Tour de France 2026 Déjà la montagne, mais le flacon sans l'ivresse
Par Laurent Vergne
Mis à jour 06/07/2026 à 09:57 GMT+2
La troisième étape du Tour de France, lundi entre Granollers et Les Angles, marque à la fois l'arrivée du peloton sur le territoire français, mais aussi dans les Pyrénées. Départ de Barcelone oblige, leur traversée arrive donc très vite. Mais ce troisième acte n'a de la montagne que le nom. Pour cela, il faudra attendre jeudi. Mais le massif pyrénéen ne devait surtout pas assommer le Tour.
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Pour un organisateur du Tour de France, il n'y a pas grand-chose de plus complexe qu'un Grand Départ dans le nord de l'Espagne pour dessiner un parcours. Après Saint-Sébastien en 1992 et Bilbao en 2023, la Grande Boucle a dû se creuser les méninges pour savoir quoi faire d'un de ses deux plus grands massifs, les Pyrénées, situées à proximité directe. Foncer droit dessus et positionner de vraies grandes étapes de montagne d'emblée ? Choisir de les escamoter purement et simplement ? Ou opter pour une sorte d'entre-deux un peu bâtard. Peut-être n'y a-t-il pas de vraie bonne solution.
En 1992, les Pyrénées n'avaient pour ainsi dire quasiment pas existé. Dès la première étape, le dimanche (le Tour avait débuté par un prologue le samedi), le Jaizkibel avait été au menu, mais assez loin de l'arrivée, tout comme Marie-Blanque le lendemain. Soit, au total, un 2e et un 1re catégorie. Et c'est tout. Ce Tour avait ensuite été effroyablement long avant de rejoindre les Alpes quasiment deux semaines plus tard, pour vivre une dernière semaine interminable. Sans doute un des Tours les plus mal dessinés.
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La montagne avec un mais…
Il y a trois ans, à Bilbao, sans doute la leçon avait-elle été retenue par Christian Prudhomme, qui connait son petit Tour illustré sur le bout des doigts. Le patron du Tour et ses équipes avaient alors choisi de faire durer le plaisir, de Bilbao à Dax en passant par Saint-Sébastien et Bayonne. Cette fois, le peloton avait eu droit à deux vraies grandes étapes de montagne, certes de façon précoce (le mercredi et le jeudi de la première semaine), mais pas dès la sortie du week-end inaugural. Avantage : les Pyrénées n'avaient pas été jetées à la poubelle. Inconvénient : dès le soir de la 6e étape, ce Tour s'était retrouvé figé. Jonas Vingegaard avait pris le maillot jaune et il le conserverait jusqu'à Paris.
À partir du moment où Barcelone a été annoncé comme le Grand Départ pour 2026, la question allait donc inévitablement se poser à nouveau : que faire des Pyrénées ? Lorsque le parcours a été dévoilé l'automne dernier, Christian Prudhomme a apporté la réponse. Ni vraiment 1992, mais pas franchement 2023. Officiellement, il y aura deux étapes de montagne cette semaine dans les Pyrénées : la 3e, dès lundi, puis la 6e, jeudi. Avec, pour relier l'une à l'autre, une journée accidentée et une autre a priori réservée aux sprinters.
À la sortie du week-end catalan, voilà donc, déjà, la montagne ? Oui… et non. Oui, puisqu'il y aura lundi, une ascension répertoriée en première catégorie. Le col de Toses, emprunté pour la première fois depuis les années 60, n'est pas simple avec sa pente de plus de 9 kilomètres à 6,5% de moyenne, mais son sommet est situé à plus de 70 kilomètres de l'arrivée. Le final doit se dérouler essentiellement sur des plateaux d'altitude avec deux cols de troisième catégorie, mais pas d'ascension très difficile.
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Ne pas tuer le suspense
Cette étape a été conçue pour les baroudeurs, pas pour les grimpeurs. Et a priori davantage pour des échappés que pour générer une réelle bataille entre les prétendants au classement général. "C'est une étape pour les baroudeurs. Et aussi une occasion pour un gros leader de se libérer de la contrainte du maillot jaune", prédit même Thierry Gouvenou. "En dépit des 3 850 m de dénivelé positif sur l’étape et de l’escalade du col de Toses avant de quitter l’Espagne, la visite des plateaux qui entourent Font-Romeu et la montée aux Angles seront plus probablement un tremplin pour un invité surprise", estimait de son côté Prudhomme en octobre dernier.
Cette première étape dite de montagne en a donc le flacon, mais n'en portera probablement pas l'ivresse. La véritable étape pyrénéenne sera pour jeudi. Avec l'enchaînement Aspin (1re catégorie) – Tourmalet (hors catégorie), nous y serons. Même si le sommet du géant du massif est positionné à près de 40 kilomètres de l'arrivée et que l'ascension finale dans le cadre du célèbre de majestueux Cirque de Gavarnie s'apparente plus à un long faux plat montant qu'autre chose.
"L'étape la plus sélective du séjour pyrénéen associe le classique et l’inédit, résume Christian Prudhomme. Une explication entre les grands favoris du Tour est bien envisageable dans l’ascension du col d’Aspin puis au col du Tourmalet. À condition qu’ils choisissent de lancer les grandes manœuvres avant les quarante derniers kilomètres de l’étape. Dans le cas contraire, la décision se fera entre les meilleurs grimpeurs d’une échappée." Tout résonne comme si le passage dans les Pyrénées était indispensable, mais que tout a été fait pour que leur traversée ne soit surtout pas de nature à amocher le suspense de ce Tour encore naissant.
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T. PogacarTerminé
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