone où il aura le temps de reconnaître le parcours des deux premières étapes. Sur le chrono par équipes, il devra compter sur une équipe forte pour limiter la casse, sur la deuxième en revanche, il n'aura pour armes que ses jambes de feu pour tenter, une nouvelle fois, de s'accrocher à Tadej Pogacar. Ce serait alors un premier indice d'une préparation réussie mais sur le Tour, chaque journée au-delà de la première semaine sera un nouveau saut dans l'inconnu.
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